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Meretz : le projet d’expansion des implantations menace la coalition

Mossi Raz et Gaby Lasky disent au ministre du Logement Elkin que sa volonté de renforcer les implantations dans la vallée du Jourdain est "loin" de ce que leur parti peut accepter

Sur cette photo du 10 février 2020, une femme marche dans la colonie israélienne de Mevoot Yericho, dans la vallée du Jourdain, près de la ville palestinienne de Jéricho. (AP Photo/Ariel Schalit)
Sur cette photo du 10 février 2020, une femme marche dans la colonie israélienne de Mevoot Yericho, dans la vallée du Jourdain, près de la ville palestinienne de Jéricho. (AP Photo/Ariel Schalit)

Deux législateurs du parti Meretz ont averti le ministre du Logement, Zeev Elkin, que son projet de doubler la population israélienne dans la vallée du Jourdain entraînera la rupture de la fragile coalition gouvernementale, a rapporté la Treizième chaîne dimanche.

Elkin a l’intention de demander l’approbation du gouvernement pour un projet visant à accroître la présence d’Israël dans la vallée stratégique, la partie de la Cisjordanie qui longe la frontière avec la Jordanie.

Les députés Mossi Raz et Gaby Lasky ont écrit à Elkin : « nous ne pouvons plus rester silencieux ». « La force de ce gouvernement est l’avancement des questions sur lesquelles nous sommes tous d’accord. Cette décision est loin de cela », ont-ils déclaré.

Ils ont appelé Elkin à « arrêter immédiatement le plan » et à ne pas le soumettre à l’approbation du gouvernement.

Cependant, selon la station, bien qu’Elkin puisse ne pas présenter le plan au cabinet dans les semaines, voire les mois à venir, il est déterminé à aller de l’avant.

Zeev Elkin lors d’un débat entre candidats pour les élections municipales de Jérusalem, le 21 octobre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Elkin a annoncé en octobre un plan visant à doubler le nombre de logements dans la vallée du Jourdain, afin d’atteindre 3 000 familles vivant dans la région d’ici 2026. Elkin avait déclaré à l’époque que son ministère prévoyait d’investir 224 millions de NIS pour construire 1 500 nouveaux logements dans 21 implantations de la région. Ces logements doivent encore être approuvés par les autorités compétentes.

Le Premier ministre Naftali Bennett dirige une coalition hétéroclite de partis de gauche, centristes et de droite, avec de profondes différences idéologiques sur certaines questions clés, notamment les implantations israéliennes en Cisjordanie.

La coalition a gagné une certaine stabilité la semaine dernière lorsqu’elle a adopté le budget de l’État avant une date limite qui aurait déclenché des élections. Toutefois, avec seulement 61 sièges sur les 120 que compte la Knesset, elle ne dispose que de la plus mince des majorités qui peut être supprimée par un seul député. Meretz, le parti le plus à gauche de la coalition, dispose de six sièges à la Knesset. Elkin est membre du parti de droite Tikva Hadasha, qui dispose également de six sièges.

Le député Meretz Mossi Raz à la Knesset le 22 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le mois dernier, Israël a avancé des plans pour plus de 3 000 nouveaux logements dans des implantations en Cisjordanie, la première mesure de ce type prise par le nouveau gouvernement qui est arrivé au pouvoir en juin. Cette décision a suscité la condamnation la plus sévère de l’administration Biden, qui s’est déclarée « profondément préoccupée » par ce développement et a réitéré son opposition à l’expansion des implantations.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a téléphoné au ministre de la Défense Benny Gantz pour exprimer des objections similaires concernant la portée et l’emplacement des approbations dans les implantations, selon un responsable israélien.

À l’époque, Raz avait promis que le Meretz arrêterait également ce plan.

La députée du parti Meretz Gaby Lasky, assiste à une réunion du Comité des dispositions à la Knesset, le 21 juin 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les Palestiniens veulent la Cisjordanie comme territoire pour un futur État et la plupart des pays considèrent que les implantations israéliennes qui s’y trouvent sont illégales.

Un plan de paix controversé proposé sous l’administration Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien permettait à Israël d’annexer des zones clés de la vallée du Jourdain. Bien qu’Israël ait adhéré à ce plan, les Palestiniens l’ont rejeté en bloc.

L’administration Biden considère la solution à deux États comme la réponse à la résolution du conflit.

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