Les Palestiniens crient au « massacre » alors qu’Israël rase des maisons illégales
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Les Palestiniens crient au « massacre » alors qu’Israël rase des maisons illégales

L'OLP tiendra une réunion d'urgence ; un avocat représentant les propriétaires accuse l'Etat juif de deux poids, deux mesures concernant les constructions adjacentes à la clôture

Cette photo prise en Cisjordanie le 22 juillet 2019 montre les forces de sécurité israéliennes rasant l'un des bâtiments palestiniens encore en construction qui ont reçu des avis de démolition dans la zone de Wadi al-Hummus adjacente au village palestinien de Sur Baher à Jérusalem-Est. (Photo par Hazem BADER / AFP)
Cette photo prise en Cisjordanie le 22 juillet 2019 montre les forces de sécurité israéliennes rasant l'un des bâtiments palestiniens encore en construction qui ont reçu des avis de démolition dans la zone de Wadi al-Hummus adjacente au village palestinien de Sur Baher à Jérusalem-Est. (Photo par Hazem BADER / AFP)

Les Palestiniens ont fustigé Israël lundi pour avoir démoli des bâtiments dans une partie du quartier de Sur Baher, à Jérusalem-Est, près de la barrière de sécurité.

Les forces de sécurité israéliennes ont démoli un total de 12 bâtiments et deux fondations de bâtiments lundi, selon un responsable de la défense, qui a pris la parole sous couvert d’anonymat, ce qui a suscité la condamnation des Palestiniens, de l’ONU, de la France et de l’Union européenne.

Le bureau du président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, a qualifié les démolitions de « massacre » et a déclaré qu’Israël porte « l’entière responsabilité de cette dangereuse escalade contre le peuple palestinien innocent », selon le porte-parole officiel de l’AP Wafa.

La plupart des bâtiments qu’Israël a rasés lundi se situaient dans une partie du quartier qui, selon les accords entre Israël et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), est désignée sous le contrôle administratif de l’Autorité palestinienne. La plupart des maisons étaient encore en construction.

Les propriétaires des bâtiments ont déclaré qu’ils avaient reçu des permis de construire du gouvernement de l’AP à Ramallah.

Haitham al-Khatib, un avocat qui représentait les propriétaires fonciers devant la Cour suprême d’Israël, a déclaré que tous les bâtiments sauf un se trouvaient du côté de Jérusalem de la barrière de sécurité de la Cisjordanie, qui ne se trouve pas exactement à la frontière municipale de Jérusalem avec la Cisjordanie.

Cette photo prise le 22 juillet 2019 montre des bâtiments démolis par Israël dans la zone de Sur Baher à Jérusalem-Est. (HAZEM BADER / AFP)

Jafar Abu Hamed, un habitant de Sur Baher âgé de 33 ans, a déclaré avoir investi 600 000 shekels (150 000 euros) dans le bien que les forces de sécurité ont détruit.

Abu Hamed, père de trois enfants, a déclaré lors d’un appel téléphonique : « J’y ai mis tant d’argent ». « Nous avions fini de construire le premier étage et nous étions en train de travailler au deuxième étage, puis ils sont venus le détruire. »

Il a dit qu’il continuerait à louer un appartement à Sur Baher pour héberger sa famille.

Israël a fait valoir que la construction des bâtiments violait un ordre militaire publié en 2011 qui interdisait la construction dans les zones adjacentes à la barrière de sécurité. Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan a déclaré lundi qu’en vertu des accords d’Oslo, Israël est autorisé à démolir les maisons qui posent un risque pour la sécurité.

Saeb Erekat, secrétaire général du Comité exécutif de l’OLP, a qualifié les démolitions sur Twitter de « crime de guerre » et a déclaré que le Comité exécutif tiendrait une réunion d’urgence sur cette question.

Plus tôt cette année, la Cour suprême a rejeté une requête déposée par les propriétaires, tous résidents israéliens, qui demandaient l’annulation de l’ordre militaire interdisant la construction de bâtiments à proximité de la barrière de sécurité.

Dans sa décision, la Cour a déclaré : « L’ordonnance d’interdiction de construire originale et les ordonnances qui l’ont prorogée ont été rendues publiques comme il se doit.

Les pétitionnaires ont donc décidé d’enfreindre la loi lorsqu’ils ont commencé et ont continué à construire des structures sans avoir obtenu un permis spécial du Commandement militaire. »

Cette photo prise le 22 juillet 2019 montre les forces de sécurité israéliennes se préparant à démolir des bâtiments palestiniens encore en construction qui ont reçu des avis de démolition dans la zone de Wadi al-Hummus adjacente au village palestinien de Sur Baher à Jérusalem-Est. (Photo par Ahmad GHARABLI / AFP)

La Cour a également noté que ces structures pouvaient être utilisées pour le trafic d’armes et servir de couverture aux terroristes et aux Palestiniens qui sont entrés illégalement en Israël.

Le Département des négociations de l’OLP a critiqué la décision de la Cour la semaine dernière, déclarant qu’elle « vise à créer un précédent pour permettre aux forces d’occupation israéliennes de démolir de nombreux bâtiments palestiniens situés à proximité immédiate du mur d’annexion d’Israël ».

Al-Khatib, l’avocat des propriétaires, a accusé Israël d’appliquer deux poids, deux mesures en ce qui concerne les constructions à proximité de la clôture de sécurité.

« Pourquoi mes clients ne peuvent-ils pas construire près du mur, alors que d’autres se voient accorder des permis de construire dans de nombreux autres endroits adjacents », a déclaré l’avocat lors d’un appel téléphonique, soulignant que la chaîne de supermarchés Rami Levy avait récemment construit un centre commercial près de la barrière de sécurité au nord de Jérusalem.

Il a également fait valoir que la décision du tribunal sape les accords entre Israël et l’OLP qui donnaient à l’Autorité palestinienne un contrôle administratif et sécuritaire dans certaines parties de la Cisjordanie.

« L’un des grands perdants ici est Oslo », a-t-il dit, faisant référence aux accords. « Ce que nous voyons ici, c’est que l’Autorité palestinienne ne contrôle pas les parties de la terre qui sont censées être sous son contrôle. »

L’organisation terroriste palestinienne du Hamas a également condamné les démolitions, affirmant qu’elles exigent « de libérer la main de la résistance [terrorisme] en Cisjordanie, et une réponse palestinienne décisive avec un programme national global qui préserve l’identité et le statut de Jérusalem. »

Les démolitions ont également été condamnées par l’ONU et l’UE.

« Malgré les appels à ne pas procéder aux démolitions, la destruction des bâtiments résidentiels de #SurBahir va déplacer de nombreuses familles palestiniennes. Aucun montant d’aide humanitaire ne peut compenser leurs souffrances ! #Israël doit mettre fin à cette politique », a écrit Nickolay Mladenov, envoyé de l’ONU pour la paix au Moyen Orient sur Twitter.

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