Liban: le budget d’austérité critiqué par le chef de l’armée
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Liban: le budget d’austérité critiqué par le chef de l’armée

Le Liban s'était engagé à adopter des réformes structurelles et à réduire son déficit budgétaire lors d'une conférence internationale parrainée en avril 2018 par Paris

Le drapeau libanais (Crédit : Flicker / CC BY 2.0 / Eusèbe @Commons)
Le drapeau libanais (Crédit : Flicker / CC BY 2.0 / Eusèbe @Commons)

Le chef de l’armée libanaise a critiqué samedi certaines dispositions prévues par le budget d’austérité du gouvernement, pointant un gel des recrutements qui concerne son institution.

Cette prise de position publique du chef de l’armée, le général Joseph Aoun, est assez rare. Le gouvernement a adopté fin mai un budget d’austérité pour l’année 2019, qui devra encore être ratifié par le Parlement, et pourrait connaître certains amendements.

Une source gouvernementale a confirmé à l’AFP que ce budget prévoit notamment un gel du recrutement au sein de l’armée pour une durée de trois ans.

« Ce que le budget a prévu sur l’interdiction d’enrôler des soldats ou des élèves officiers, et l’interdiction de licenciement, aura des conséquences négatives sur l’institution militaire », a prévenu le général Aoun dans un communiqué sur le site de l’armée.

Le Liban s’était engagé à adopter des réformes structurelles et à réduire son déficit budgétaire lors d’une conférence internationale parrainée en avril 2018 par Paris (CEDRE), en contrepartie de promesses de prêts et de dons à hauteur de 11,6 milliards de dollars (10,4 milliards d’euros).

« L’armée est la colonne vertébrale du Liban, nous n’exagérons pas en disant qu’il est le garant de sa sécurité et de sa stabilité. Sa mission ne se limite pas aux périodes de guerres et de conflits », a-t-il ajouté.

Pays voisin de la Syrie déchirée depuis 2011 par une guerre, le Liban a souffert des répercussions du conflit, avec des attentats jihadistes à sa frontière et dans sa capitale Beyrouth.

Le Liban est par ailleurs toujours en état de guerre avec Israël et les deux voisins sont en désaccord sur le tracé des frontières maritime et terrestre les séparant.

« Malgré la stabilité sécuritaire dont nous jouissons actuellement, les défis restent importants, que ce soit à nos frontières est, sud ou maritimes », a indiqué le général.

« Nous avons adopté depuis près de deux ans une politique budgétaire réfléchie qui définit les dépenses en fonction des nécessités seulement », a-t-il ajouté. « L’année dernière, nous avons redonné une partie du budget de l’armée aux caisses de l’Etat ».

Le nouveau budget d’austérité du Liban devrait inclure une hausse de la taxe sur l’épargne bancaire de 7 à 10 %, l’instauration d’une taxe de 2% sur les importations, une réduction des salaires des fonctionnaires et le gel des recrutements dans le secteur public.

Les fonctionnaires, notamment des militaires à la retraite craignant de voir leurs pensions réduites, ont régulièrement manifesté ces dernières semaines contre les mesures d’austérité.

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