L’Hitler Birman, au centre du dernier documentaire de Barbet Schroeder
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L’Hitler Birman, au centre du dernier documentaire de Barbet Schroeder

Présenté au dernier festival de Cannes, le dernier volet de la trilogie du mal du réalisateur suisse raconte en forme de thriller le rôle du prêcheur Wirathu dans l'extermination des Rohingyas

Le moine bouddhiste Wirathu, qui appelle à l'extermination des Rohingyas, la minorité musulmane de Birmanie. (Crédit : capture d'écran Youtube/AFP)
Le moine bouddhiste Wirathu, qui appelle à l'extermination des Rohingyas, la minorité musulmane de Birmanie. (Crédit : capture d'écran Youtube/AFP)

L’ancien assistant de Jean-Luc Godard, devenu acteur, producteur, et réalisateur de films, conclut sa trilogie du mal, avec « Le Vénérable W », l’histoire du moine bouddhiste Wirathu, condamné et surveillé de près par le pouvoir birman. Après l’avocat Jacques Vergès et le dictateur Amin Dada, Barbet Schroeder s’est intéressée à ce prêcheur aux diatribes appelant a l’extermination des musulmans de Birmanie.

Dans « Le vénérable W », le réalisateur suisse s’est penché sur le rôle du bouddhisme dans l’extermination des Rohingyas, le nom de cette minorité musulmane du pays, qui représente 4 % de la population.

« L’université Yale a publié un rapport détaillé, parlant de ‘génocide’ à l’égard de cette minorité, promise à une mort lente, affamée dans des camps, privée de papiers et de soins », rapporte le JDD a l’occasion de la sortie du film.

« J’ai fait une enquête sous forme de thriller pour découvrir qui était ce monsieur. Il a découvert très tôt le racisme, explique le réalisateur. C’est une haine profondément enfouie, froide et assez commune dans le pays. Le racisme anti-musulman n’est pas minoritaire. C’est quelque chose d’assez répandue », explique le réalisateur à RTL.

Comment une telle violence peut-elle prendre racine dans une religion prônant la paix comme vertu cardinale ? « Dans toutes les religions, il y a la place pour la haine, qui est aussi un phénomène humain », explique le Suisse, lui-même bouddhiste.

Autre question de taille : pourquoi ces massacres, qui ont fait des centaines de morts, n’ont-ils pas suscité de réaction de la part de la présidente Aung San Suu Kyi, ex-opposante a la junte militaire assignée a résidence, inspirée de Gandhi et prix Nobel de la paix en 1991 ? « Je crois que cela les arrange. Je crois qu’ils aiment bien regrouper le pays autour de la religion majoritaire », estime-t-il.

Le JDD raconte en une anecdote l’attitude ambiguë, voire la tolérance, du pouvoir birman qui a interdit de prêche Wirathu. « Il apparaît en public un ruban adhésif sur la bouche. Mais avec un magnétophone à côté de lui qui diffuse en boucle sa propagande. »

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