Liban : Deux partis alliés du Hezbollah fustigent les sanctions américaines
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Liban : Deux partis alliés du Hezbollah fustigent les sanctions américaines

Mardi, le Trésor américain a annoncé des sanctions contre Youssef Fenianos, ancien ministre des Transports, et contre Ali Hassan Khalil, ancien ministre des Finances

Une photo composite montre le ministre libanais des Travaux publics et des Transports Youssef Fenianos entrant au parlement à Beyrouth, au Liban, le 23 mai 2018, à gauche ; et l'ancien ministre libanais des Finances Ali Hassan Khalil arrivant au parlement, à Beyrouth, au Liban, le 16 juillet 2019. (Photo AP / Hussein Malla)
Une photo composite montre le ministre libanais des Travaux publics et des Transports Youssef Fenianos entrant au parlement à Beyrouth, au Liban, le 23 mai 2018, à gauche ; et l'ancien ministre libanais des Finances Ali Hassan Khalil arrivant au parlement, à Beyrouth, au Liban, le 16 juillet 2019. (Photo AP / Hussein Malla)

Deux partis libanais alliés du mouvement terroriste chiite du Hezbollah ont dénoncé mercredi les sanctions américaines imposées à deux de leurs cadres, accusés de corruption et de soutien à ce mouvement classé organisation « terroriste » par les Etats-Unis.

Mardi, le Trésor américain a annoncé des sanctions contre Youssef Fenianos, du parti Marada et ministre des Transports de 2016 à janvier 2020, et contre Ali Hassan Khalil, un pilier du parti Amal et ministre des Finances de 2014 à janvier 2020.

Les deux principaux partis chiites au Liban Amal et Hezbollah jouissent d’une forte popularité au sein de la communauté chiite. Mais leurs dirigeants respectifs, l’indéboulonnable chef du Parlement Nabih Berri, et Hassan Nasrallah, deux poids lourds de la politique libanaise, sont très critiqués par un mouvement de contestation anti-pouvoir qui réclame depuis des mois le départ de l’ensemble de la classe politique quasi inchangée depuis des décennies et accusée de corruption et d’incompétence.

Outre une crise économique d’une gravité sans précédent, des restrictions bancaires inédites et une quasi absence des services de base, une explosion dévastatrice le 4 août au port de Beyrouth (191 morts, 6 500 blessés et sept disparus) a exacerbé la colère d’une grande partie de la population pour qui ce drame constitue une nouvelle preuve de l’incurie de la classe dirigeante.

Les sanctions américaines « ne visent pas seulement un individu (…) elles visent en réalité le Liban, sa souveraineté, mais aussi la ligne politique à laquelle appartient » Ali Hassan Khalil, a fustigé le parti Amal dans un communiqué.

Le Hezbollah, protégé de l’Iran, pays ennemi des Etats-Unis, est visé depuis des années par des sanctions américaines. C’est la seule faction libanaise à ne pas avoir abandonné son arsenal militaire au sortir de la guerre civile (1975-1990).

Le parti Marada du chef politique chrétien Sleimane Frangieh, a dénoncé dans un communiqué une décision américaine destinée à « punir » M. Fenianos pour ses « positions et convictions ». « Nous n’avons et nous n’aurons jamais honte de nos positions, au contraire nous en sommes fiers. »

M. Khalil est accusé par le Trésor américain d’avoir œuvré pour des transferts d’argent depuis des ministères vers des institutions associées au Hezbollah, de manière à contourner les sanctions américaines. 

Quant à M. Fenianos, il est accusé par le Trésor américain d’avoir reçu « des centaines de milliers de dollars » du Hezbollah en contrepartie de faveurs politiques et d’avoir fourni à ce même mouvement des documents sensibles sur le tribunal spécial de l’ONU qui a déclaré l’un des membres du Hezbollah coupable de l’assassinat en 2005 de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri.

Pour les deux ex-ministres, les sanctions signifient que leurs éventuels avoirs aux Etats-Unis seront gelés et l’accès au système financier américain leur est bloqué.

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