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L’université d’Ariel acceptée par une commission éducative clé, après 10 ans de refus

Bennett salue cette décision et déclare que l’institution fait désormais partie de "la famille" ; d'autres élus y voient un refus de plier aux boycotts de la Cisjordanie

Université Ariel en Cisjordanie (Crédit : CC-BY Michael Jacobson/Wikipedia)
Université Ariel en Cisjordanie (Crédit : CC-BY Michael Jacobson/Wikipedia)

L’université d’Ariel en Cisjordanie a officiellement obtenu dimanche un siège à la commission des présidents d’université, mettant fin à une lutte de plusieurs années pour son acceptation.

De par son exclusion, jusqu’à présent, l’université ne pouvait participer aux processus décisionnels nationaux liés à l’enseignement supérieur et rencontrait des difficultés à faire partie des programmes de recherche partagés et d’autres collaborations universitaires.

« Après avoir examiné une requête sur la question et sur la base des conseils juridiques qui nous ont été donnés, il a été décidé d’inclure [l’université d’Ariel] dans le forum », peut-on lire dans une déclaration publiée par la commission.

L’université Ariel va rejoindre les huit autres membres de la commission, à savoir : l’Université hébraïque de Jérusalem, l’université de Tel Aviv, l’université de Haïfa, l’université Ben Gurion du Neguev, l’université Bar-Ilan, l’Institut Weizmann, le Technion et l’université ouverte (qui a le statut d’observateur).

Le Premier ministre Naftali Bennett, qui a été l’initiateur de la création d’une faculté de médecine à l’université d’Ariel en 2018 alors qu’il était ministre de l’Éducation, a salué cette décision.

« L’université d’Ariel est désormais un « membre de la famille », a déclaré Bennett sur Twitter. « Elle a été officiellement acceptée au sein de la commission des présidents d’université. Tout le monde sait à quel point j’aime l’université d’Ariel. À l’époque, je m’étais battu et j’avais réussi à faire accepter la création de sa faculté de médecine malgré une forte opposition. »

Naftali Bennett, alors ministre de l’Éducation, s’exprime lors de la cérémonie de création d’une nouvelle faculté de médecine à l’Université d’Ariel, en Cisjordanie, le 19 août 2018. (Crédit : Ben Dori/Flash90)

Bennett avait également initié une tentative ratée visant à faire accepter l’Université Ariel au sein de la commission en 2018, et était allé jusqu’à qualifier la commission de « cartel » à l’époque.

La ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton et la députée Sharren Haskel, présidente de la commission de l’éducation de la Knesset, ont également salué cette annonce.

Mme Shasha-Biton a fait l’éloge des « excellents chercheurs et des résultats académiques impressionnants » de l’université.

Haskel, quant à elle, a présenté la décision comme un geste important face aux boycotts internationaux. « Nous ne pouvons pas nous battre contre les boycotts sur la scène internationale et constater qu’au sein de l’État d’Israël, les institutions sionistes font l’objet d’un boycott déclaré « , a-t-elle déclaré.

La ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 9 mai 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Rejoindre la commission des présidents d’université « est une étape importante pour le monde universitaire et un autre pas vers l’unité de la nation », a déclaré le président de l’Université Ariel, le professeur Yehuda Shoenfeld.

« Cette décision est un autre pas vers la reconnaissance de la contribution significative de l’Université d’Ariel au monde universitaire et scientifique », a-t-il ajouté.

La commission des présidents d’université, créée dans les années 1960, est chargée des questions de politique communes à toutes les universités d’Israël, telles que les salaires du personnel universitaire, les frais de scolarité, les budgets de recherche et les politiques d’admission des étudiants. Il est actuellement présidé par le président de l’Université hébraïque, Asher Cohen.

Bien qu’il s’agisse d’un organe bénévole, ses attributions ont des répercussions considérables sur l’enseignement supérieur en Israël et sur le système éducatif dans son ensemble. La commission est connue pour ses commentaires sur l’actualité et ses recommandations sur diverses questions liées à l’éducation.

La commission avait refusé d’accepter l’université d’Ariel comme membre depuis l’obtention du son statut d’université en 2012 – une décision à laquelle elle était également fortement opposée.

À l’époque, la commission avait déclaré que la reconnaissance de l’institution en tant qu’université ne ferait que peser sur les budgets académiques, soutenant qu’Israël n’avait pas besoin d’une autre université. Des groupes de gauche s’étaient également opposés à cette mesure, estimant que l’octroi du statut d’université à un établissement situé dans une implantation en Cisjordanie porterait atteinte à la réputation d’Israël sur le plan international.

Les autres universités du groupe craignaient également que l’inclusion de l’université d’Ariel ne fasse d’elles la cible de boycotts.

Le Conseil de l’enseignement supérieur israélien s’était également opposé au reclassement proposé, qui avait des implications politiques et sécuritaires, mais celui-ci avait fini par être approuvé sous la pression croissante de ministres et d’hommes politiques de droite.

En octobre 2020, les États-Unis sous l’administration Trump et Israël sous le Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu, avaient signé un accord supprimant toutes les restrictions passées basée sur la géographie, destinées à prévenir toute coopération scientifique future, impliquant une augmentation des budgets et des investissements dans les institutions universitaires en Cisjordanie et principalement à l’Université Ariel.

Stuart Winer a contribué à cet article.

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