Les règles de quarantaine britanniques distinguent Jérusalem d’Israël
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Les règles de quarantaine britanniques distinguent Jérusalem d’Israël

Le Foreign Office note ne pas reconnaître la souveraineté dans la capitale et utilise donc des catégories séparées pour ses conseils aux voyageurs

Illustration - Des passagers arrivent à l'aéroport de Heathrow, le 8 septembre 2020. (Yui Mok/PA via AP)
Illustration - Des passagers arrivent à l'aéroport de Heathrow, le 8 septembre 2020. (Yui Mok/PA via AP)

Les directives réactualisées par le Royaume-Uni, jeudi, ont fait savoir que les voyageurs en provenance d’Israël n’auront plus l’obligation de se mettre en quarantaine à leur arrivée dans le pays.

Toutefois, ces mêmes directives ont fait une distinction entre Israël et Jérusalem – même s’il n’y a pas de différence au niveau de la politique de quatorzaine mise en œuvre dans les deux cas.

Les nouvelles règles établissent que le Bureau des Affaires étrangères, du Commonwealth et du développement (FCDO) n’est plus défavorable à des voyages non-essentiels en Israël et à Jérusalem. Il n’exige plus non plus aux arrivants en provenance de l’Etat juif et de la ville sainte de se placer en quatorzaine obligatoire.

Une explication a été donnée sur cette distinction, le bureau notant que le Royaume-Uni ne reconnaissait pas la souveraineté israélienne sur Jérusalem mais reconnaissait l’autorité de facto de l’Etat juif sur Jérusalem-ouest tout en considérant que Jérusalem-est est actuellement placée sous occupation israélienne.

Un groupe touristique écoute un guide sur la promenade Armon Hanatziv de Jérusalem avec la Vieille Ville en arrière-plan, en 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le groupe Conservative Friends of Israel, un groupe pro-israélien au sein du parti au pouvoir, a émis un communiqué dans la journée de vendredi appelant le FCDO à « corriger immédiatement » sa distinction « offensante et hostile » entre Jérusalem et Israël dans ses conseils aux voyageurs.

« L’annonce d’un corridor aérien avec Israël est une excellente nouvelle. Toutefois, la décision prise par le FCDO de définir Jérusalem comme étant un territoire séparé est offensante et hostile. Jérusalem est la capitale d’Israël », a commenté l’organisation dans son communiqué. « Décrire Jérusalem autrement que comme faisant partie intégrante d’Israël est une fiction détachée de toute réalité sur le terrain et les conseils aux voyageurs doivent être immédiatement corrigés ».

La Grande-Bretagne a fait partie des 128 pays qui avaient voté en 2017 en faveur d’une résolution des Nations unies qui condamnait la reconnaissance, par les Etats-Unis, de Jérusalem en tant que capitale d’Israël, et qui avait vivement recommandé aux pays de ne pas transférer leurs ambassades respectives dans la ville sainte.

Le Royaume-Uni a indiqué de manière répétée qu’il ne se reconnaîtrait aucune souveraineté sur Jérusalem avant une détermination finale du statut de la ville, dont la partie Est est revendiquée par les Palestiniens qui veulent y installer la capitale de leur futur État.

Le taux de morbidité à la COVID-19 a considérablement baissé au sein de l’Etat juif depuis le mois de septembre, qui avait été marqué par un nombre record de contaminations – avec des milliers de nouveaux cas diagnostiqués chaque jour. Cette diminution a été rendue possible par un deuxième confinement national, même si les responsables de la Santé ont mis en garde, ces derniers jours, contre une possible nouvelle hausse des taux d’infection.

Un technicien fait une démonstration d’un prélèvement en vue d’un test coronavirus sur un employé de l’aéroport Ben-Gurion au centre de dépistage installé dans l’aéroport, à Tel Aviv, le 9 novembre 2020. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

De son côté, l’Etat juif place encore le Royaume-Uni dans la catégorie des pays « rouges », ce qui nécessite aux nouveaux arrivants depuis cette destination de se mettre à l’isolement pendant deux semaines.

Le Foreign Office britannique a également expliqué que la Cisjordanie et Gaza restaient sur la liste des territoires dont les voyageurs devront se placer en quarantaine lors de leur entrée sur le sol britannique.

Mercredi, le ministère de l’Intérieur a accepté d’alléger les restrictions entraînées par la pandémie en permettant aux parents au premier degré des nouveaux immigrants arrivés au sein de l’Etat juif au cours des quatre dernières années d’entrer dans le pays.

Actuellement, seuls les Israéliens et les étrangers dotés d’un visa de résidence peuvent entrer sur le territoire. Ceux qui arrivent depuis les dits « pays rouges » – marqués par un taux élevé d’infection au coronavirus – sont tenus, pour leur part, de respecter une quarantaine de deux semaines.

De plus, une catégorie limitée de non-citoyens, en particulier les parents au premier degré des familles israéliennes, sont autorisés à venir au sein de l’Etat juif à l’occasion d’événements exceptionnels – naissances ou mariage – chaque dossier étant évalué individuellement par le ministère de l’Intérieur.

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