L’Ethiopie, fière de sa longue histoire plurielle
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L’Ethiopie, fière de sa longue histoire plurielle

Deuxième pays le plus peuplé d'Afrique, avec de nombreux groupes ethniques, l'Ethiopie fait partie des plus vieilles nations au monde et a longtemps dominé la Corne de l'Afrique

Des partisans du parti d'opposition Citoyens éthiopiens pour la justice sociale (EZEMA) participent à un rassemblement électoral sur la place Maskel à Addis-Abeba, le 16 juin 2021, cinq jours avant les élections législatives et régionales. (Crédit : Yasuyoshi CHIBA / AFP)
Des partisans du parti d'opposition Citoyens éthiopiens pour la justice sociale (EZEMA) participent à un rassemblement électoral sur la place Maskel à Addis-Abeba, le 16 juin 2021, cinq jours avant les élections législatives et régionales. (Crédit : Yasuyoshi CHIBA / AFP)

Deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, avec 110 millions d’habitants répartis en plusieurs dizaines de groupes ethniques, l’Ethiopie compte parmi les plus vieilles nations au monde et a dominé la Corne de l’Afrique pendant des siècles.

Voici cinq choses à savoir sur ce pays qui tiendra ses élections nationales le 21 juin :

Pays millénaire

Les Axoumites – peuplant l’actuelle Ethiopie ainsi que l’Erythrée – étaient considérés au premier siècle de notre ère comme l’une des grandes civilisations de l’Antiquité.

Puissant et prospère, le royaume commerçait avec l’Europe et l’Asie, tout en conquérant des terres en Afrique et en Arabie.

Les Axoumites se sont convertis au christianisme au début du IVe siècle, avant même la majorité de l’Europe, et ont créé leur propre alphabet. Des siècles plus tard, cette écriture est toujours lue par les prêtres orthodoxes éthiopiens.

Le patrimoine naturel de l’Ethiopie remonte lui plus loin encore.

Les ossements de Lucy, la célèbre Australopithèque qui vivait il y a quelque 3,2 millions d’années, ainsi que certains des plus vieux outils connus, y ont été découverts.

Manuscrit d’une Bible éthiopienne datant d’environ le 15e siècle. (Collection Faitlovitch à TAU)

Farouchement indépendante

Les Ethiopiens s’enorgueillissent de n’avoir jamais été colonisés, ayant repoussé les envahisseurs à l’époque où l’Afrique subissait le joug colonial.

Une tentative d’invasion italienne fut repoussée à la fin du 19e siècle et les troupes de Mussolini, qui parvinrent à occuper le pays en 1936, ont été forcées d’en partir cinq ans plus tard par les forces éthiopiennes.

Entre la fin du 13e siècle et l’année 1974 – soit 700 ans – l’Ethiopie a été gouvernée par une dynastie qui se targuait de descendre du roi Salomon et de la reine de Saba.

Haïlé Sélassié Ier à son bureau du palais de Le’ul Guenet, dans les années 1940. (Domaine public)

Le dernier empereur, Haïlé Sélassié, fut renversé par le régime communiste du Derg. Figure clé de la modernisation de l’Ethiopie, le souverain était également considéré comme un messie par les Rastafaris de la très lointaine Jamaïque.

L’esprit d’indépendance de l’Ethiopie s’exprime de mille manières. Les Ethiopiens ont leur propre calendrier, qui comporte 13 mois et sont actuellement en 2014.

L’Ethiopie a été le premier État africain admis à la Société des nations (SDN) puis aux Nations unies. Sa capitale Addis Abeba abrite le siège de l’Union africaine (UA).

Un homme tient un drapeau national alors qu’il attend dans les tribunes pour donner son sang lors d’une collecte de sang en soutien aux militaires du pays, dans un stade de la capitale Addis-Abeba, en Ethiopie, le 12 novembre 2020. (Crédit : AP Photo/Mulugeta Ayene)

Plurielle et pieuse

L’Ethiopie compte dix régions administratives, découpées en fonction de critères ethniques et linguistiques. Malgré des territoires et des populations très variables, toutes bénéficient d’une autonomie vis-à-vis d’Addis Abeba, siège du gouvernement fédéral.

Les Oromo, dont est issu le Premier ministre Abiy Ahmed, forment le premier groupe ethnique en nombre. Les Amhara viennent ensuite, avant d’autres groupes comme les Tigréens ou les Somali.

En 2019, les Sidama ont voté pour la création de la 10e région éthiopienne, ravivant le désir d’autonomie d’autres groupes minoritaires, surtout dans le Sud.

L’Ethiopie est principalement chrétienne, et plus particulièrement orthodoxe, mais environ un tiers du pays est musulman. On y trouve également une petite communauté juive, bien qu’une majorité ait migré en Israël dans les années 1980 et 1990, lors d’exfiltrations parfois rocambolesques.

Des Juifs éthiopiens arrivent à l’aéroport Ben Gurion le 16 novembre 2017 pour commencer une nouvelle vie en tant qu’Israéliens. (Crédit : The Struggle for the Aliyah of Ethiopian Jewry organization)

Economie émergente

L’Ethiopie affiche l’une des croissances économiques les plus rapides d’Afrique malgré d’importants défis structurels comme le remboursement de sa dette. Elle espère atteindre le statut de pays à revenu intermédiaire bas en 2025.

La majorité de la population travaille dans l’agriculture et environ un tiers des Ethiopiens vivent dans la pauvreté. La faim reste une menace constante dans ce pays qui a connu des famines.

Ces dernières années, le gouvernement a engagé un processus de modernisation de l’économie, promettant d’ouvrir le capital de grandes sociétés publiques comme Ethiopian Airlines, la plus grande compagnie aérienne d’Afrique.

L’Ethiopie est un pays enclavé depuis qu’il a perdu son accès à la mer lors de l’indépendance en 1993 de l’Erythrée, baignée par la mer Rouge.

Tensions régionales

L’Ethiopie a construit un gigantesque barrage électrique de 4,6 milliards de dollars sur le Nil Bleu, considéré par Addis Abeba comme un jalon essentiel de son développement.

Mais le Soudan et l’Egypte, tous deux en aval de cet ouvrage, s’opposent fermement à ce Grand barrage de la Renaissance, estimant qu’il va réduire leur accès crucial aux eaux du Nil.

Sur cette photo du 26 décembre 2019, une vue globale du Grand barrage de la Renaissance (GERD), à proximité de Guba en Ethiopie. (Crédit : EDUARDO SOTERAS / AFP)

Une autre source de tensions couve à la frontière entre l’Ethiopie et le Soudan, où des violences ont provoqué la mort de plusieurs centaines de personnes dans une zone aux terres fertiles, revendiquée par les deux pays.

Enfin, à l’occasion de la guerre au Tigré, dans le Nord de l’Ethiopie, depuis novembre, des troupes venues d’Erythrée ont rejoint l’armée fédérale et sont soupçonnées d’y avoir commis des atrocités.

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