Les membres du Hezbollah interdits d’entrée en Estonie
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Les membres du Hezbollah interdits d’entrée en Estonie

Le pays, qui sanctionnera le groupe terroriste, évoque la "menace considérable" faite à la sécurité mondiale ; Gabi Ashkenazi salue "un message clair contre le terrorisme"

Des partisans du dirigeant du groupe terroriste du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, scandent des slogans avant son discours télévisé dans une banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 5 janvier 2020. (Crédit : Maya Alleruzzo / AP)
Des partisans du dirigeant du groupe terroriste du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, scandent des slogans avant son discours télévisé dans une banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 5 janvier 2020. (Crédit : Maya Alleruzzo / AP)

L’Estonie a indiqué jeudi qu’elle sanctionnerait le Hezbollah et empêcherait les responsables de l’organisation terroriste, ou les individus qui y sont affiliés, d’entrer sur son territoire.

Le ministre des Affaires étrangères du pays, Urmas Reinsalu, a indiqué que le Hezbollah posait « une menace considérable à la sécurité internationale – et donc à l’Estonie ». Il n’a néanmoins pas semblé laisser entendre que l’Estonie placerait officiellement le groupe terroriste sur sa liste noire.

« Par cette initiative, l’Estonie se place aux côtés des Etats-Unis, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de l’Allemagne, de la Lituanie et des autres pays qui ont conclu que le Hezbollah avait recours au terrorisme et qu’il constituait une menace pour la sécurité de nombreux Etats », a noté Reinsalu dans une déclaration.

Le ministère a établi que l’entrée au sein de cette nation d’Europe de l’Est sera interdite « aux affiliés du Hezbollah dont nous avons été informés qu’il y a des raisons de croire que leur activité soutient le terrorisme et menace ainsi les Estoniens, ainsi que la sécurité internationale ».

Un communiqué distinct a précisé que l’interdiction concernait les membres de l’aile militaire et de l’aile politique du Hezbollah s’ils étaient impliqués dans des activités terroristes.

Il est difficile de dire pour le moment quelles seront les sanctions mises en œuvre au-delà de l’interdiction d’entrée sur le territoire.

Le ministre des Affaires étrangères israélien Gabi Ashkenazi a salué cette décision qu’il a qualifiée de « message clair contre le terrorisme et contre les activités du Hezbollah qui menacent la paix globale et déstabilisent la région ».

Il a vivement recommandé à d’autres nations de suivre l’exemple de l’Estonie.

Plusieurs groupes européens ont récemment pris des initiatives contre le Hezbollah après des années de pressions exercées par Israël fondées sur l’implication du groupe terroriste lors d’une explosion meurtrière survenue dans un bus, en Bulgarie, qui avait tué cinq touristes israéliens et un Bulgare.

L’Allemagne avait rendu illégales au mois d’avril les activités de l’organisation libanaise soutenue par l’Iran. Renversement spectaculaire de la politique qui prévalait jusqu’alors à Berlin, sur la base du positionnement adopté par l’Union européenne, cette interdiction ne fait pas la différence entre les ailes politique et militaire du groupe.

Le ministre estonien des Affaires étrangères Urmas Reinsalu à Washington, le 8 octobre 2019. (Crédit : AP Photo/Jose Luis Magana)

Les activités du Hezbollah « violent la loi pénale et l’organisation s’oppose au concept d’accord international », avait alors déclaré le ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer.

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et plusieurs Etats arabes ont également déclaré organisation terroriste le groupe tout entier.

Jérusalem considère le groupe terroriste comme bras armé de l’Iran et comme la plus grande menace pesant le long de ses frontières. Le Hezbollah serait en possession de milliers de roquettes et missiles prêts à être utilisé contre l’Etat juif, dans une future guerre.

Les deux parties se sont opposées dans un conflit sanglant d’un mois en 2006.

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