Marche des Drapeaux : Premier test pour le gouvernement
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Marche des Drapeaux : Premier test pour le gouvernement

Appel du Hamas à une journée de la colère ; Israël a prévenu qu'il répondrait aux atteintes à sa souveraineté

Des jeunes sionistes religieux brandissent des drapeaux israéliens alors qu'ils célèbrent Yom Yeroushalayim à la Porte de Damas de la Vieille Ville de Jérusalem, le 2 juin 2019. (Menahem Kahana/AFP)
Des jeunes sionistes religieux brandissent des drapeaux israéliens alors qu'ils célèbrent Yom Yeroushalayim à la Porte de Damas de la Vieille Ville de Jérusalem, le 2 juin 2019. (Menahem Kahana/AFP)

Avant même le début de cette marche qui ne fait pas l’unanimité, prévue à partir de 17H30, l’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, a appelé « toutes les parties à agir de manière responsable et éviter les provocations qui pourraient mener à un nouveau round de confrontation ».

Et l’ambassade américaine à Jérusalem a demandé à ses employés de ne pas se rendre dans la Vieille Ville de Jérusalem en raison de la « marche des drapeaux », organisées par des mouvements nationalistes et d’extrême droite israéliens, et de « possibles contre-manifestations ».

Cette marche commémore « Yom Yerushalaim » – « la journée de Jérusalem » – soit l’anniversaire pour les Israéliens de la réunification de la Ville sainte en 1967 selon le calendrier hébraïque.

La marche devait initialement se tenir le 10 mai mais elle avait été annulée quand le mouvement terroriste islamiste palestinien du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, avait tiré ce jour-là des roquettes sur la capitale israélienne.

Le député travailliste Omer Bar-Lev assiste à un événement de campagne électorale à Tel Aviv, le 23 janvier 2019. (Gili Yaari/Flash90)

Lundi soir, le nouveau ministre de la Sécurité intérieure, Omer Bar-Lev (parti travailliste), a décidé de maintenir la manifestation malgré les appels à l’annuler.

« Le droit de manifester est un droit pour tous en démocratie », ont indiqué dans un communiqué les services du ministre. Et d’ajouter : « la police est prête et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour préserver le tissu délicat de la coexistence (…) ».

La parcours a été établi après des négociations entre ses organisateurs et la police israélienne dans l’espoir d’éviter des affrontements avec les Palestiniens, ont indiqué les autorités.

« Nous mettons en garde contre les répercussions dangereuses qui pourraient résulter de l’intention de la puissance occupante d’autoriser les colons israéliens extrémistes à effectuer la Marche des Drapeaux dans la Jérusalem occupée demain, une provocation et une agression contre notre peuple/ Jérusalem et ses sanctifications qui doit prendre fin », a tweeté le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh.

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Mohammad Shtayyeh lors d’une conférence de presse à l’Association de la presse étrangère dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 9 juin 2020. (Abbas Momani/Pool Photo via AP)

L’unité des « lanceurs de ballons » du Hamas a annoncé lundi la reprise de ses activités, dans le contexte de la Marche des Drapeaux, prévue mardi à Jérusalem. Le Hamas a appelé à une « journée de la colère » à travers les Territoires palestiniens pour « défendre » Jérusalem.

Un porte-parole du Hamas, Mohammad Hamadeh, a indiqué de son côté que les « médiateurs » oeuvrant à un cessez-le-feu durable avec Israël avaient « demandé aux factions de la résistance de ne pas s’engager dans une escalade militaire sur la base de la marche des drapeaux ». « Mais toutes les options sont sur la table », a ajouté ce responsable.

« Trop de personnes ont payé de leur vie les précédentes provocations de la droite kahaniste. Les kahanistes ne devraient pas être autorisés à défiler à Jérusalem-Est en criant ‘Mort aux Arabes’. Ce n’est pas une protestation [légitime], mais plutôt une incitation à la haine. » « Les effusions de sang sont mauvaises pour les Palestiniens comme pour les Israéliens, et seulement bonnes pour l’extrême droite, qui veut perpétuer la haine et la violence, » lit-on dans une déclaration de la Liste arabe unie.

Israël a prévenu qu’il répondrait aux atteintes à sa souveraineté, qu’il s’agisse de tirs de roquettes ou de lancements de dispositifs incendiaires qui ont déjà mis le feu à des centaines d’hectares de terre près de la frontière de Gaza.

Plus d’une dizaine de conseils municipaux d’implantations, d’organisations d’extrême droite et de groupes religieux nationalistes ont par ailleurs co-organisé une série de marches vers 16 endroits en Cisjordanie, où, selon eux, les Palestiniens ont construit illégalement sur des terres qu’Israël considère comme appartenant à l’État.

« Les Arabes sont en train de s’emparer de la région et d’écraser le mouvement des implantations dans un effort stratégique de construction massive. Nous ne pouvons pas rester indifférents. Nous devons nous réveiller et prendre nos responsabilités », affirment les groupes dans un tract diffusé sur les réseaux sociaux avant l’événement prévu lundi prochain.

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