Litzman estime que Netanyahu veut aller aux urnes
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Litzman estime que Netanyahu veut aller aux urnes

Le chef du parti YaHadout HaTorah reproche au Premier ministre de ne pas faire d'efforts pour résoudre la crise de la coalition

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite), s'entretient avec Yaakov Litzman, alors ministre de la Santé, du parti Yahadut HaTorah, (à gauche), à la Knesset le 28 mars 2016. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite), s'entretient avec Yaakov Litzman, alors ministre de la Santé, du parti Yahadut HaTorah, (à gauche), à la Knesset le 28 mars 2016. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les discussions sur la possibilité de convoquer des élections anticipées en raison d’une crise gouvernementale se sont intensifiées mardi, quand un partenaire clé de la coalition a affirmé que le Premier ministre Benjamin Netanyahu était désireux d’aller aux urnes, et Netanyahu transmettant un message selon lequel, en l’absence d’un accord à long-terme pour stabiliser sa coalition, le gouvernement s’effondrerait effectivement.

Des sources proches du président du parti ultra-orthodoxe YaHadout HaTorah, Yaakov Litzman, auraient déclaré que le vice-ministre de la Santé ne veut pas d’élections et qu’il aurait accusé Netanyahu d’avoir conduit la coalition à un point de rupture.

« Litzman veut trouver un accord, mais personne ne fait rien pour y parvenir », a déclaré une source citée par de nombreux organes d’information en hébreu. « Si aucune solution n’est trouvée à la loi sur la conscription militaire, alors il y aura des élections anticipées. »

YaHadout HaTorah a menacé de voter contre le budget de l’Etat de 2019 à moins que la nouvelle législation ne soit approuvée, exemptant les membres de la communauté ultra-orthodoxe du service militaire, sur décision de l’autorité rabbinique du parti qui est responsable de la plupart de ses décisions, le Conseil des Sages de la Torah.

Le ministre des Finances Moshe Kahlon (à gauche) s’entretient avec le ministre de la Défense Avigdor Liberman (à droite) lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 20 novembre 2016. (Emil Salman/Pool)

Le ministre des Finances Moshe Kahlon a menacé de démissionner si le budget n’est pas adopté avant les congés de Pessah à la mi-mars, et le ministre de la Défense Avigdor Liberman a également insisté pour que son parti ne se plie pas aux exigences des partis ultra-orthodoxes.

« Il n’y a pas de coordination avec Netanyahu en ce qui concerne les élections. Litzman a estimé mardi que le Premier ministre veut des élections, vu qu’il ne fait pas assez d’efforts pour mettre fin à la crise et que le Likud ne présente pas de plan de compromis », ont ajouté les sources.

« Litzman ne veut pas d’élections, mais n’hésitera pas à aller aux urnes si une loi de conscription amendée n’est pas adoptée avant l’approbation du budget, conformément aux ordres du Conseil des Sages de la Torah. »

« J’estime que Netanyahu veut des élections », aurait Litzman lors de réunions à huis clos, selon le nouveau site de Walla.

« Sinon, je ne peux pas expliquer qu’il n’intervienne pas véritablement et que son équipe, comme [le ministre du Tourisme et l’allié de Netanyahu] Yariv Levin, ne nous présente pas de propositions de sortie de crise. »

Netanyahu est actuellement aux Etats-Unis pour la conférence politique du lobby pro-israélien AIPAC, mais la semaine dernière il a chargé Levin de trouver une solution à la crise.

Outre l’impasse dans laquelle se trouve le projet de loi d’exemption, il y a également des spéculations croissantes sur le fait que Netanyahu pourrait chercher à renouveler son mandat avant une éventuelle inculpation pour corruption. Le Premier ministre fait l’objet d’une enquête dans un certain nombre d’affaires de présomption de corruption.

Mardi, des sources gouvernementales de haut niveau proches du Premier ministre ont déclaré qu’il n’était pas intéressé par une solution provisoire à court terme et qu’il pourrait demander la tenue d’un vote anticipé si une solution à long-terme n’était pas trouvée.

« L’objectif de Netanyahu pour le moment est un gouvernement qui va jusqu’au bout de son mandat », a déclaré une source aux médias israéliens. Il n’y a pas de raison que le gouvernement tombe en mai. Par conséquent, sans un accord qui garantisse la longévité du gouvernement, il n’y aura pas d’autre choix que d’aller aux urnes. »

Les élections sont actuellement prévues pour novembre 2019, mais pourraient avoir lieu dès juin si le gouvernement venait à tomber à cause de la crise.

Le ministre de la Santé, Yaakov Litzman, arrive à la conférence gouvernementale hebdomadaire au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 15 octobre 2017. (Alex Kolomoisky/POOL)

La source a déclaré que le Premier ministre ne voit que deux options : « Un accord qui garantit que le gouvernement reste intact jusqu’à la fin ou… de déclencher des élections. Il n’y a pas de troisième option. »

« Nous attendons tous le retour du Premier ministre », aurait déclaré un collaborateur de Netanyahu, selon le nouveau site d’information Walla. En attendant, Liberman ne s’engagera même pas à rester dans le gouvernement si la loi de [conscription] est adoptée, et Kahlon refusera de voter la loi sans Liberman. Litzman insiste pour que la loi soit adoptée en trois lectures avant d’approuver le budget. Dans cette situation, on ne trouvera pas de compromis. »

Plus tôt mardi, les députés de YaHadout HaTorah Moshe Gafni, Yaakov Asher et Uri Maklev ont déclaré qu’ils rencontreraient les autorités rabbiniques du parti pour prendre une décision sur une solution possible à la crise. Leur principale question serait de savoir s’il faut accepter de n’adopter la loi qu’en lecture préliminaire avant de voter en faveur du budget de l’État.

Il s’agit de la forme que prendra le nouveau projet de loi militaire, après que la Cour suprême a rejeté en septembre une loi exemptant du service militaire les hommes ultra-orthodoxes engagés dans des études religieuses, au motif qu’elle portait atteinte au principe de l’égalité devant la loi.

Le gouvernement a jusqu’en septembre pour légiférer à nouveau sur le projet de loi ultra-orthodoxe, les députés haredi défendant deux projets de loi parallèles qui forceraient l’État à reconnaître l’étude à plein temps de la Torah comme une forme de service, et le ministère de la Défense élaborant sa propre version de la loi.

Le Times of Israel a contribué à cet article.

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