Loi sur le Shabbat : La coalition en lutte pour rassembler la majorité
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Loi sur le Shabbat : La coalition en lutte pour rassembler la majorité

David Amsalem n'est pas parvenu à persuader les partis ultra-orthodoxes d'exclure les kiosques de la législation de fermeture des magasins de proximité durant Shabbat

Photo d'illustration : Un magasin 'City Market' dans la cité du cinéma de Jérusalem, le 31 janvier 2017 (Crédit : Sebi Berens/Flash90)
Photo d'illustration : Un magasin 'City Market' dans la cité du cinéma de Jérusalem, le 31 janvier 2017 (Crédit : Sebi Berens/Flash90)

Le chef de la coalition David Amsalem rencontrait encore dans la journée de dimanche des difficultés pour rassembler une majorité autour d’un projet de loi qui déterminerait la fermeture des magasins de proximité le samedi, selon la radio israélienne.

Dans un contexte d’opposition croissante autour de la législation proposée, qui doit être votée une dernière fois dans la matinée de lundi, Amsalem a tenté de convaincre les députés ultra-orthodoxes d’exclure les kiosques de la proposition et de leur permettre de rester ouverts lors du Shabbat.

Amsalem a indiqué qu’il pourrait garantir une majorité si les partis ultra-orthodoxes acceptaient d’exempter les kiosques de ce projet de loi. Les députés auraient refusé, disant qu’ils se tourneraient vers leurs rabbins pour prendre une décision finale.

Lors d’un entretien accordé à la Dixième chaîne, le chef de l’opposition Yoel Hasson a indiqué que – en plus de l’opposition du parti Yisrael Beytenu, qui appartient à la coalition – il se trouvait en contact avec d’autres membres de la coalition qui s’abstiendront d’approuver le projet de loi ou voteront en sa défaveur.

La députée du Meretz Tamar Zandberg a tweeté que le fait que les rabbins ultra-orthodoxes ont refusé d’écouter le chef de la coalition et se sont rendus à la place auprès de leurs rabbins montrait l’ampleur de la crise sévissant au sein de la coalition, et elle a réclamé la tenue de nouvelles élections.

Le projet de loi, parrainé par Aryeh Deri du parti ultra-orthodoxe Shas, est passé en première lecture au début du mois, malgré l’opposition de la formation de la coalition Yisrael Beytenu – ainsi que des législateurs du Yehuda Glick et Sharren Haskel et de la députée de Koulanou Rachel Azaria.

Le projet de loi est arrivé suite à une crise survenue entre le gouvernement et ses partenaires de coalition ultra-orthodoxes qui avait eu pour conséquence la démission de Yaakov Litzman de YaHadout HaTorah de son poste de ministre de la Santé en raison de travaux de maintenance ferroviaires menés pendant le Shabbat.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait rapidement trouvé un accord avec les partis ultra-orthodoxes selon lequel le gouvernement proposerait des lois maintenant le statu-quo en ce qui concerne l’observance du Shabbat en Israël.

Le projet de loi offrirait au ministère de l’Intérieur la capacité de superviser et de rejeter des ordonnances locales relatives à l’ouverture des commerces le jour du Shabbat, journée hebdomadaire juive de repos qui commence le vendredi dans la soirée jusqu’au samedi dans la nuit.

Même si le projet de loi ferait une exception pour la ville majoritairement laïque de Tel Aviv, il pourrait entraîner la fermeture forcée d’autres magasins ailleurs en Israël. Cette mesure est survenue après que la Haute cour a statué le droit de Tel Aviv de permettre aux magasins de rester ouverts lors du Shabbat.

Le projet de loi de Deri exclut les restaurants, les cafés et les bars ainsi que les théâtres, les salles de concerts et autres lieux de divertissement. Les autres entreprises seraient pour leur part sujettes à l’appréciation de Deri qui jugera si leur ouverture est « essentielle ».

« Avec l’aide de Dieu, la loi sur les petits commerces ne sera pas adoptée », a déclaré pour sa part Liberman au début du mois lors d’une réunion hebdomadaire de la faction de son parti Yisrael Beytenu, se référant à la proposition de Deri. « Je suis favorable à la tradition juive, je suis favorable aux valeurs juives et je m’oppose avec force à la coercition religieuse ».

La loi israélienne interdit aux entreprises de travailler durant le Shabbat, à l’exception des lieux de divertissement, des restaurants et des services de base comme les pharmacies, ainsi que les travaux qui ne peuvent être accomplis à un autre moment.

Tel Aviv, qui accueille une population majoritairement laïque, a cherché à élargir le nombre de commerces ouverts lors du Shabbat tandis que les factions politiques ultra-orthodoxes se sont efforcées d’ajouter des restrictions et de durcir l’application des lois en vigueur pour le Shabbat.

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