Les soldats démobilisés pourront développer leurs talents en cyber-sécurité
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Les soldats démobilisés pourront développer leurs talents en cyber-sécurité

Une formation de six mois, imaginée au début de la crise de la COVID-19, pour aider les militaires à se former aux métiers de la cybersécurité a reçu un prix de l'état-major

Les soldats du bataillon mixte Caracal pendant un exercice de préparation à un assaut de l'Etat islamique dans le sud d'Israël, fin mars 2017. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Les soldats du bataillon mixte Caracal pendant un exercice de préparation à un assaut de l'Etat islamique dans le sud d'Israël, fin mars 2017. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)

Un programme destiné à enseigner aux soldats de combat, à l’issue de leur service militaire, des compétences en cyber-sécurité, les aidant à trouver des emplois alors que la pandémie de coronavirus a fait des ravages dans l’économie, a reçu un prix d’innovation de la part du chef d’état-major de Tsahal.

Cette formation de six mois – appelée Cyber4s – a été développée par Scale-Up Velocity, une organisation à but non lucratif qui a établi un partenariat avec des firmes technologiques et des institutions universitaires et de formation professionnelle avec pour objectif d’aider l’industrie high-tech, dans le pays, à se doter de ressources humaines de talent.

L’armée israélienne et l’Administration nationale de cybersécurité israélienne, qui est responsable de la sécurité informatique dans la sphère civile, sont aussi à l’origine de cette formation intensive.

Cyber4s a été développé lors du début de la crise entraînée par la COVID-19 pour aider les soldats de combat de talent qui, à leur sortie de l’armée, avaient occupé des postes technologiques militaires au sein de Tsahal à développer leurs compétences pour des fonctions subalternes dans l’industrie de la cybersécurité.

D’anciens soldats de combat lors d’une cérémonie pour le lancement de la formation Cyber4s. (Crédit : Atid Mavtiach, Corps de maintenance et de technologie, armée israélienne)

Les firmes de cybersécurité manquent d’une main-d’œuvre qualifiée, une pénurie qui n’a fait que s’aggraver pendant la pandémie, le travail et les études à distance ayant augmenté la vulnérabilité face aux attaques informatiques, explique Maty Zwaig, directrice générale de Scale-Up Velocity, dans un entretien.

Le programme répond également aux besoins des soldats en termes d’emploi. Ces militaires très motivés qui, pour la plupart, avaient choisi des unités de combat plutôt que des unités de renseignement, avaient quitté l’armée au moment de la pandémie et avaient dû faire face à des perspectives de travail plutôt sombres, continue-t-elle. Ils avaient manqué l’échéance pour entamer une année universitaire, n’avaient pas pu trouver d’emploi en raison du fort taux de chômage entraîné par la pandémie et s’étaient retrouvés bloqués chez eux, avec un trafic aérien à l’arrêt – et donc dans l’incapacité d’effectuer leur voyage post-militaire traditionnel à l’étranger.

Le programme de formation a été développé en collaboration avec des responsables technologiques appartenant à des firmes de cybersécurité, a continué Zwaig, sur la base d’une analyse des besoins de l’industrie.

Les premiers étudiants ont commencé leur formation au mois de juillet. Cette promotion regroupe 40 participants qui ont été sélectionnés parmi des centaines de candidatures.

Pendant six mois, jusqu’au mois de décembre, les étudiants seront formés en ligne et également en présentiel pour devenir des développeurs en cybersécurité. Ils travailleront avec des mentors de l’industrie sur des projets de recherche et développement aux côtés d’entreprises partenaires. Ils seront également amenés à acquérir des compétences générales : comment se préparer pour un entretien d’emploi, comment écrire un CV, comment se présenter… Ils travailleront aussi sur la résolution de problèmes, sur la négociation et le travail d’équipe.

Maty Zwaig, directrice-générale de Scale-Up Velocity, une firme établie par Start-Up Nation Central (Autorisation)

« Le partenariat avec l’armée israélienne et avec l’administration nationale de cybersécurité a créé une opportunité nationale d’exploiter le potentiel énorme des soldats qui quittent l’armée, qui n’ont pas servi dans les unités de technologie, en leur apportant une plateforme qui leur permettra d’intégrer l’industrie hi-tech« , commente Zwaig.

Avec un peu de chance, les compétences acquises permettront à ces étudiants de passer d’emplois subalternes à des postes plus élevés, pour lesquels il est nécessaire d’avoir suivi de longues études universitaires, continue-t-elle.

C’est la lieutenant-colonel Osnat Levi, à la tête de l’Administration Profession pour la vie de Tsahal, et son équipe qui ont sélectionné les participants parmi des centaines de dossiers de candidature tandis que Ruth Shoham, directrice de la stratégie et des Partenariats à l’Administration israélienne de sécurité, et ses aides ont préparé le programme d’enseignement. Ce dernier va accueillir des promotions d’étudiants supplémentaires après la fin des études de la première, explique Zwaig.

Le prix de l’innovation du chef d’état-major – qui est remis pour la toute première fois – a été accordé dans le cadre de la Semaine de l’entrepreneuriat global, qui a lieu chaque année au mois de novembre et qui est marquée dans le monde entier par des centaines d’événements, d’activités et de concours dans environ 180 pays.

Cyber4s a été sélectionné dans la catégorie des compétences individuelles. D’autres programmes qui visent à renforcer l’efficacité de l’armée israélienne dans une grande variété de domaines ont aussi été distingués par le prix.

Les gagnants ont été choisis par une commission formée de représentants de l’état-major, avec à leur tête le général de brigade Eran Niv, qui est chef de la Division des méthodes d’innovation et de combat ; avec aussi des officiers de haut rang ayant une expérience et de grandes connaissances en innovation. Dans le jury figuraient également l’administrateur général de Facebook en Israël, Adi Soffer Teeni, la professeure Dafna Schwartz, et la spécialiste des technologies nationales chez Microsoft au sein de l’État juif, Tomer Simon.

Scale-Up Velocity est une firme qui a été fondée par Start-Up Nation Central, une organisation à but non lucratif indépendante qui tente de renforcer l’écosystème de l’innovation israélienne et à le relier aux entreprises et institutions mondiales.

Scale-Up Velocity établit des partenariats avec des compagnies hi-tech, des institutions universitaires et de formation, des agences gouvernementales, et ONG et autres groupes philanthropiques pour mettre en place des programmes et des modèles susceptibles d’améliorer et de renforcer la main-d’œuvre dans le secteur technologique israélien. Les initiatives prises par Scale-Up vont de formations pratiques au codage pour favoriser le recrutement de talents issus de communautés encore sous-utilisées dans l’industrie technologique, à la préparation de recommandations politiques en direction des agences gouvernementales et des décisionnaires qui cherchent à trouver une solution à la pénurie de ressources humaines dans le secteur technologique israélien.

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