L’immunité post-COVID subsiste après atténuation des anticorps, selon une étude
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L’immunité post-COVID subsiste après atténuation des anticorps, selon une étude

Une réponse massive a été constatée chez des un petit groupe de personnes guéries du virus après une première dose de vaccin, dit une équipe de Bar-Ilan

Photo d'illustration : Des anticorps attaquant un virus SARS-COV-2. (Crédit : Dr_Microbe;iStock by Getty Images)
Photo d'illustration : Des anticorps attaquant un virus SARS-COV-2. (Crédit : Dr_Microbe;iStock by Getty Images)

Une étude israélienne qui a prouvé l’existence d’une réponse immunitaire massive chez des patients de la COVID-19 qui ont été vaccinés a fourni « certaines des premières preuves concrètes et réelles » que l’immunité subsiste même après une baisse d’anticorps, a fait savoir jeudi un éminent chercheur.

La majorité des vaccins fonctionnent en « exposant » une première fois une copie du coronavirus au système immunitaire par le biais de la première dose de vaccin, apprenant au corps comment le combattre. La seconde dose introduit un antigène créé pour provoquer une importante réponse des anticorps qui luttent contre le virus, qui se précipite pour protéger le corps. Ces anticorps se multiplient pour être prêts à se battre si le SARS-COV-2 devait réellement faire son apparition.

Les personnes qui ont d’ores et déjà été infectées présentent ces anticorps prêts à lutter contre le virus une fois guéris, mais des tests ont montré que ces anticorps finissaient par s’atténuer – ce qui avait fait naître les craintes d’une éventuelle réinfection possible chez les êtres humains.

Toutefois, les chercheurs du centre médical Ziv à Safed, en Galilée, ont découvert qu’un petit échantillon de personnes ayant guéri du coronavirus qui avaient bénéficié d’une première dose de vaccin ont montré la réponse immunitaire pleine et entière que la majorité des gens n’avaient montrée qu’après avoir reçu la deuxième dose.

Leurs corps ont produit tellement de nouveaux anticorps après la première injection que dans les 21 jours suivants – jusqu’à ce que la seconde injection soit administrée – le niveau d’anticorps détecté chez eux a été dix fois celui des autres personnes vaccinées.

L’épidémiologiste Michael Edelstein. (Avec l’aimable autorisation de Michael Edelstein)

« Cela a été une réponse stimulante contrairement à ce que nous appelons la première réponse – ce qui désigne la réponse du corps à sa toute première rencontre avec l’antigène », a commenté le professeur Michael Edelstein, épidémiologiste à l’université Bar-Ilan à la tête de la recherche.

L’étude menée par l’équipe d’Edelstein a été publiée jeudi dans le journal Eurosurveillance, qui est peer-reviewed. Elle suggère que le système immunitaire se souvient bien du SARS-CoV-2 et qu’il possède un niveau élevé de protection durable.

La nouvelle étude indique que l’hypothèse actuelle qui laisse penser que les patients guéris présentent une immunité d’environ 82 % est valide pendant dix mois au moins, et ce indépendamment des niveaux d’anticorps, a noté Edelstein. La réinfection, si elle attire largement l’attention des médias, est un phénomène rare, a-t-il ajouté.

« Les gens s’inquiètent parce que certains patients qui ont été infectés finissent avec des tests négatifs aux anticorps et que cela peut générer de l’anxiété chez celles et ceux qui craignent une réinfection », a continué Edelstein. « Notre étude souligne une protection continue, que les anticorps soient détectables ou non ».

Des employés du d’United Hatzalah en vêtement de protection testent un patient au coronavirus en Israël, le 10 février 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’étude a examiné les anticorps présents chez 544 membres du personnel soignant de Ziv, avant et immédiatement après avoir reçu le vaccin. Les médecins, contrairement à la population générale, peuvent encore se faire vacciner s’ils ont été infectés et qu’ils ont guéri du coronavirus – ce qui a été le cas de 17 personnes dont le dossier a été étudié. Elles avaient été touchées il y a entre un mois et dix mois.

La majorité des malades guéris – soit onze sur 17 – ne présentaient plus d’anticorps. Ils ont toutefois toutes montré, après administration de la première dose, la réponse immunitaire forte qui apparaît normalement seulement après l’injection de la deuxième.

« Il n’y a pas eu de différence réelle entre la réponse des patients les plus récents et ceux qui avaient été malades il y a quelques mois, ce qui est encourageant pour l’immunité », a établi Edelstein.

Il reste néanmoins difficile de dire si cette apparition puissante d’anticorps a été la même chez des personnes ayant reçu le vaccin après avoir présenté une infection asymptomatique.

Edelstein a déclaré que suite à cette étude modeste, ses conclusions pourraient être examinées à la lumière d’un plus grand nombre de personnes testées. Il a précisé que si ses conclusions se confirmaient, elles pourraient bien avoir un impact sur la politique à mettre en œuvre et rassurer les patients.

Cela peut suggérer qu’en termes de politique de vaccination, les personnes guéries n’ont besoin que d’une seule injection de vaccin ce qui permettrait d’économiser beaucoup d’argent », a-t-il poursuivi.

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