Les négociations sur le gaz naturel « battent de l’aile »
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Les négociations sur le gaz naturel « battent de l’aile »

Le ministre de l'Energie, Yuval Steinitz affirme ne pas pouvoir accepter les exigences des compagnies d'énergie

Yuval Steinitz (Crédit photo: Miriam Alster/Flash90)
Yuval Steinitz (Crédit photo: Miriam Alster/Flash90)

Le ministre de l’Energie, Yuval Steinitz, a annoncé mardi qu’une réunion, qui s’est poursuivie toute la nuit, avec les représentants des sociétés de développement des champs de gaz naturel au large des côtes d’Israël a pris fin sans accord et avec le départ du pays des négociateurs américains.

Il a déclaré que les pourparlers « battaient de l’aile », a précisé la Deuxième chaîne tandis que les représentants de Noble Energy rentraient aux Etats-Unis.

Steinitz s’est plaint du fait que les sociétés d’énergie ont « présenté des demandes que nous ne pouvions pas accepter » principalement sur la demande d’une garantie israélienne de « stabilité réglementaire ». Les termes conclus dans le cadre du nouveau cadre proposé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne doit pas changer pendant au moins une décennie, ont rapporté les entreprises.

Les discussions ont également porté sur la demande que Noble Energy, basée aux États-Unis et le Groupe Delek israélien développent aussi rapidement que possible le champ de gaz Léviathan, le plus grand d’Israël, alors même qu’ils continuent à produire du gaz à partir du champ Tamar déjà développé et vendent leurs participations dans les champs de Tanin et Karish.

Les pourparlers se poursuivront dans les prochains jours, a affirmé Steinitz, soulignant qu’il y avait eu des progrès dans les négociations sur la question du développement de Leviathan, et sur un cadre convenu pour une limitation du contrôle des prix.

« Le développement des réserves de gaz est d’une importance économique et stratégique cruciale pour Israël », a insisté Steinitz.

La radio israélienne a annoncé que la députée du parti Koulanou, Rachel Azaria, a dit qu’elle va s’opposer au plan actuel de gaz s’il ne comprend pas le contrôle direct des prix, une réduction du volume de gaz autorisé pour l’exportation, et la pose d’une deuxième canalisation sur le champ de Tamar.

Azaria siège dans la puissante commission des Finances de la Knesset qui doit approuver les aspects de l’accord.

Le chef du parti Koulanou, le ministre des Finances Moshe Kahlon a également déclaré ces derniers jours, qu’il s’opposerait à l’accord s’il ne comprenait pas un contrôle des prix plus strict.

« La feuille de route sur le gaz naturel ne peut pas être adopté, il sera changé », a déclaré Kahlon dans une interview accordée ce week-end sur la Deuxième chaîne. « Chaque monopole doit être brisé, les citoyens israéliens méritent plus et devraient pouvoir profiter de cette ressource naturelle ».

Le champ de gaz naturel de Tamar au large d'Ashkelon (Crédit : Moshe Shai / FLASH90)
Le champ de gaz naturel de Tamar au large d’Ashkelon (Crédit : Moshe Shai / FLASH90)

La gouverneure de la banque d’Israël, Karnit Flug, a exprimé dimanche son soutien à l’accord tout en reconnaissant qu’il n’était pas parfait, mais l’arrangement actuellement examiné par le gouvernement, qui devrait peut-être avoir à passer un vote de la Knesset avant qu’il n’entre en vigueur, serait bon pour l’économie israélienne, a indiqué l’agence Reuters.

« Le cadre du plan n’atteint pas le résultat idéal, mais il contient de nombreux avantages pour l’économie », a déclaré Flug. « La banque d’Israël soutient les principaux points du contour et la progression vers sa mise en œuvre ».

Le mois dernier, un rapport du contrôleur d’Etat a constaté que le projet de cadre proposé en juin ne parvenait pas à créer de concurrence ni de réglementation adéquate dans le marché du gaz naturel, ce qui retarderait le développement des réserves offshore récemment découvertes en Israël.

Les détracteurs de l’accord sur le gaz, qui assure dans la pratique un duopole Noble-Delek pour 15 ans en échange du développement des champs par les entreprises, affirment que l’accord équivaut à un « vol » des ressources naturelles d’Israël et demandent une réglementation plus forte et une plus grande transparence dans l’accord.

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