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Les réserves en eau de l’Irak ont baissé de moitié – responsable

Riche en hydrocarbures, l'Irak est un des pays les plus vulnérables au changement climatique et à la désertification et l'eau est un enjeu capital pour ce pays semi-désertique

Un Irakien récolte du blé dans la province de Dhi Qar, dans le sud de l'Irak, le 23 avril 2022. (Crédit : Asaad NIAZI / AFP)
Un Irakien récolte du blé dans la province de Dhi Qar, dans le sud de l'Irak, le 23 avril 2022. (Crédit : Asaad NIAZI / AFP)

Les réserves en eau de l’Irak ont baissé de moitié par rapport à 2021, a indiqué jeudi un responsable gouvernemental à l’AFP, imputant ce phénomène aux sécheresses à répétition, à une chute des précipitations et à la baisse du débit des fleuves.

L’Irak, riche en hydrocarbures, est un des cinq pays au monde les plus vulnérables au changement climatique et à la désertification. Le dossier de l’eau est un enjeu capital pour ce pays semi-désertique de 41 millions d’habitants.

« Les réserves en eau disponibles sont bien inférieures à ce que nous avions l’année dernière (en 2021), d’environ 50 %, à cause des faibles précipitations et des quantités (d’eau) qui arrivent des pays voisins », a indiqué jeudi à l’AFP Aoun Dhiab, haut conseiller du ministère des Ressources hydriques.

L’Irak partage les eaux de plusieurs fleuves, notamment ceux du Tigre et de l’Euphrate, avec la Turquie et la Syrie, mais aussi l’Iran. Selon Bagdad, la construction de barrages en amont chez ses voisins réduit le débit des cours d’eau à leur arrivée en Irak.

Cette photo prise le 26 juillet 2021 montre une vue de l’Euphrate près du barrage de Tabqa de 1973 (non visible) dans la province de Raqqa, dans l’est de la Syrie. (Crédit : Delil SOULEIMAN / AFP)

M. Dhiab a également pointé du doigt « les années de sécheresse successives: 2020, 2021 et 2022. Tout cela a eu de fortes répercussions sur la situation en Irak ».

« C’est un avertissement sur la manière dont on doit utiliser (les réserves d’eau) l’été prochain et durant l’hiver. Nous tenons compte de ces facteurs lors de nos planifications pour le secteur agricole », a-t-il dit.

A la mi-avril, M. Dhiab s’était toutefois montré confiant, assurant que les quantités d’eau actuelles suffisaient à répondre aux besoins du pays, selon l’agence de presse étatique INA.

La sécheresse et les pénuries d’eau ont déjà contraint l’Irak a réduire de moitié les zones cultivées pour la saison hivernale 2021-2022.

La Banque mondiale (BM) a estimé qu’en l’absence de politiques adaptées, l’Irak pourrait connaître d’ici 2050 une chute de 20 % de ses ressources en eau douce disponible.

Dans un pays aux infrastructures ravagées par les guerres à répétition, où la reconstruction tarde après les offensives contre le groupe Etat islamique (EI), il faudrait consacrer 180 milliards de dollars (175 milliards d’euros) sur vingt ans pour construire de nouvelles infrastructures, des barrages et développer des projets d’irrigation, selon la BM.

Mais en 2018, le budget du ministère des Ressources hydriques représentait moins de 0,2 % du budget total, avec 15 millions de dollars (14 millions d’euros), rappelait la BM en novembre.

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