Les programmes d’échange permettent de combattre le racisme
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Les programmes d’échange permettent de combattre le racisme

L'enseignement de l’empathie a eu des effets pendant une année, affirment les chercheurs de l'université de Tel Aviv

Des enfants des écoles israéliennes, le 27 août 2013 (Crédit : Yossi Zamir / Flash90)
Des enfants des écoles israéliennes, le 27 août 2013 (Crédit : Yossi Zamir / Flash90)

Des chercheurs de l’université de Tel Aviv affirment qu’ils ont mis en place un programme pour les enfants de CE2 et CM1 des écoles israéliennes et palestiniennes qui pourrait créer une « tolérance durable tout en luttant contre le racisme et les préjugés. »

Le programme d’échange de catégorie avancée (ECEP) a organisé des réunions et des classes qui ont permis aux étudiants d’avoir un contact direct et structuré les uns avec les autres deux fois par mois. Ce programme favorise le respect mutuel et l’acceptation de « l’autre » et comprend un enseignement qui apprend aux étudiants comment sympathiser avec les autres et à mettre les choses en perspective, ce qui les rend plus sensibles à la compréhension des pensées des autres, de leurs sentiments, de leurs désirs, de leurs motivations et de leurs intentions.

Le programme, dirigé par le Dr Rony Berger du programme sur le Stress, la Crise et la Traumatologie de l’école Bob Shapell d’affaires sociales de l’université de Tel Aviv, et le Dr Hisham Abu-Raiya, également de l’école Shapell, a été élaboré en collaboration avec le centre communautaire judéo-arabe (AJCC) de Jaffa et la municipalité de Tel Aviv pour répondre aux tensions croissantes résultant de l’escalade continue de la violence dans le conflit israélo-palestinien.

« Nous avons appris aux enfants israéliens juifs et israéliens palestiniens à faire preuve de compassion et d’empathie – non seulement envers leurs amis dans le programme mais aussi envers les personnes en dehors de la salle de classe, a déclaré Berger. Il est très difficile de rassembler les gens techniquement, logistiquement et émotionnellement. Les gens ne veulent pas interagir avec des personnes avec lesquelles ils se sentent mal à l’aise. Dans cette étude, nous avons ciblé diverses compétences telles que les points de vue, l’empathie et la compassion, qui peuvent être enseignées pour promouvoir la tolérance durable. »

Les conclusions de l’étude de l’université de Tel-Aviv ont été publiées dans le numéro d’août 2016 de Journal of School Psychology.

« Le contact seul ne suffit pas, a déclaré Abu-Raiya. Vous avez besoin d’un système qui comprend une variété d’approches différentes. Nous avons démontré que donner aux enfants un contact direct les uns avec les autres, en leur fournissant des connaissances objectives sur les enfants et leurs communautés et en construisant leur point de vue et en stimulant les compétences d’empathie peuvent avoir des effets positifs à long terme. »

Les effets du programme ont duré pendant 15 mois après la fin du programme, alors que la région a été envahie par la violence, a expliqué Abu-Raiya. « Cela met en évidence le potentiel de ‘haine préventive’ du programme afin d’éviter les stéréotypes, les préjugés et la discrimination que mènent souvent à des hostilités entre les groupes ethniques. »

Le programme comprenait des journées d’école deux fois par mois avec les élèves israéliens palestiniens et israéliens juifs dirigés par six animateurs, des activités artistiques, des classes pour promouvoir le respect et l’acceptation de « l’autre » et une formation sur l’empathie et la mise en perspective dirigée par les professeurs principaux des élèves et les animateurs de l’ECEP.

« Nous ne doutons pas que l’ECEP a contribué à réduire les préjugés, la discrimination et a renforcé les contacts positifs entre les différents groupes ethniques et qui pourrait être traduit dans une région caractérisée par des tensions ethniques et les conflits violents », a déclaré Berger.

L’équipe a mené deux études. La première a été menée sur 262 élèves de CM1de Tel Aviv et Jaffa, et a noté une volonté beaucoup plus élevée d’interagir avec des élèves d’autres groupes ethniques, des pensées plus positives sur « l’autre » et des préjugés moins émotionnels. La seconde, menée sur 322 élèves de CE2 et CM1 israéliens palestiniens et israéliens juifs, comprenait de nouvelles sessions sur l’empathie et une formation en mise en perspective et a évalué l’impact approfondi du programme.

« Tous nos résultats ont démontré que l’ECEP a diminué les stéréotypes et les tendances discriminatoires envers l’autre et a augmenté les sentiments positifs et la préparation pour le contact social avec l’autre à la fin du programme », a déclaré Berger.

« Le soutien empirique à l’ECEP est particulièrement important dans le contexte du conflit israélo-palestinien, étant donné la preuve que les opinions et les stéréotypes négatifs détenus par les deux communautés, arabe et juive, alimentent l’animosité entre ces groupes ethniques », a conclu Abu-Raiya.

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