Maroc : la construction d’un nouveau musée juif a démarré
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Maroc : la construction d’un nouveau musée juif a démarré

Le roi Mohammed VI a lancé le mois dernier les travaux de construction du musée de la culture juive de Fès

Le roi du Maroc, Mohammed VI, lors de la cérémonie de lancement des travaux de construction du musée de la culture juive de Fès et de restauration du musée Al Batha, consacré aux arts de l’islam. (Crédit photo : Twitter / @M_RoyalFamily)
Le roi du Maroc, Mohammed VI, lors de la cérémonie de lancement des travaux de construction du musée de la culture juive de Fès et de restauration du musée Al Batha, consacré aux arts de l’islam. (Crédit photo : Twitter / @M_RoyalFamily)

En juillet dernier, la Fondation nationale des musées du Maroc (FNM) annonçait l’ouverture à l’horizon d’un musée consacré à la culture juive au Maroc.

Le mois dernier, le roi du Maroc, Mohammed VI, a lancé les travaux de construction du projet qui « sera établi dans une ancienne école située à proximité du Mellah et du cimetière juif de Fès », indiquait le magazine Tel Quel l’été dernier. Le budget pour la construction du musée s’élève à
10 millions de dirhams (924 000 euros).

« Créer ce lieu de mémoire dans une ville berceau de la civilisation marocaine, où l’empreinte du judaïsme marocain a été des plus marquantes, montre le dessein du souverain de voir que tous les courants qui ont irrigué la civilisation marocaine soient présents », a déclaré à la presse Serge Berdugo, secrétaire général du Conseil des communautés israélites du Maroc, lors de la cérémonie de lancement des travaux.

« Ce musée de la culture juive aura un rôle symbolique d’une très grande valeur à l’extérieur et permettra aux gens qui viendront de partout de voir comment, pendant des centaines d’années, Juifs et Musulmans vivaient paisiblement au Maroc et créaient un art de vivre-ensemble », a-t-il ajouté.

Le cimetière juif de Fès, qui compte de nombreux rabbins éminents, plus que tout autre cimetière juif du Maroc. (Crédit photo : Michal Schmulovich/Times of Israël)

Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées, a lui qualifié le projet « d’exceptionnel ». « Le Maroc est en train de lancer un message fort au monde, selon lequel la coexistence entre les Marocains et toutes les autres religions est une réalité. Après le message de paix qui était la visite du pape, le Maroc, sous la conduite du roi, est en train de lancer un message au monde, car nous avons besoin de ce message pour la diffusion de la paix et de l’amour entre les êtres et entre les cultures. »

En juillet, la FNM avait également annoncé la restauration dans la ville de Fès du musée Al Batha, consacré aux arts de l’islam.

Actuellement, on compte déjà deux musées juifs au Maroc : le musée du judaïsme et le musée El Mellah, tous deux situés à Casablanca. Ils sont les deux seuls musées juifs à travers le monde arabe.

En septembre dernier, dans un message à la table ronde de l’ONU sur le rôle de l’éducation dans la prévention du racisme et de l’antisémitisme, Mohammed VI avait affirmé que le royaume considérait « les Juifs comme des citoyens marocains ayant les mêmes droits égaux et complets que leurs frères musulmans ».

Estimée aujourd’hui à moins de 3 000 âmes, la communauté juive marocaine reste la plus importante du monde arabo-musulman. Les touristes israéliens qui viennent sur les traces de leurs ancêtres sont les bienvenus.

Le Maroc a une position encore plus particulière puisque le préambule de sa constitution évoque son « affluent hébraïque », que des juifs marocains ont occupé des postes de ministres, et que Mohammed VI, comme son père avant lui, en compte un parmi ses conseillers – André Azoulay.

C’est sous l’impulsion royale qu’ont été menés ces dernières années des programmes de rénovation des cimetières juifs et des quartiers urbains où vivait autrefois cette communauté qui comptait 200 000 à 300 000 membres avant les vagues de départ liées à la création de l’Etat hébreu en 1948 puis à l’indépendance du pays en 1956.

En 1948, après la création de l’Etat d’Israël, plus de 90 000 ont gagné la Terre promise.

La deuxième vague d’immigration est survenue avec l’indépendance du Maroc en 1956, le départ des autorités françaises représentant alors une menace à la sécurité de la population juive.

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