Les symboles nazis à leur sommet pendant un évènement de la droite alternative à Washington
Rechercher

Les symboles nazis à leur sommet pendant un évènement de la droite alternative à Washington

Au rassemblement du National Policy Institute, les suprématistes blancs font des saluts nazis, “heil” la victoire de Trump, une “victoire de la volonté”

Richard Spencer, suprématiste blanc qui dirige un think-tank à Washington, le National Policy Institute. (Crédit : capture d'écran YouTube via JTA)
Richard Spencer, suprématiste blanc qui dirige un think-tank à Washington, le National Policy Institute. (Crédit : capture d'écran YouTube via JTA)

Pendant un évènement organisé samedi soir par le think-tank de la droite alternative National Policy Institute, le public aurait scandé des slogans et des propagandes nazis, criant « Heil au peuple ! Heil à la victoire », et aurait tendu le bras pour faire un salut nazi, présentant les opinions extrémistes du groupe nationaliste blanc qui a été enhardi par la campagne électorale du président américain élu, Donald Trump.

Des orateurs ont cité la propagande nazie en allemand dans le texte, et décrit la victoire électorale de Trump comme « la victoire de la volonté », en référence au « Triomphe de la volonté », un célèbre film de propagande nazie qui a défendu l’arrivée au pouvoir d’Hitler et des nazis dans l’Allemagne des années 1930, a annoncé le New York Times.

Les personnes présentes ont également parlé des médias comme de la « Lügenpresse », un terme utilisé par les nazis qui se traduit par « presse menteuse ».

Richard Spencer, qui dirige le National Policy Institute, et a été décrit comme un prédécesseur de la droite alternative, a sous-entendu que l’opposition de la presse à Trump dérivait d’un désir de protéger les intérêts juifs.

Spencer, qui affirme avoir inventé le terme droite alternative, a déclaré que l’identité blanche était la force motrice du mouvement, et que depuis l’ascension fulgurante de Trump, les blancs avaient été « éveillés à leur propre identité ».

Appelant les blancs les « enfants du soleil », Spencer a déclaré que « l’Amérique était, jusqu’à la dernière génération, un pays blanc conçu pour nous et notre postérité ». Il a ajouté que « c’est notre création, c’est notre héritage, et elle nous appartient. »

La police interrompt des affrontements entre manifestants et activistes de la droite alternative devant la conférence organisée par le National Policy Institute à Washington, D.C., le 19 novembre 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)
La police interrompt des affrontements entre manifestants et activistes de la droite alternative devant la conférence organisée par le National Policy Institute à Washington, D.C., le 19 novembre 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Depuis l’élection de Trump, beaucoup d’articles ont été écrits sur le rôle de sa campagne dans la montée de la droite alternative, un regroupement flou de nationalistes d’extrême-droite qui adoptent une position très dure sur l’immigration et ce qu’ils perçoivent comme la dégradation culturelle des Etats-Unis.

Spencer a précisé qu’à ses yeux, la droite alternative n’était en aucun cas un simple mouvement nationaliste, mais un mouvement basé sur une doctrine de suprématie blanche et de haine envers les juifs et les individus qui ne sont pas blancs.

La semaine dernière, le compte Twitter de Spencer a été suspendu pour avoir violé les interdictions de « menaces violentes, harcèlement, et comportement haineux », ce qui l’a entraîné à attaquer violemment ce qu’il a appelé le « stalinisme d’entreprise » et à déclarer qu’une « grande purge était en cours », selon l’AFP.

La majorité de la récente attention portée à la droite alternative découle de la nomination par Trump de Stephen Bannon, conseiller de sa campagne et jusqu’à récemment président et directeur exécutif du site Breitbart News, au poste de stratège en chef de la Maison Blanche.

Bannon a déclaré cette année que Breitbart était « la plate-forme de la droite alternative ».

Dans un entretien publié samedi par le Wall Street Journal, Bannon a déclaré que « notre définition de la droite alternative, ce sont de jeunes gens qui sont anti-mondialistes, très nationalistes, terriblement opposés à l’establishment. »

Il a ajouté que bien qu’il y ait « certains sous-entendus racistes et antisémites » dans la droite alternative, il condamnait fortement ces opinions et qu’ils étaient « une partie minuscule » du lectorat de Breitbart.

La directrice de campagne du président américain élu Donald Trump, Kellyanne Conway, et Stephen Bannon, nommé stratège en chef de la Maison Blanche, le soir de l'élection à New  York, dans la nuit du 8 au 9 novembre 2016. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)
La directrice de campagne du président américain élu Donald Trump, Kellyanne Conway, et Stephen Bannon, nommé stratège en chef de la Maison Blanche, le soir de l’élection à New York, dans la nuit du 8 au 9 novembre 2016. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)

Même si certains au sein du National Policy Institute ont rendu hommage à Bannon, une des personnes présentes a déclaré que « Trump et Bannon n’appartiennent pas à la droite alternative », puisqu’ils ont simplement utilisé les sujets d’immigration et de politiquement correct pour rallier les électeurs blancs, sans être de vrais croyants.

Dans un portrait de Spencer publié par Mother Jones peu avant l’élection, il a déclaré que Bannon et les lecteurs de Breitbart News étaient « légèrement alternatifs », disant que leur agenda était de promouvoir les « valeurs occidentales » plutôt que la suprématie blanche.

Avec la victoire électorale de Trump, Spencer a déclaré que « les gens devront nous reconnaitre » et que « les politiques identitaires blanches sont inévitables. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...