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Mayim Bialik réunit un casting très juif pour ses débuts de réalisatrice

Dans 'As They Made Us', la star du 'Big Bang Theory' passe derrière la caméra pour un mélodrame semi-autobiographique sur la confrontation à la mort et au dysfonctionnement

De gauche à droite : Les acteurs Simon Helberg, Candice Bergen, Dustin Hoffman, la scénariste et réalisatrice Mayim Bialik et l'actrice Dianna Agron, sur le plateau de tournage du premier long métrage de Bialik, 'As They Made Us'. (Crédit : Screen Media/JTA)
De gauche à droite : Les acteurs Simon Helberg, Candice Bergen, Dustin Hoffman, la scénariste et réalisatrice Mayim Bialik et l'actrice Dianna Agron, sur le plateau de tournage du premier long métrage de Bialik, 'As They Made Us'. (Crédit : Screen Media/JTA)

JTA – Mayim Bialik est sans doute devenue la personnalité juive la plus en vue du petit écran, grâce à son rôle d’animatrice du jeu télévisé « Jeopardy » et à sa présence dans les rediffusions de « The Big Bang Theory ». Mais pour son dernier projet, « As They Made Us », Bialik est passée derrière la caméra pour écrire et réaliser un mélodrame semi-autobiographique et discret sur une famille juive confrontée à la mort et au dysfonctionnement.

Y aura-t-il des moments larmoyants ? Sans doute, vu qu’il est produit par Chicken Soup for the Soul (via sa branche de distribution de films, Screen Media).

Dianna Agron, de la série « Glee », joue le rôle d’Abigail, une mère divorcée et rédactrice à plein temps d’un magazine, qui parvient tout de même à tenir une maison étincelante. On imagine qu’elle doit être bien payée par la publication juive qui l’emploie, qui a pour nom The Modern Jew (ce n’est pas une blague). Par contre, ce qui semble préoccuper sa mère Barbara (Candice Bergen) serait plutôt de savoir pourquoi on ne lui a pas encore donné la couverture.

Car c’est ainsi qu’est Barbara, cette mère juive qui s’immisce dans la vie de sa fille adulte, médisant sur les autres tout en ignorant les problèmes qui se trouvent sur le pas de sa porte, à savoir que son mari Eugene (Dustin Hoffman, qui alterne entre ses personnages amicaux et agressifs) est atteint d’une maladie dégénérative. « Il faut qu’il mange plus ! », crie Barbara au médecin qui essaie de la convaincre qu’il a besoin de soins palliatifs. « Peut-être que si vous lui faites un lavement, cela ferait de la place pour plus de nourriture. »

C’est une histoire de famille, dont le drame se concentre sur la dynamique interpersonnelle et les rancunes de longue date. Il y a de nombreux flashbacks sur les jeunes années d’Abigail alors qu’elle habitait sous le toit de ses parents, où l’on voit que son père, un romancier raté qui a toujours regretté de s’être établi pour fonder une famille, était souvent violent physiquement envers ses enfants. Bialik, qui a demandé aux acteurs et à l’équipe de respecter le shabbat sur le tournage, a déclaré à Kveller, la publication sœur de la Jewish Telegraphic Agency, qu’elle avait écrit le scénario à la suite du décès de son propre père, peu avant Pessah 2015.

Bialik met en scène Simon Helberg, sa co-star de « Big Bang Theory », dans le rôle de Nathan, le frère d’Abby, un universitaire branché qui, en raison de son traumatisme d’enfance, a évité ses parents toute sa vie d’adulte – laissant Abby seule face aux problèmes. Si au départ, on suppose que la colère de Nathan est centrée sur leur père et ses crises explosives, on découvre vite que les insultes continuelles de leur mère ont causé des dommages plus durables : « Ses dégâts à lui étaient tangibles. Ceux de la mère étaient si insidieux et dérangeants ».

Le judaïsme devient une force stabilisatrice discrète dans l’histoire, Abby poussant ses enfants à réciter la prière du Shema chaque soir avant de se coucher, alors même que son monde s’écroule autour d’elle, et du personnage d’Agron qui porte le collier de l’étoile de David de Bialik tout au long du film. (Le ménage ne semble pas casher, mais il y a des menorot dessinées à la main et scotchées sur les murs). Lorsque le chagrin s’immisce dans le troisième acte de l’histoire, le Shema revient, ainsi qu’une chanson yiddish, « Voz Geven Iz Geven Un Nito », qui a bercé plusieurs générations de la famille de Bialik.

Si les raisons du divorce d’Abby ne nous sont jamais révélées, on peut supposer que l’exemple du mariage malsain de ses parents y est pour quelque chose. À cet égard et à bien d’autres, les subtilités de la dynamique familiale du film peuvent être aussi silencieuses qu’un murmure. Bialik reconnaît que l’un des aspects des tensions familiales, le fait qu’Abigail soit plus pratiquante que ses parents, n’est pas abordé dans le film et déclare à Kveller : « C’est un tout autre film ». En tout cas, ce film-ci résonnera sans doute pour beaucoup de familles juives qui ont connu le chagrin et les conflits.

« As They Made Us » sort vendredi dans certains cinémas et sur VOD.

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