L’extrême droite allemande menacée d’un placement « sous surveillance »
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L’extrême droite allemande menacée d’un placement « sous surveillance »

Les services allemands vont tenter d'établir les liens éventuels de membres du parti, représenté au Bundestag depuis 2017, avec l'extrême droite radicale et les milieux néo-nazis

Logo pour Alternative pour l’Allemagne (AfD) (Crédit : Wikimedia commons)
Logo pour Alternative pour l’Allemagne (AfD) (Crédit : Wikimedia commons)

Les services de renseignements allemands ont mis en garde mardi le parti d’extrême droite AfD contre un placement « sous surveillance » du fait notamment des discours extrémistes de certains de ses membres.

L’Office fédéral pour la protection de la Constitution n’a pas officiellement « placé sous surveillance » l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), se contentant à ce stade d’en faire un « cas test », au terme d’un examen de plusieurs mois des discours et publications du parti fondé en 2013, a-t-on appris mardi de source gouvernementale.

Mais les services allemands vont poursuivre leur enquête pour tenter d’établir les liens éventuels de membres du parti, représenté au Bundestag depuis 2017, avec l’extrême droite radicale et les milieux néo-nazis.

Un placement officiel sous surveillance pourrait être décidé ultérieurement.

Des organisations de jeunesse de ce parti d’extrême droite, comme « Les Ailes » ou la « Jeune alternative », sont elles l’objet d’une surveillance renforcée, le stade au-dessus de la surveillance visant l’AfD.

Un dirigeant des « Ailes » avait notamment jugé en 2017 que le Mémorial de la Shoah à Berlin était un « mémorial de la honte ». La « Jeune alternative » est elle soupçonnée d’entretenir des liens avec l’extrême droite identitaire.

Un éventuel placement officiel « sous surveillance » donnerait des pouvoirs accrus aux services de renseignements intérieurs, notamment la possibilité d’espionner les télécommunications des membres de ces organisations, de stocker des données personnelles, ou de recruter des informateurs et d’utiliser des agents infiltrés.

L’AfD est depuis septembre 2017 le principal parti d’opposition national en Allemagne à la chambre des députés, face au gouvernement de la chancelière Angela Merkel constitué des conservateurs et des sociaux-démocrates.

Il est crédité actuellement d’un peu moins de 15 % des intentions de vote.

L’AfD espère augmenter encore son audience cette année lors des élections européennes de mai, puis dans des élections régionales, en particulier dans trois Länder d’ex-Allemagne de l’Est.

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