Londres suggère que Poutine influencerait les tactiques de l’Iran en matière de drones
Le ministre britannique de la Défense pense "que personne ne sera surpris de croire que la main cachée de Poutine est derrière certaines des tactiques iraniennes, voire certaines de leurs capacités"

Jeudi, le ministre britannique de la Défense, John Healey, a déclaré que le président russe Vladimir Poutine pourrait aider l’Iran dans ses attaques contre les bases et les positions occidentales au Moyen-Orient.
« Pour l’instant, nous participons à l’analyse du drone qui a frappé le hangar d’Akrotiri [Chypre] afin de trouver des preuves de la présence de composants et de pièces russes ou étrangers », a déclaré Healey lors d’une conférence de presse, selon les médias britanniques.
« Nous vous tiendrons informés et publierons les conclusions de cette analyse dès que nous les aurons, mais je pense que personne ne sera surpris d’apprendre que Poutine est peut-être derrière certaines des tactiques iraniennes, voire certaines de leurs capacités, notamment parce qu’il est l’un des dirigeants mondiaux qui profitent actuellement des prix élevés du pétrole », a-t-il déclaré.
« Cela lui permet de disposer de nouveaux fonds pour financer sa guerre brutale en Ukraine. »
Partage de renseignement avec l’Iran : Washington s’abstient de critiquer Moscou
La Maison Blanche a déclaré mardi que le président Donald Trump ne serait pas « ravi » si la Russie partageait des renseignements avec l’Iran dans la guerre au Moyen-Orient, mais elle s’est abstenue de critiquer Moscou, qui a refusé de commenter.
Le Washington Post a rapporté vendredi que Moscou avait transmis des renseignements sensibles à Téhéran, notamment l’emplacement des navires de guerre et des avions américains dans la région.
Mais Washington a jusqu’à présent adopté un ton modéré, le président américain déclarant lundi après un entretien téléphonique avec son homologue russe que ce dernier souhaitait « apporter son aide » au Moyen-Orient. M. Poutine a dans le même temps offert son « soutien indéfectible » au nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei.
Washington a également suspendu les sanctions sur certaines exportations russes de pétrole dans le monde, en raison de la flambée des prix du brut due à la guerre en Iran.
« Le président et son envoyé spécial (Steve) Witkoff ont tous deux (…) envoyé un message à la Russie pour lui faire savoir que s’ils constataient une telle situation, ils n’en seraient pas ravis et espéraient qu’elle ne se produirait pas », a déclaré mardi la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, lors d’un point presse.
Le Kremlin a refusé de commenter ses discussions avec les Américains.
« Witkoff est en contact permanent avec ses interlocuteurs russes, et ce canal de communication permet en effet d’échanger des signaux sur les sujets les plus sensibles », a simplement dit mardi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors de son point de presse quotidien.
A la question de savoir si ce sujet a été évoqué lundi soir lors de la conversation téléphonique entre les présidents Poutine et Trump, il a refusé de répondre.
Interrogé lundi à ce sujet, le président Trump avait minimisé en assurant que « même s’ils obtiennent des informations, cela ne leur est pas d’une grande aide », tandis que le chef du Pentagone, Pete Hegseth, s’est dit « peu préoccupé ».
Mardi, lors d’une interview à la chaîne américaine CNBC, Steve Witkoff a assuré que M. Poutine avait affirmé à M. Trump, lors de cet appel, que Moscou n’avait pas partagé de renseignements avec Téhéran.
« Hier, lors de l’appel avec le président, les Russes ont dit qu’ils n’avaient pas partagé », a déclaré M. Witkoff. « C’est ce qu’ils ont dit. Nous pouvons donc les croire sur parole ».
En réponse aux frappes massives des Etats-Unis et d’Israël sur l’Iran, Téhéran a attaqué des bases américaines dans plusieurs pays du Golfe.
Washington fournit du renseignement à l’Ukraine depuis le début de l’offensive militaire russe contre ce pays en 2022, un élément clé de l’effort de guerre de Kiev.







