Mladenov: Les Palestiniens ont tout à gagner des accords de normalisation
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Mladenov: Les Palestiniens ont tout à gagner des accords de normalisation

En quittant son poste à l'ONU, l'envoyé dit avoir agi comme médiateur en comprenant les points de vue des parties, plutôt que de "rester sur la touche et prêcher"

Nickolay Mladenov, coordinateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, lors d'une conférence de presse dans les bureaux de l'UNSCO à Gaza, le 25 septembre 2017. (Adel Hana/AP)
Nickolay Mladenov, coordinateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, lors d'une conférence de presse dans les bureaux de l'UNSCO à Gaza, le 25 septembre 2017. (Adel Hana/AP)

L’envoyé de l’ONU pour la paix au Moyen-Orient a déclaré que les Palestiniens pourraient tirer profit des accords de normalisation conclus par Israël avec les États arabes, ce qui pourrait renforcer leur position dans les négociations de paix.

Nickolay Mladenov, 48 ans, a terminé son mandat d’envoyé de paix des Nations unies cette semaine après avoir occupé ce poste depuis 2015. Il était auparavant ministre des Affaires étrangères de la Bulgarie et devait devenir l’envoyé spécial des Nations Unies pour la Libye, mais a déclaré la semaine dernière qu’il ne pouvait pas assumer cette fonction pour « des raisons personnelles et familiales ».

Dans un article sur l’époque où Mladenov était en fonction, publié samedi, le New York Times a déclaré que l’ambassadeur était l’un des premiers responsables à être parvenu à la conclusion que le Premier ministre Benjamin Netanyahu était tout à fait sérieux dans sa promesse d’annexer des parties de la Cisjordanie, ce qui, selon lui, serait « terrible » pour Israël.

« Ma pensée était : Si ce n’est pas la bonne voie à suivre mais que vous pouvez voir pourquoi elle plairait à certaines parties de la population, qu’est-ce qui plairait à une plus grande partie qui n’est pas destructrice mais en fait constructive ? a déclaré M. Mladenov au journal.

Bien qu’il ne revendique aucun mérite pour les accords, le reportage a déclaré que Mladenov a contribué à renforcer le soutien à l’utilisation de la normalisation comme une carotte pour Israël en échange de l’abandon des plans d’annexion.

« Certaines personnes ont été prises au dépourvu par cette situation », a déclaré Jared Kushner, conseiller principal et gendre du président américain Donald Trump. « Il a vu ce que nous faisions. Nous nous sommes confiés à lui, et il nous donnait des commentaires constructifs ».

Les drapeaux des États-Unis, des Émirats arabes unis, d’Israël et de Bahreïn sont projetés sur les murs de la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 septembre 2020. (Yonatan Sindel / Flash90)

Israël a accepté d’abandonner les plans d’annexion dans le cadre de l’accord négocié par les États-Unis avec les Émirats arabes unis, annoncé en août. Il a depuis conclu des accords de normalisation supplémentaires avec le Bahreïn, le Soudan et le Maroc.

L’Autorité palestinienne s’en est prise aux Émirats arabes unis et à Bahreïn à propos de ces accords, rappelant ses ambassadeurs dans les deux États du Golfe en signe de protestation. L’Autorité palestinienne a également critiqué l’accord avec le Soudan, mais est restée muette face à l’accord de normalisation entre Israël et le Maroc.

« OK, maintenant c’est très émotionnel, les Palestiniens sont super fâchés », a dit Mladenov. « Mais mettez ces émotions de côté et réfléchissez : qui est le plus efficace quand ils essaient de pousser Israël à faire certaines choses ? L’Égypte et la Jordanie. Si quatre, six ou dix pays arabes ont des ambassades à Tel Aviv, vous voudriez qu’elles soient de votre côté, non ? »

Il a noté qu’Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn avaient signé des accords formels établissant des relations diplomatiques.

« C’est un gros truc. Ni Israël ni les pays arabes ne voudront le ruiner. Cela donne à certains pays un moyen de pression en Israël. Si vous êtes les Palestiniens, vous voudrez vraiment expliquer à vos frères et amis arabes quelles sont vos positions, et les ramener à la table des négociations de votre côté de la conversation », a-t-il dit.

Mladenov a également rappelé ses efforts de médiation intenses lors des combats périodiques dans la bande de Gaza entre Israël et les Palestiniens, et a déclaré qu’il préférait essayer de parvenir à des solutions en comprenant le point de vue de chaque partie plutôt que de « rester sur la touche et prêcher ».

« Je sais par expérience que lorsque les étrangers entre guillemets viennent vous dire ce qu’il faut faire, vous leur coupez l’herbe sous le pied. Vous leur dites : ‘Merci beaucoup' », dit-il. « Vous ne pouvez pas prêcher à ces gars. Souvenez-vous, ils ont fait ça pendant un demi-siècle. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) rencontre Nickolay Mladenov, à sa résidence officielle à Jérusalem, le 31 décembre 2020. (Amos Ben-Gershom/GPO)

Son mandat d’envoyé de la paix au Moyen-Orient lui a valu les félicitations des responsables en Israël, de l’Autorité palestinienne, de l’administration Trump et du Hamas.

« Si vous, en tant qu’ONU, ne savez pas clairement quelle est votre position sur ces questions, vous ne pouvez pas être crédible », a déclaré M. Mladenov dans l’interview. « Et je suppose que le fait d’être critique envers les Israéliens et les Palestiniens, où j’ai eu le sentiment qu’ils ont fait des choses mal, et de les accueillir quand ils ont fait des choses bien – je pense que c’est une nouveauté dans ce conflit gelé ».

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