L’Iran se moque de Netanyahu qui affirme que des Israéliens opèrent dans le pays
Selon un responsable, les "propos délirants" du Premier ministre sont dues à la pression suite à l'arrestation d'un ancien ministre israélien pour espionnage au profit de Téhéran

Un agent des services de renseignement iraniens a rejeté jeudi les allégations du Premier ministre Benjamin Netanyahu selon lesquelles des espions israéliens se rendent régulièrement dans le pays pour surveiller son programme nucléaire, et a affirmé que les agents de Téhéran avaient largement infiltré les propres services de renseignements de l’État juif.
Le directeur général du contre-espionnage du ministère iranien du Renseignement a déclaré à l’agence de presse semi-officielle ISNA [Iranian Students’ News Agency] que Netanyahu avait tenu des « propos délirants » pour sauver la face suite à l’arrestation d’un ancien ministre israélien soupçonné d’espionnage pour l’Iran.
Netanyahu, a déclaré le responsable, « subit la pression interne et étrangère la plus intense en raison de fuites concernant un ministre israélien espionnant pour l’Iran ainsi que de l’infiltration massive des services de renseignement du régime sioniste par ceux de la République islamique d’Iran ».
Le responsable faisait apparemment référence à Gonen Segev, un ancien ministre de l’Energie et de l’Infrastructure qui a été arrêté en mai et extradé de Guinée équatoriale vers Israël parce qu’il était soupçonné d’avoir fourni à l’Iran des informations, notamment sur les infrastructures énergétiques.
Au cours des six dernières années, il aurait rencontré à plusieurs reprises des agents des services de renseignements iraniens et leur aurait fourni des informations. Segev nie avoir travaillé contre les intérêts d’Israël.

En août, le ministre iranien du Renseignement, Mahmoud Alavi, a déclaré à l’ISNA : « Vous avez appris récemment que nous avons placé sous notre contrôle un membre du cabinet d’un pays puissant ». Bien qu’il n’a pas précisé de quel pays il s’agissait, ses propos ont été considérés comme un premier aveu de liens avec Segev.
Le responsable iranien a affirmé jeudi que Netanyahu avait ordonné au service de sécurité du Shin Bet de procéder à un examen de tous les responsables politiques, parlementaires et du renseignement qui auraient eu un contact avec les services secrets iraniens.
« Cet ordre est révélateur des réalités qui se passent de commentaires », a déclaré le responsable.
Dimanche, Netanyahu a déclaré à un groupe de diplomates que des agents israéliens continuent d’opérer en Iran dans le cadre des efforts déployés par Israël pour contrecarrer les ambitions nucléaires de la république islamique.
« Nous luttons dans le monde entier à propos du programme nucléaire iranien », a-t-il déclaré depuis le siège du ministère des Affaires étrangères à Jérusalem.
« Nous nous y rendons régulièrement… pour ‘prendre des nouvelles' », a ajouté Netanyahu sans rentrer dans les détails.

Netanyahu continue de manifester son opposition à l’accord sur le nucléaire conclu entre l’Iran et les puissances occidentales en 2015, qui avait levé des sanctions économiques lourdes en échange de limitations par l’Iran sur son programme nucléaire.
Israël avait admis avoir mené des opérations d’infiltration en Iran pour contrecarrer son programme nucléaire et saboter l’accord.
En avril, Israël avait annoncé avoir extrait d’Iran plus de 100 000 documents des archives de Téhéran qui détaillaient le programme nucléaire du pays.
Netanyahu avait déclaré à l’époque que le butin prouvait que les dirigeants iraniens avaient caché leur programme d’armement nucléaire avant de signer l’accord sur le nucléaire. L’Iran n’a jamais reconnu cette opération.
En septembre, lors de son discours à l’Assemblée générale de l’ONU, Netanyahu avait révélé un « entrepôt atomique secret » aux abords de Téhéran qui contenait des matières nucléaires que l’Iran n’avait pas le droit de posséder sans en notifier l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Les archives, et cet entrepôt, avait-il dit à l’ONU, prouvaient que l’Iran n’avait pas renoncé à son programme nucléaire.
L’affaire d’espionnage de Segev est en cours.