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Les rappels plus utiles que la pratique pour l’apprentissage chez les autistes ?

Une étude menée par l'université de Tel Aviv suggère que les compétences adaptables, difficiles pour les personnes autistes, peuvent être acquises grâce à des "flashs de mémoire"

Image d'illustration : un enfant autiste s'entraîne à empiler des blocs. Les compétences d'adaptation peuvent s'avérer difficiles pour certaines personnes autistes. (Crédit : KatarzynaBialasiewicz via iStock by Getty Images)
Image d'illustration : un enfant autiste s'entraîne à empiler des blocs. Les compétences d'adaptation peuvent s'avérer difficiles pour certaines personnes autistes. (Crédit : KatarzynaBialasiewicz via iStock by Getty Images)

Une nouvelle recherche israélienne pourrait aider les personnes présentant des troubles du spectre autistique à déployer moins d’efforts pour acquérir des compétences d’adaptabilité.

Les personnes atteintes de troubles du spectre autistique (TSA) ont souvent plus de difficultés que les autres à appliquer les compétences acquises à de nouvelles situations et à de nouveaux environnements, et doivent consacrer beaucoup de temps à développer cette capacité d’adaptation.

Selon le professeur Nitzan Censor, de l’université de Tel Aviv, les « flashs mémoire », de brefs rappels visuels au lieu de longues périodes de pratique, pourraient avoir un potentiel particulier pour aider les personnes autistes à adopter de nouvelles compétences.

Le professeur Censor, son laboratoire et le professeur Ilan Dinstein, spécialiste des TSA à l’université Ben Gurion, ont récemment publié dans la revue Current Biology des données montrant que de brefs rappels aidaient des volontaires atteints de TSA à maîtriser de nouvelles compétences jusqu’à 30 % plus rapidement que ceux qui utilisaient des méthodes d’apprentissage plus classiques.

« Notre nouvelle étude pourrait ouvrir la voie à des approches d’apprentissage plus significatives pour les personnes autistes, dans une grande variété de tâches », a déclaré Censor.

Les recherches de Censor se sont essentiellement concentrées sur la quantité de choses apprises réellement lorsque les gens pensent qu’ils sont « déconnectés » – par exemple, l’assimilation d’informations longtemps après une conférence, en plein sommeil.

En 2017, il a publié une recherche évaluée par des pairs remettant en question la philosophie de l’apprentissage selon laquelle « c’est en forgeant que l’on devient forgeron ». Il a suggéré que le cerveau humain saisit rapidement de nouvelles informations ou compétences, et qu’il a parfois juste besoin de rappels visuels très brefs au lieu de longues périodes de pratique.

Les nouvelles recherches examinent ce qui se passe lorsque la méthode de la mémoire flash est utilisée par des personnes atteintes de TSA.

Un garçon tient un cœur en puzzle coloré devant son visage pour sensibiliser à la Journée mondiale de l’autisme. (Crédit : iStock via Getty Images)

L’étude évaluée par des pairs consistait à demander à des adultes atteints de TSA à haut niveau de fonctionnement de regarder le centre d’un écran. Ils devaient regarder une image complexe de formes et de lignes sur une partie de l’écran, puis répondre à une question détaillée sur cette image. Pour résoudre les images suivantes dans d’autres parties de l’écran, il faut savoir généraliser les connaissances acquises.

« Cela peut sembler anodin, mais il s’agit en fait d’utiliser une partie différente de la capacité de traitement visuel », a expliqué Censor.

Pour vérifier si les flashs de mémoire aidaient à résoudre les énigmes, les participants ont été soumis à une longue période d’entraînement initial. Certains ont ensuite bénéficié de trois sessions de révision très rapides, avec seulement quelques secondes pour s’entraîner à résoudre les images.

Le professeur Nitzan Censor (Crédit : Université de Tel Aviv)

« Ce que nous avons fait, c’est créer une expérience cérébrale sous-jacente et ensuite activer ou stimuler le réseau cérébral », a expliqué Censor.

L’équipe a constaté que les personnes ayant bénéficié de sessions de révision étaient 20 % à 30 % plus aptes à adapter les compétences nouvellement acquises pour résoudre des images situées à des endroits différents de l’écran que celles qui n’avaient suivi que la formation initiale.

D’autres études ont montré le même niveau d’amélioration chez les personnes atteintes de TSA, mais seulement après des heures de pratique supplémentaire.

« Normalement, lorsque les gens apprennent une tâche, ils s’entraînent des centaines de fois par jour », a déclaré Censor. « Ce groupe n’a effectué que cinq essais de la tâche dans chaque session, qui ont duré 10 secondes au total, au lieu d’effectuer la tâche des centaines de fois, et a pourtant montré une plus grande adaptabilité. »

Il a déclaré que la recherche pourrait être explorée pour une gamme de compétences qui impliquent la généralisation d’une compétence ou d’un concept spécifique, y compris même la pratique d’instruments de musique ou la danse.

« Nous pourrions tester si cela est pertinent pour enseigner aux personnes atteintes de TSA des compétences motrices, des compétences sociales, des compétences en classe et d’autres compétences », a-t-il déclaré. « Cela pourrait être très pertinent pour les études en matière d’éducation. »

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