Macron : la crise syrienne ne peut être réglée « à quelques-uns »
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Macron : la crise syrienne ne peut être réglée « à quelques-uns »

Les négociations ont toujours achoppé sur le sort d'Assad, le régime refusant d'évoquer l'éventualité de son départ du pouvoir, réclamé par l'opposition

Le président français Emmanuel Macron donne une conférence de presse lors de sa visite à Alger, en Algérie, le 6 décembre 2017 (Crédit : AFP / RYAD KRAMDI / RYAD KRAMDI)
Le président français Emmanuel Macron donne une conférence de presse lors de sa visite à Alger, en Algérie, le 6 décembre 2017 (Crédit : AFP / RYAD KRAMDI / RYAD KRAMDI)

Le président français Emmanuel Macron a averti jeudi que la crise syrienne ne pourrait être réglée par « quelques » puissances seulement, avec une opposition « désignée » de l’extérieur, dans une allusion au processus d’Astana associant Russie, Iran et Turquie.

« Nous devons sortir des postures morales qui parfois nous ‘impuissantent’ mais nous devons aussi sortir de concessions faites à certaines puissances qui pensent qu’à quelques-uns, reconnaissant une partie d’une opposition désignée depuis l’extérieur, ils pourraient régler de manière stable et durable la situation en Syrie », a-t-il dit lors de ses premiers vœux au corps diplomatique.

La Russie et l’Iran –alliés de poids du président Bachar al-Assad– et la Turquie, soutien de la rébellion, proposent de tenir « un congrès de dialogue national » syrien à Sotchi (Russie) les 29 et 30 janvier, dans le prolongement du processus d’Astana initié dans un premier temps pour créer des zones de désescalade en Syrie.

Ce congrès – auquel des dizaines de groupes rebelles syriens refusent de participer – pourrait faire de l’ombre au processus de paix sous l’égide de l’ONU à Genève, totalement enlisé.

« La responsabilité des Nations unies, des puissances de la région, de l’Europe, des Etats-Unis dans ce contexte est grande et je compte pleinement m’y engager pour (…) réussir à construire la paix en Syrie », a poursuivi le chef de l’Etat, qui plaide depuis des mois pour la création d’un groupe de contact sur la Syrie incluant les membres permanents du Conseil de sécurité et les pays de la région.

Sortir de « postures morales » implique de « parler aux représentants de Bachar al-Assad » dans le cadre du processus de paix, qui doit déboucher sur une « stabilité territoriale, inclusive » et des élections ouvertes à tous, y compris les réfugiés syriens à l’étranger, a une nouvelle fois martelé le président français.

« Il faudra que toutes les sensibilités syriennes soient entendues et reconnues et que tous les opposants syriens (..) puissent être pleinement reconnus (..) et s’exprimer dans le cadre d’élections », a poursuivi Emmanuel Macron.

Le régime de Damas a immédiatement accepté de participer au sommet de Sotchi, alors qu’il a critiqué à plusieurs reprises le processus de Genève.

Les négociations ont toujours achoppé sur le sort d’Assad, le régime refusant d’évoquer l’éventualité de son départ du pouvoir, réclamé par l’opposition.

Emmanuel Macron a par ailleurs insisté sur la nécessité de « gagner la paix » en Irak et en Syrie pour éviter toute résurgence » jihadiste une fois le groupe Etat islamique vaincu « militairement ».

Le Premier ministre irakien Haider Al-Abadi (Crédit : CC BY 2.0)

« Cela supposera une action diplomatique intense d’abord en Irak pour permettre d’organiser au mois de mai prochain des élections libres et permettre d’ici-là au Premier ministre Haider al-Abadi de construire un Etat stable », a-t-il dit.

« Il est indispensable que dans les prochains mois, il puisse y avoir une normalisation progressive de la situation en Irak, une démilitarisation des milices non reconnues par l’armée officielle et le gouvernement d’Irak et une stabilité assurée par le gouvernement d’Irak, lequel doit être aidé dans cette entreprise par l’ensemble des puissances internationales », a-t-il insisté.

Le président français, semblant viser l’Iran, a par ailleurs déclaré qu’il faudrait être « vigilant » à ce qu’il n’y ait « aucune déstabilisation en Irak liée à des puissances extérieures ».

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