L’Iran a cherché à avoir la bombe avant 2003, pas d’activité suspecte depuis 2009
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L’Iran a cherché à avoir la bombe avant 2003, pas d’activité suspecte depuis 2009

"Ces activités n'ont pas dépassé le stade d'études de faisabilité et scientifiques", affirment les experts de l'AIEA

Des inspecteurs de l'AIEA et des techniciens iraniens à la centrale nucléaire de Natanz, le 20 janvier 2014 
(Crédit : Irna/AFP/Archives Kazem Ghane)
Des inspecteurs de l'AIEA et des techniciens iraniens à la centrale nucléaire de Natanz, le 20 janvier 2014 (Crédit : Irna/AFP/Archives Kazem Ghane)

L’Iran a mené avant 2003 une série de travaux pour se doter de l’arme atomique, mais aucune indication « crédible » ne suggère la poursuite de telles activités depuis 2009, estime l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) au terme d’une enquête de plusieurs années sur le sujet.

« L’Agence estime qu’une série d’activités liées au développement d’un engin explosif nucléaire ont été menées avant fin 2003 dans le cadre d’efforts coordonnés », souligne l’agence dans un rapport dévoilé mercredi à Vienne.

« Ces activités n’ont pas dépassé le stade d’études de faisabilité et scientifiques, et l’acquisition de certaines compétences et capacités techniques », notent les experts de l’AIEA.

Si « certaines » activités suspectes se sont poursuivies après 2003, « l’Agence n’a pas d’information crédible » sur leur poursuite après 2009, est-il encore souligné.

Ce rapport doit être examiné le 15 décembre par les gouverneurs de l’agence, selon une feuille de route adoptée en juillet à Vienne dans le cadre des négociations entre Téhéran et les grandes puissances pour mettre un terme à plus de treize ans de différends concernant le dossier nucléaire iranien.

Il corrobore au moins en partie les soupçons que nourrissait depuis plusieurs années l’AIEA sur des tentatives passées de Téhéran de militariser son programme nucléaire, ce que l’Iran a toujours démenti.

L’Iran a fait savoir mercredi qu’il considère désormais « close » l’enquête de l’Agence internationale de l’énergie atomique sur la « possible dimension militaire » (PMD) de son programme nucléaire, après la publication d’un rapport attendu de l’AIEA.

« Nous pouvons dire que toutes les mesures concernant les questions en suspens ont été totalement réglées, et que la question du PMD est désormais close », a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, à la télévision d’Etat.

Ce rapport « confirme le programme nucléaire pacifique de la République islamique d’Iran. L’agence a exclu toutes les allégations sur l’existence d’un programme nucléaire militaire », a affirmé M. Araghchi mercredi.

« Comme nous l’avons affirmé plusieurs fois, les armes nucléaires n’ont et n’auront aucune place dans la doctrine de défense de l’Iran », a-t-il ajouté.

« Désormais, l’invalidité des précédentes allégations a été prouvée. L’autre camp doit tenir ses engagements, y compris la fermeture du dossier PMD ».

Ali Shamkhani (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Ali Shamkhani (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Fin novembre, un haut responsable iranien, Ali Shamkhani, avait rappelé que la République islamique n’appliquerait pas l’accord nucléaire de Vienne si l’AIEA ne refermait pas ce dossier, dit de la « possible dimension militaire » (PMD) passée du programme nucléaire iranien.

En octobre, les Etats-Unis, fort désireux de voir cet accord entrer en vigueur, avaient fait savoir que les conclusions de l’AIEA sur la PMD n’entraveraient pas la levée des sanctions promise à Téhéran en échange d’une limitation de ses capacités nucléaires.

L’AIEA doit remettre dans les prochaines semaines ou dans les prochains mois un autre rapport, concernant le respect par Téhéran de ses engagements préliminaires à l’application de l’accord nucléaire, conclu le 14 juillet par l’Iran et les grandes puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne).

L’Iran, une puissance pétrolière et gazière dont l’économie est bridée par les sanctions internationales, a indiqué récemment espérer une entrée en vigueur de l’accord début janvier.

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