Les peintres préhistoriques étaient peut-être en état d’hallucinations – étude
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Les peintres préhistoriques étaient peut-être en état d’hallucinations – étude

Des chercheurs israéliens affirment que les hommes des cavernes cherchaient cet état induit par le manque d'oxygène dans le but de "maintenir leur connexion avec le cosmos"

Des chevaux peints dans les grottes de Lascaux. (Crédit : Wikimedia)
Des chevaux peints dans les grottes de Lascaux. (Crédit : Wikimedia)

Privés d’oxygène dans les grottes de l’Europe préhistorique, les premiers humains étaient peut-être plongés dans des états hallucinogènes lorsqu’ils créaient leur art intemporel, affirment des chercheurs israéliens dans une étude récemment publiée.

Selon un article publié dans la revue archéologique Time and Mind par Yafit Kedar et Ran Barkai de l’université de Tel Aviv, les habitants des grottes préhistoriques, qui ne choisissaient souvent que les grottes profondes et difficiles d’accès pour peindre, auraient été privés d’oxygène à cause des torches qu’ils allumaient pour pouvoir voir. Selon eux, cela aurait conduit à un état connu sous le nom d’hypoxie, où la dopamine est libérée dans le cerveau, « entraînant des hallucinations et des expériences extra-corporelles ».

En simulant « l’effet des torches sur les concentrations d’oxygène dans des structures similaires aux grottes ornées du paléolithique », les chercheurs ont constaté que les niveaux d’oxygène respirable étaient similaires à ceux connus pour induire l’hypoxie.

S’appuyant sur ces recherches, Kedar et Barkai affirment que le fait d’entrer dans les grottes pour peindre pouvait être considéré comme un acte spirituel.

Ils affirment qu’en raison de « l’importance des grottes dans la vision du monde des autochtones… entrer dans ces environnements profonds et sombres était un choix conscient, motivé par la compréhension de la nature transformatrice d’un espace souterrain pauvre en oxygène ».

Selon eux, en entrant dans les grottes profondes pour peindre, les premiers humains ont créé une « arène ontologique » qui leur a permis de « maintenir leur connexion avec le cosmos. »

« Ce n’est pas la décoration qui a rendu les grottes significatives ; c’est plutôt la signification des grottes choisies qui a motivé leur décoration », écrivent Kedar et Barkai.

S’adressant à Haaretz au sujet de cette recherche, Kedar a déclaré que les hommes des cavernes ont peut-être essayé de communiquer avec des êtres d’un autre monde.

« L’idée est qu’ils entraient [dans les entrailles des grottes] parce qu’ils croyaient que quelque chose s’y trouvait, qu’il y avait des entités au-delà du mur », a-t-elle déclaré.

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