Condamnations des démolitions de bâtiments palestiniens, Erdan répond
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Condamnations des démolitions de bâtiments palestiniens, Erdan répond

"Les porte-paroles de l'UE ont, comme d'habitude, avalé les mensonges des Palestiniens sans aucun examen approfondi tout en répandant leur parti pris", a écrit le minsitre Likud

Gilad Erdan (Crédit: Kobi Gideon / Flash90)
Gilad Erdan (Crédit: Kobi Gideon / Flash90)

La France « condamne » la démolition par l’armée israélienne de plusieurs bâtiments palestiniens près de Jérusalem-Est, « contraires au droit international », a indiqué lundi une porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

« La France condamne la démolition par l’armée israélienne de plusieurs bâtiments dans le quartier de Wadi al Hummus, situé au sud-est de Jérusalem. Les démolitions en territoires occupés sont contraires au droit international », a-t-elle déclaré.

« Les démolitions en territoires occupés sont contraires au droit international, en particulier au droit international humanitaire et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies », a-t-elle ajouté dans un communiqué.

« Ces démolitions interviennent pour la première fois dans des zones relevant de la compétence de l’Autorité palestinienne au titre des accords d’Oslo. Elles représentent un précédent dangereux, qui porte directement atteinte à la solution des deux États », a poursuivi la porte-parole.

L’Union européenne a demandé lundi à Israël de mettre « immédiatement » un terme à ces démolitions qu’elle a qualifiée d’ « illégales ».

« Les porte-paroles de l’UE ont, comme d’habitude, avalé les mensonges des Palestiniens sans aucun examen approfondi tout en répandant leur parti pris », a écrit Gilad Erdan sur Twitter.

« Lorsque les constructions illégales représentent une menace pour la sécurité, Israël a le pouvoir, y compris en vertu des Accords d’Oslo, d’appliquer la loi contre elles. La Cour suprême s’est même prononcée en leur faveur. Les Palestiniens ont délibérément construit leurs maisons près de la barrière de sécurité ! » a ajouté le ministre israélien des Affaires stratégiques.

Ces maisons, situées dans une zone connue sous le nom de Wadi al-Hummus, font partie de Sur Baher mais se trouvent à l’extérieur des limites municipales de Jérusalem et dans les zones contrôlées par l’Autorité palestinienne en Cisjordanie.

M. Erdan a déclaré qu’en vertu des Accords d’Oslo – qui ont institué l’Autorité palestinienne en 1994 et divisé la Cisjordanie en zones A contrôlées par Israël, B sous contrôle conjoint et C sous contrôle palestinien – Israël a le droit d’agir contre les menaces à sa sécurité.

« Dans le contexte des démolitions qui ont eu lieu aujourd’hui dans le Wadi Al-Hummus de Jérusalem, il convient de souligner que ce sont les habitants eux-mêmes qui ont voulu se déplacer du côté ouest de la barrière de sécurité, et la barrière a ensuite été détournée vers l’est pour eux », a écrit Erdan. « Par la suite, ils ont commencé à construire illégalement dans une région située à Jérusalem, alors qu’ils étaient dans les zones A, B et C. »

Le Bahreïn, qui a récemment fait les gros titres en accueillant le sommet économique organisé par les Etats-Unis qui entrait dans le cadre du plan de paix de l’administration Trump, a fustigé cette démolition, clamant son « rejet de ces actes illégaux qui constituent une violation flagrante des droits du peuple palestinien frère ».

Dans un communiqué émis lundi, le ministère des Affaires étrangères à Manama a expliqué « réaffirmer la position du royaume du Bahreïn qui soutient le droit des Palestiniens frères à établir leur Etat indépendant sur les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, sur la base d’une solution à deux Etats ».

Il a appelé « la communauté internationale à prendre ses responsabilités en se conformant à l’obligation israélienne de respecter les droits des Palestiniens, et à empêcher Israël de continuer de se livrer à des actions absolument inacceptables qui sapent les efforts visant à réaliser une paix équitable et durable dans la région ».

La Jordanie, qui a signé un traité de paix avec Israël, a également critiqué les démolitions, disant qu’elles « contredisent de manière flagrante les accords passés entre Israël et les Palestiniens, ainsi que les lois internationales ». Le royaume hachémite a également mis en cause d’autres politiques israéliennes mises en oeuvre en Cisjordanie.

Dans un communiqué émis lundi, le ministère des Affaires étrangères jordanien a demandé à Israël de « mettre immédiatement un terme à ces pratiques qui augmentent le désespoir et renforcent les tensions et qui ont un impact fondamental sur la solution à deux Etats ».

Dans une déclaration, le gouvernement qatari a dit que les démolitions « violent le droit historique du peuple palestinien-frère et elles représentent un crime contre l’humanité qui reflète le mépris du gouvernement israélien pour les lois internationales et pour les résolutions de légitimité internationale ».

Doha a réclamé une « intervention internationale dans l’urgence pour obliger l’entité israélienne à cesser ces démolitions et pour offrir une protection aux Palestiniens ».

Le bureau des Nations unies pour les Affaires humanitaires a indiqué suivre le déroulement des démolitions avec « tristesse », estimant que le prétexte sécuritaire argué par l’Etat juif n’était pas convaincant.

« La politique israélienne de destruction des biens palestiniens n’est pas compatible avec les obligations du pays sous les termes du droit humanitaire international. Entre autres choses, la destruction de propriétés privées dans un territoire occupé n’est autorisée que lorsqu’elle est absolument nécessaire pour des opérations militaires, ce qui n’est pas applicable ici », a expliqué l’instance dans une déclaration.

Hussein al-Sheikh, chef du département des Affaires civiles au sein de l’Autorité palestinienne (AP), a qualifié les destructions de lundi de « crime », réclamant une intervention internationale.

Le bureau du président de l’AP, Mahmoud Abbas, a pour sa part évoqué un « massacre ».

« C’est une partie de ‘l’accord du siècle’ qui vise à mettre un terme à la question palestinienne », a-t-il ajouté, se référant au plan de paix avancé par l’administration du président américain Donald Trump, qui doit encore être dévoilé. L’AP accuse Trump de partialité en faveur d’Israël et elle a d’ores et déjà rejeté le plan.

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