Liban : Paris appelle le nouveau gouvernement à « agir rapidement »
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Liban : Paris appelle le nouveau gouvernement à « agir rapidement »

La nouvelle équipe a été formée entre le puissant groupe terroriste chiite pro-iranien Hezbollah et le Courant patriotique libre (CPL) du président Michel Aoun

Le nouveau Premier ministre libanais Hassan Diab s'adresse aux journalistes après avoir rencontré le Président libanais Michel Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 19 décembre 2019. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)
Le nouveau Premier ministre libanais Hassan Diab s'adresse aux journalistes après avoir rencontré le Président libanais Michel Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 19 décembre 2019. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)

La France a réitéré son appel mercredi au nouveau gouvernement libanais à « agir rapidement pour répondre aux attentes » de la population, après le vote de confiance du Parlement libanais en sa faveur.

« Il appartient désormais à ce gouvernement d’agir rapidement pour répondre aux attentes économiques, sociales et politiques qu’expriment les Libanais depuis plusieurs mois », a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Le Parlement libanais a accordé mardi sa confiance au nouveau gouvernement composé essentiellement du parti politique du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, honni par la rue, faisant fi de l’opposition de centaines de manifestants qui ont été dispersés par les forces de l’ordre avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau.

Dans un pays au bord de l’effondrement économique, le soulèvement inédit lancé le 17 octobre réclame le départ de toute la classe politique, accusée de corruption et d’incompétence.

Le Premier ministre Hassan Diab a assuré que son gouvernement « adoptait les revendications du soulèvement, qui a provoqué un tremblement de terre dans le pays » et promis un « plan d’urgence » d’ici la fin février.

Un manifestant crie devant des soldats de l’armée lors d’une manifestation contre un vote de confiance pour le nouveau gouvernement lors d’une session du parlement au centre-ville de Beyrouth, Liban, 11 février 2020 (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)

Les contestataires réclamaient un gouvernement de technocrates, totalement indépendants de la classe politique. Or la nouvelle équipe a été formée au terme d’âpres tractations entre les partis qui jouissent de la majorité au Parlement, notamment le puissant groupe terroriste chiite pro-iranien Hezbollah et le Courant patriotique libre (CPL) du président Michel Aoun.

La communauté internationale « attend des réformes profondes et ambitieuses de la part des autorités libanaises, notamment en matière de transparence de l’économie, de soutenabilité économique et financière, de lutte contre la corruption et d’indépendance de la justice », a souligné le ministère français des Affaires étrangères.

Au cours d’une réunion en décembre à Paris, les principaux soutiens internationaux du Liban ont lié toute aide financière à ce pays à la mise en place d’un gouvernement « efficace et crédible », qui engage rapidement ces réformes « d’urgence ».

« La France se tient, comme elle l’a toujours fait, aux côtés des Libanais » et « réitère son attachement à la souveraineté, à la stabilité et à la sécurité du Liban qu’il est essentiel de dissocier des tensions et des crises régionales, a rappelé la porte-parole du quai d’Orsay.

Le Liban croule sous une dette d’environ 92 milliards de dollars, soit plus de 150 % de son produit intérieur brut, l’un des ratios les plus élevés mondialement.

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