Mobilisation internationale pour écarter l’économie libanaise du Hezbollah
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Mobilisation internationale pour écarter l’économie libanaise du Hezbollah

"L'idée politique derrière, c'est que l'Etat libanais fournisse services et infrastructures à la population" plutôt que le Hezbollah, a précisé l'entourage de Jean Yves Le Drian

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre libanais Saad Hariri durant une conférence de presse au palais de l'Elysée, le 1er septembre 2017.(Crédit : AFP/Ludovic MARIN)
Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre libanais Saad Hariri durant une conférence de presse au palais de l'Elysée, le 1er septembre 2017.(Crédit : AFP/Ludovic MARIN)

La communauté internationale va valider vendredi un plan d’investissement de 10 milliards de dollars au Liban, assorti de premiers financements, afin de sortir le pays de l’ornière et d’éviter qu’il ne soit happé dans la spirale des crises régionales.

Ce sont quarante et un Etats et une dizaine d’organisations internationales (FMI, Banque Mondiale, OCDE, BERD…) qui se réuniront à Paris sous la direction du Premier ministre libanais Saad Hariri et de la France, à un mois des élections législatives au Liban.

Cette « Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises » (CEDRE) sera ouverte par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et clôturée par le président Emmanuel Macron.

La France, allié historique du Liban depuis le mandat français (1920-1946), s’est fortement engagée en faveur de ce pays, malmené par des années de crise politique, une économie affaiblie, et les menaces d’extension du conflit syrien, aux côtés de la communauté internationale.

« Ce soutien est un moyen de construire des digues entre le Liban et un environnement régional troublé à un moment de grande incertitude politique », a-t-on relevé dans l’entourage de Jean-Yves Le Drian.

A la conférence du CEDRE, les participants vont « se mettre d’accord sur un plan d’investissement notamment dans les domaines essentiels pour les services à la population et celui du développement durable », a indiqué l’Elysée.

L’Etat, pas le Hezbollah

Ce plan, bâti par les autorités libanaises, vise à moderniser les infrastructures du pays qui connaissent d’importants retards de développement, à commencer par l’alimentation en eau, la production d’électricité et le traitement des ordures ménagères.

Ces investissements sont évalués à 10,1 milliards de dollars sur une première phase de quatre ans, qui sera validée vendredi, a-t-on précisé dans l’entourage de Jean-Yves Le Drian. Au total, les besoins du Liban s’élèvent à 23 milliards de dollars sur 12 ans.

De premiers engagements financiers – prêts à taux bonifiés, dons, garanties publiques – seront annoncés à la conférence de Paris, a-t-on ajouté au Quai d’Orsay sans donner plus de précisions.

Ce ne sera toutefois pas une conférence classique de donateurs, destinée à maximiser les annonces. « On n’est pas là pour viser un chiffre », a-t-on souligné.

Le Liban, qui vit dans la crainte d’une crise économique et financière, espère pour sa part lever entre 6 et 7 milliards de dollars en dons et prêts, selon les services de Hariri. Le reste de la première phase, soit 35 à 40 % du total, doit être pris en charge par les investisseurs privés.

« L’idée politique derrière, c’est que l’Etat libanais fournisse services et infrastructures à la population plutôt que d’autres », a-t-on noté dans l’entourage du ministre, en référence au puissant mouvement terroriste chiite pro-iranien Hezbollah.

Des réformes structurelles

L’Arabie saoudite, soupçonnée d’avoir poussé Saad Hariri à la démission en novembre 2017 en raison de l’influence croissante du Hezbollah et à travers lui de l’Iran, a envoyé des « signaux positifs » sur sa participation à la conférence, selon l’Elysée. L’Iran n’a en revanche pas été invité à Paris.

Saad Hariri, qui avait annoncé sa démission depuis Ryad, est finalement rentré dans son pays trois semaines plus tard après une médiation française et a repris ses fonctions à la tête du gouvernement libanais.

Le Liban va s’engager de son côté sur un plan de réformes que ce soit dans la régulation des transports, des télécommunications ou dans la mise en oeuvre de la justice et dans la lutte contre la corruption.

« Tout le monde est bien conscient que ces investissements ne seront efficaces que s’ils sont accompagnés par des réformes structurelles très importantes », insiste l’Elysée.

Le gouvernement libanais doit aussi viser une réduction du déficit public – de l’ordre de 9 à 10 % du PIB – « d’un point de PIB par an pendant cinq ans », a-t-on indiqué au Quai d’Orsay qui n’a pas divulgué de détails.

Un mécanisme de suivi sera mis en place pour s’assurer que ces engagements sont « suivis d’effets » au-delà des législatives, les premières depuis neuf ans dans ce pays.

La communauté internationale a déjà oeuvré au renforcement de l’armée libanaise lors de la conférence de Rome le 15 mars et doit faire un geste pour le million de réfugiés syriens au Liban, soit un quart de la population locale, le 25 avril à Bruxelles.

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