L’Iran au menu du premier échange – tardif – entre Biden et Netanyahu
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L’Iran au menu du premier échange – tardif – entre Biden et Netanyahu

Le président et le Premier ministre ont parlé de renforcer les liens de défense, de la paix avec les Palestiniens et de la poursuite des accords de normalisation

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu au téléphone avec le président Joe Biden le 17 février 2021. (Crédit : bureau du Premier ministre)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu au téléphone avec le président Joe Biden le 17 février 2021. (Crédit : bureau du Premier ministre)

Un mois après son arrivée au pouvoir, Joe Biden s’est enfin entretenu mercredi avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lors d’un appel téléphonique où l’Iran figurait en bonne place.

Netanyahu a été le douzième dirigeant à recevoir un appel de Biden, mais premier dirigeant du Moyen-Orient. Ces semaines de silence de la part de Biden ont laissé penser que la Maison Blanche snobait son allié, au regard de la relation glaciale qu’entrainaient Netanyahu et l’ancien président démocrate Barack Obama.

Le temps pris par le nouveau président américain pour prendre contact avec « Bibi », qui était particulièrement choyé par Donald Trump, avait suscité une polémique dans la presse israélienne et provoqué de vives critiques de la part de certains ténors républicains.

« La discussion fut chaleureuse, amicale et a duré environ une heure », a souligné de son côté M. Netanyahu sur Twitter, précisant avoir abordé les questions des « accords » de paix au Moyen-Orient, de la « menace iranienne » et de la gestion de la pandémie de Covid-19.

« Bonne conversation », a résumé, laconique, Joe Biden depuis le Bureau ovale.

Selon le compte-rendu de la Maison Blanche, Joe Biden a « affirmé son engagement personnel historique envers la sécurité d’Israël ». Biden a également manifesté son intention de renforcer tous les aspects des relations israélo-américaines, notamment en matière de défense.

Joe Biden a insisté sur le soutien des Etats-Unis à la récente normalisation des relations entre Israël et des pays du monde arabe.

Joe Biden et Benjamin Netanyahu, le 9 mars 2016 à Jérusalem (Crédit : עמוס בן גרשום, לע״מ)

Les Emirats arabes unis ont annoncé l’été dernier la normalisation de leurs relations avec Israël, suivis par la suite par Bahreïn, le Soudan et le Maroc.

Mais des questions subsistent sur la posture qu’adoptera la nouvelle administration : les Etats-Unis vont-ils concrètement pousser d’autres pays de la région à embarquer dans le train de la normalisation ?

L’un des pays-clés, considéré comme un candidat potentiel à la normalisation, est l’Arabie saoudite.

A ce propos l’administration Biden a déjà annoncé son intention de « recalibrer » ses relations avec Ryad et de changer d’interlocuteur pour passer du prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS) au roi Salmane.

L’un des dossiers cruciaux pour l’Arabie saoudite, comme pour Israël, demeure la question de l’influence régionale de l’Iran et de son programme nucléaire.

Le président Biden s’est engagé à revenir dans l’accord, à la condition toutefois que l’Iran renoue d’abord avec ses engagements. Un tel retour serait une « mauvaise chose », a récemment déclaré le chef de l’armée israélienne Aviv Kochavi.

L’Etat hébreu n’a jamais caché son opposition à l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, et avait soutenu la campagne de « pression maximale » contre Téhéran menée par l’administration Trump, qui avait retiré unilatéralement les Etats-Unis de cet accord pour rétablir des sanctions.

Biden a également déclaré qu’il souhaitait s’attaque au programme de balistique de l’Iran et a son hégémonie régional, mais que la priorité portait sur l’accord. L’Iran rejette toute négociation. Israël martèle que ces questions ne peuvent pas attendre et que Washington perdra toute influence sur Téhéran si le retour dans l’accord se fait gratuitement.

La perspective d’un réengagement des États-Unis avec Téhéran a suscité des avertissements et des inquiétudes de la part de Netanyahu et de ses alliés.

Netanyahu, qui a publiquement fait pression contre l’accord de 2015, a averti Biden que ce serait une « erreur » et une « folie » que les États-Unis rejoignent l’accord sur le nucléaire.

Lors d’une interview télévisée lundi, Netanyahu a juré de contrer ceux qui s’opposent à sa position belliciste envers l’Iran lorsqu’on lui a demandé si Biden avait appelé.

Netanyahu et Biden ont également évoqué la pandémie de coronavirus et le président américain a salué le Premier ministre israélien pour les exploits de Jérusalem en matière de vaccination.

Le compte-rendu de la Maison Blanche ne faisait pas mention de la pandémie mais précise que Biden avait « souligné « l’importance de faire progresser la paix à travers la région, y compris entre Israéliens et Palestiniens ». Le compte-rendu du bureau du Premier ministre ne faisait pas mention des Palestiniens.

Netanyahu a déclaré à la Douzième chaîne qu’il entretenait des « liens merveilleux » avec les démocrates du Congrès, après avoir forgé un lien étroit avec Trump et s’être disputé avec Obama sur les termes de l’accord de 2015 limitant le programme nucléaire iranien en échange d’un allègement des sanctions.

Netanyahu a déclaré que les liens avec les législateurs américains étaient « une question de politique » et non d’affiliation partisane.

« Quiconque soutient nos politiques, je suis avec lui. Et quiconque nous met en danger, par exemple [sur les politiques] concernant un Iran nucléaire, qui est une menace existentielle pour nous, alors je m’oppose à cela, et je me fiche que ce soit les démocrates ».

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