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L’université de Bar-Ilan s’attaque au diabète

Cette initiative se concentrera sur la Galilée, où le nombre de cas est 3 fois supérieur à la moyenne nationale ; la maladie est en plein essor

Photo d'illustration : Une femme s'injecte de l'insuline. (Crédit :Tuned_In via iStock by Getty Images)
Photo d'illustration : Une femme s'injecte de l'insuline. (Crédit :Tuned_In via iStock by Getty Images)

Dans ce qui est aujourd’hui le projet non-gouvernemental le plus ambitieux pour soigner le diabète, l’université Bar-Ilan vient de lancer un programme à hauteur de 75 millions de dollars sur dix ans en Galilée, dans le nord d’Israël, où les résidents sont particulièrement susceptibles de développer la maladie.

Cette initiative a été lancée mardi soir à l’occasion d’une cérémonie qui a été organisée à Safed, dans le nord du pays. Le projet prévoit l’ouverture de nouvelles structures médicales et il aidera les autorités locales à lutter contre le diabète en faisant la promotion d’un mode de vie sain et en fournissant des services de soins.

La Fondation Russell Berrie, dont le siège se situe au New Jersey, a apporté une subvention de 20 millions de dollars à ce projet. L’université Bar-Ilan devrait collecter des fonds supplémentaires auprès du gouvernement, de philanthropes et par le biais de bourses de recherche, et continuer ses efforts pour prendre en charge les cas de diabète existants et limiter le nombre de nouveaux cas.

Dans un discours, le ministre de la Santé Nitzan Horowitz a déclaré que cette initiative « va s’attaquer à l’un des problèmes de santé les plus difficiles dans la région du nord du pays » sous les applaudissements des responsables du gouvernement et de cent représentants des communautés de la Galilée. Les officiels ont signé une déclaration, écrite en hébreu et en arabe, soulignant l’importance de lutter contre cette maladie au nom des populations juive et arabe du secteur.

La nouvelle structure s’appelle le Centre SPHERE (Russell Berrie Social Precision-medicine Health Equity Research Endeavor).

La docteure Sivan Spitzer, directrice-adjointe de ce nouveau centre, a expliqué au Times of Israel que ce dernier allait donner « un élan majeur aux efforts d’Israël dans la lutte contre le diabète ».

Ce sont près d’un million de citoyens israéliens qui devraient souffrir de diabète à l’horizon 2040. La population du pays est aujourd’hui de 9,3 millions de personnes.

Le docteur Sivan Spitzer (Autorisation : Université de Bar Ilan)

Les cas sont particulièrement communs dans les secteurs au niveau socio-économique bas et la maladie a tendance à frapper davantage la communauté arabe.

Ce sont deux caractéristiques de la Galilée dont les résidents ont trois fois plus de risque de développer un diabète et de connaître des complications de la maladie que les habitants des autres régions du pays.

« Nous déployons un modèle unique qui rassemble des partenaires de tous les secteurs de la société et de toutes les disciplines concernées pour relever ce défi et pour faire la différence dans la vie de la population de la Galilée, qui est diversifiée », a ajouté Spitzer.

Endocrinologue à la tête du projet, le professeur Naim Shehadeh espère – entre autres – réduire de 50 % le nombre de pré-diabètes qui se transforment en diabètes.

Shehadeh, qui est le président actuel de l’Association israélienne du diabète et directeur du service de métabolisme et d’endocrinologie des diabètes à l’hôpital Rambam, prévoit de collaborer dans cette initiative avec les municipalités, les caisses d’assurance-maladie, les hôpitaux, les services sociaux, les leaders communautaires religieux, les organisations de femmes et d’autres partenaires encore.

L’événement de lancement du centre SPHERE (Russell Berrie Social Precision-medicine Health Equity Research Endeavour). De gauche à droite : le professeur Arie Zaban, président de l’université de Bar-Ilan ; la députée Idit Silman ; le ministre de la Santé Nitzan Horowitz ; le directeur du SPHERE, le professeur Naim Shehadeh, Angelica Berrie, présidente de la fondation Russell Berrie ; le doyen de la faculté de médecine Azrieli, le professeur Karl Skorecki et le président de la commission permanente de Bar-Ilan Shlomo Zohar. (Autorisation : Université de Bar-Ilan)

L’équipe interdisciplinaire du centre SPHERE – avec des chercheurs, des médecins, des planificateurs urbains et des professionnels de la santé publique – travaillera avec les municipalités dans les zones défavorisées pour encourager un mode de vie plus sain.

Le centre œuvrera à fournir une alimentation saine dans les cantines des écoles, il fera de la sensibilisation dans les établissements d’enseignement, construira des structures de sport dans les quartiers où le taux de diabète est élevé et améliorera l’accessibilité aux services de soins à l’aide d’une unité médicale mobile qui assurera des examens annuels.

« L’une de nos forces, cela va être notre capacité à adopter une approche très large et à travailler avec une grande variété de personnes, toutes engagées en faveur du même objectif qui est de réduire l’essor du diabète », a dit Spitzer au Times of Israel.

Le professeur Naim Shehadeh (Autorisation de l’université Bar-Ilan)

Shehadeh a dit que le projet, qui est basé à la faculté Azrieli de médecine à Safed, comprendra aussi des recherches qui porteront sur l’amélioration des traitements, et même le développement de remèdes.

« C’est le projet le plus important en son genre de toute l’histoire de notre nation », a-t-il affirmé. « Je pense qu’il servira comme pierre d’achoppement à de futurs programmes nationaux et mondiaux complets, en utilisant des modèles scientifiques de pointe pour améliorer les services de santé en direction des communautés défavorisées », a-t-il continué.

Lors de l’événement de mardi, la cheffe de la coalition, Idit Silman, a fait savoir que le diabète « est une haute priorité pour le gouvernement ».

« Ce soir, un effort majeur commence, qui vise à réduire le taux de morbidité et à faire du pays un leader dans le secteur de la lutte contre le diabète. Je vous demande d’élargir le projet au pays tout entier et de devenir un centre leader en termes de connaissances au niveau international. C’est le lien dont nous avions besoin entre l’université et le terrain », a-t-elle déclaré.

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