Miki Zohar : Netanyahu aurait songé à une coalition avec les partis arabes
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Miki Zohar : Netanyahu aurait songé à une coalition avec les partis arabes

Le député du Likud a déclaré que le Premier ministre, tentant de former un gouvernement, aurait finalement renoncé à faire appel à Raam-Balad et Hadash-Taal ; le Likud dément

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre des représentants du parti de la Liste arabe unie pour discuter de l'augmentation des budgets des villes arabes en Israël à la résidence du Premier ministre de Jérusalem, le 31 août 2015 (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre des représentants du parti de la Liste arabe unie pour discuter de l'augmentation des budgets des villes arabes en Israël à la résidence du Premier ministre de Jérusalem, le 31 août 2015 (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Un allié du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a clamé dimanche que dans le cadre de ses dernières tentatives entreprises pour rassembler une coalition et empêcher un nouveau scrutin, le Likud avait réfléchi à la possibilité d’une coalition qui aurait bénéficié du soutien des partis arabes israéliens.

Ces propos, qui ont été rapidement rejetés par un porte-parole de la formation, représenteraient un revirement radical pour le parti de droite, qui avait non seulement rejeté l’idée d’une formation de coalition avec les partis arabes – mais qui a également fait campagne en accusant ses rivaux de prévoir de s’allier à eux.

« Le Premier ministre aurait pu mettre en place un gouvernement en faisant usage d’un soutien dissimulé de la part des partis arabes, qui n’auraient pas voté en défaveur de notre coalition. Les formations arabes auraient été heureuses de le faire si nous répondions par ailleurs à leurs demandes », a déclaré Miki Zohar au micro de la radio militaire.

Le député du Likud a expliqué que tandis qu’une telle possibilité avait été prise en compte, elle avait été finalement rejetée par Netanyahu lui-même.

« Il ne souhaitait former un gouvernement qu’avec le soutien des partis juifs sionistes », a-t-il précisé.

Une éventualité qui a donc été envisagée à la dernière minute, alors que le président de Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, soufflait le chaud et le froid au sujet de son intégration au sein de la coalition, en raison de désaccords avec les partis ultra-orthodoxes concernant la loi portant sur les exemptions de service militaire pour les élèves des yeshivot.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (G) avec le député Miki Zohar lors d’une réunion de faction du Likud à la Knesset, le 7 décembre 2015. (Yonatan Sindel/Flash90)

A ce moment-là, Netanyahu avait également offert au président travailliste, Avi Gabbay, une série de portefeuilles ministériels et lui avait promis de ne pas réclamer une législation garantissant sa propre immunité face aux poursuites judiciaires, en échange de l’entrée d’Avi Gabbay dans la coalition.

Le député Ofer Kassif, du parti Hadash-Taal, a rejeté les propos de Miki Zohar, assurant que « nous n’avons jamais soutenu et nous ne soutiendrons jamais un gouvernement d’extrême droite. C’est un mensonge grossier ».

Un porte-parole de Raam-Balad a de même indiqué qu’il n’avait pas connaissance d’une telle proposition.

Quelques heures plus tard, le Likud émettait un communiqué se distanciant des commentaires de Miki Zohar : « Il n’y a eu aucune coordination avec les partis arabes ».

La révélation du député survient après la publication de deux tribunes rédigées par Natan Eshel, la semaine dernière, dans lesquelles ce confident de Netanyahu, chargé de représenter le Likud dans les négociations de coalition manquées, a appelé la droite à construire une passerelle de coopération avec les partis arabes, qui serait susceptible de bénéficier aux deux parties.

Dans des éditoriaux parus dans le quotidien de gauche Haaretz et dans l’hebdomadaire national-religieux Makor Rishon, Natan Eshel affirme ainsi que plutôt que de se concentrer sur des problèmes nationaux clivants, une nouvelle relation entre le bloc de droite et les formations arabes pourraient reposer sur les trois questions qui préoccupent le plus la majorité des Arabes israéliens : l’économie, l’éducation et la sécurité publique.

« Autour de ce dénominateur commun, nous devons construire une existence commune et mettre de côté les problèmes qui n’offrent pas de solutions dans un avenir proche », écrit Natan Eshel.

Les critiques ont rejeté les deux articles, estimant qu’ils étaient dénués de pertinence au vu de l’incapacité du confident de Netanyahu à reconnaître les initiatives du Premier ministre de délégitimisation des Arabes israéliens au cours de ses campagnes électorales successives.

Netanyahu a consacré une grande partie de sa dernière campagne électorale à admonester ses adversaires de la formation Kakhol lavan qui, selon lui, envisageaient un partenariat avec les partis arabes.

« [Les responsables de Kakhol lavan, Yair] Lapid et [Benny] Gantz comptent sur… les partis arabes qui non seulement ne reconnaissent pas l’Etat d’Israël, mais font en sorte par leurs actions de détruire l’Etat d’Israël », a clamé Netanyahu plus d’une fois pendant sa campagne, sans aucune preuve soutenant ses propos.

De plus, la semaine dernière, les quatre partis politiques qui représentent la minorité arabe israélienne ont annoncé qu’ils allaient s’allier pour le prochain scrutin législatif.

Après des résultats décevants lors des élections du mois d’avril – ils ont à eux tous remporté dix sièges – cette initiative semble avoir pour objectif de dynamiser le taux de participation et d’améliorer la représentation arabe au Parlement israélien. Les quatre partis, Balad, Raam, Taal et Hadash, s’étaient alliés pour la première fois en 2015 sous l’étiquette de la Liste arabe unie, remportant 13 sièges à la Knesset, forte de 120 membres.

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