L’Iran pourrait réduire les exécutions
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L’Iran pourrait réduire les exécutions

Après 1 000 exécutions en 2015, un projet de loi veut retirer le trafic de drogue des crimes passibles de la peine capitale

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Exécution par pendaison en Iran. Illustration. (Crédit : Arash Khamooshi/ISNA/AFP)
Exécution par pendaison en Iran. Illustration. (Crédit : Arash Khamooshi/ISNA/AFP)

Le Parlement iranien étudie un projet de loi qui réduirait spectaculairement le nombre d’exécutions menées chaque année dans le pays en ne punissant plus le trafic de drogue de la peine capitale.

L’Iran, qui a pendu un millier de personnes en 2015, est deuxième, après la Chine, en nombre d’exécutions annuelles.

Cependant, le projet de loi rencontra probablement une forte opposition des membres conservateurs du système judiciaire, qui s’opposent à tout changement des lois qu’ils pensent alignées sur les valeurs islamiques, a annoncé mardi le New York Times.

Le député réformiste Yahya Kamalpour a expliqué à l’agence de presse semi-officielle ISNA que le projet de loi demandait une approche plus scientifique de la consommation de drogues.

« Nous voulons éliminer la peine de mort pour ces criminels qui agissent par désespoir, a déclaré Kamalpour. Nous avons besoin d’une approche scientifique de ce problème, pas d’une approche émotionnelle. »

Aucun parti n’a la majorité au nouveau Parlement iranien, qui a été installé en août suite aux élections de mai, et est considéré comme moins conservateur que son prédécesseur.

Même si le Parlement vote le projet de loi, il devrait encore être confirmé par le Conseil des gardiens, qui compte 12 membres, et est dominé par des partisans d’une ligne dure. Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a le contrôle ultime sur l’acceptation ou le rejet d’un projet de loi, mais ses opinions sur le sujet ne sont pas claires.

Les trafiquants de drogue représentent la majorité des exécutés, selon l’article. En Iran, où il existe un important problème de vente et d’usage de drogues, la possession de seulement 30 grammes d’héroïne est passible de la peine de mort.

Alors que les médias locaux ont annoncé que le pays avait exécuté 950 personnes en 2015, les Nations unies estiment ce chiffre à 1 000, et les organisations de défense des droits de l’Homme à 1 500 peines de mort mises en œuvre.

Le responsable du système judiciaire, Sadegh Larijani, a rejeté la possibilité d’un changement de la loi.

Il a déclaré à l’agence de presse semi-officielle Fars la semaine dernière que « si le système judiciaire n’avait pas pris une position dure, la situation aurait été très mauvaise, et les drogues auraient été disponibles même dans les magasins de médecine traditionnelle. »

Selon le Times, les pendaisons en public ne sont plus aussi fréquentes en Iran qu’elles ne l’ont été dans le passé, et n’attirent en général pas un grand public.

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