Les responsables d’Amona en grève de la faim devant la résidence du Premier ministre
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Les responsables d’Amona en grève de la faim devant la résidence du Premier ministre

"On en a assez", indique le porte-parole de l’avant-poste. Les résidents ont juré mardi de jeûner jusqu’à ce qu’une nouvelle implantation soit construite pour les anciens habitants évacués

Des résidents évacués de l’avant-poste israélien d’Amona manifestent devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 19 février 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des résidents évacués de l’avant-poste israélien d’Amona manifestent devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 19 février 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les habitants de l‘avant-poste démoli d’Amona, en Cisjordanie, ont annoncé lancer une grève de la faim mardi qui devrait durer jusqu’à ce que le gouvernement tienne sa promesse de construire une nouvelle implantation pour la communauté qui a été évacuée de la colline qu’elle occupait.

« Le gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu et Naftali Bennett ne peut dorénavant plus justifier son existence », ont indiqué les dirigeants de l’avant-poste illégal dans un communiqué conjoint.

Ils ont déploré la décision gouvernementale de l’évacuation d’Amona au début du mois après que la Haute-Cour a jugé qu’il avait été construit illégalement sur des terres privées.

« Une destruction suit l’autre », a ajouté le communiqué, se référant à l’évacuation mardi de neuf constructions illégales au sein de l’implantation d’Ofra, qui survient quelques semaines seulement après la destruction d’Amona.

Tandis que la publication est parue le même jour que les démolitions d’Ofra, le porte-parole d’Amona Ofer Inbar a expliqué au Times of Israel que le moment choisi pour le mouvement de protestation sous forme de grève de la faim n’est qu’une coïncidence.

« Cela fait déjà un mois que l’évacuation a eu lieu. On en a assez », a-t-il expliqué.

La grève de la faim sera dirigée par le chef de la campagne contre la destruction de l’implantation, Avichai Boaron, le responsable du secrétariat d’Amona, Ori Shag, et le rabbin de l’implantation Yair Frank, a expliqué Inbar.

« Ils seront probablement rejoints par d’autres personnes de la communauté », a-t-il dit. « En majorité des hommes mais j’ai également le sentiment que les femmes s’y joindront aussi ».

  Des résidents évacués de l’implantation israélienne d’Amona manifestent devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, brandissant une pancarte disant : « Vous avez détruit nos foyers », le 12 février 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Des résidents évacués de l’implantation israélienne d’Amona manifestent devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, brandissant une pancarte disant : « Vous avez détruit nos foyers », le 12 février 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La grève de la faim devrait commencer mercredi dans une tente placée aux abords de la résidence du Premier ministre à Jérusalem. Les organisateurs ont invité le public à se joindre à eux.

Sous les termes d’un accord signé avec le gouvernement en amont de l’évacuation d’Amona, les habitants ont été autorisés à choisir un nouveau site pour reconstruire leur communauté – la toute première implantation dont la construction aurait été reconnue par l’état depuis des décennies.

Les habitants d’Amona avaient voté en faveur de l’avant-poste non-autorisé de Geulat Tzion situé à proximité du bloc d’implantations de Shiloh. Tandis qu’Amona a été construit sur des terres privées palestinienne, Geulat Tzion se dresse sur des terrains propriétés de l’état.

Selon l’accord, la nouvelle implantation devait être construite dans les deux mois.

Le 19 février, Netanyahu aurait indiqué aux membres du cabinet sécuritaire que le gouvernement pourrait devoir revenir sur sa promesse d’établir l’implantation en Cisjordanie suite à une demande faite par le président américain Donald Trump de « faire preuve de retenue » sur la construction d’implantations.

Tova et Neria Antman avec leurs filles posent pour une photo devant les tentes dans le cadre d’un mouvement de protestation contre l’évacuation d’Amona, devant le parlement israélien, le 9 février 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Tova et Neria Antman avec leurs filles posent pour une photo devant les tentes dans le cadre d’un mouvement de protestation contre l’évacuation d’Amona, devant le parlement israélien, le 9 février 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Mais dans un effort apparent visant à démentir ces commentaires qui avaient été tenus à huis clos, un haut-responsable du bureau du Premier ministre avait fait savoir aux journalistes le jour d’après « qu’il n’y avait absolument aucune intention de violer l’engagement qui a été pris envers les habitants d’Amona ».

La clarification n’a pas satisfait les dirigeants de l’avant-poste démoli, qui tiennent Netanyahu et Bennett pour responsables des familles déplacées, réduites parfois, depuis un mois, à partager une habitation avec huit personnes dans la même pièce.

« Comment pouvez-vous, Benjamin Netanyahu… continuer à parcourir les grands salons du monde quand ici, chez vous, les communautés… de citoyens qui ont voté pour vous sont effacées », ont dit les militants, en référence à la série de visites à l’étranger réalisées par le Premier ministre ce mois-ci.

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