Mojtaba Khamenei serait dans un état « grave », incapable de diriger l’Iran
Le nouveau Guide suprême se trouverait à Qom, selon des renseignements américano-israéliens - qui indiquent également que Téhéran se prépare à enterrer son père avec d’autres, peut-être avec Mojtaba lui-même

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei est inconscient et il est dans un état de santé « grave », ce qui le rend incapable de gouverner le pays, selon une évaluation qui a été faite par les services de renseignement et qui a été obtenue par le journal britannique The Times dans la journée de mardi.
« Mojtaba Khamenei est soigné à Qom [ville iranienne] dans un état grave, incapable de participer à la prise de décision du régime », indique ainsi une note diplomatique qui, selon The Times, s’appuie sur des renseignements américano-israéliens. Le document a été partagé avec les alliés de l’État juif et des États-Unis dans le Golfe.
C’est la première fois qu’un rapport révèle publiquement où se trouve Khamenei depuis le début de la guerre. Il aurait été blessé lors de la première vague de frappes américano-israéliennes, le 28 février.
Le document révèle également que des préparatifs ont été entrepris en vue de l’enterrement d’Ali Khamenei, ancien guide suprême et père de Mojtaba, à Qom — une localité considérée comme une ville sainte de l’islam chiite — après qu’il a été tué lors des mêmes frappes qui ont déclenché les combats.
Les agences de renseignement supposent que des préparatifs ésont actuellement en cours pour « jeter les bases nécessaires à la construction d’un grand mausolée à Qom », au sud de Téhéran, destiné à accueillir « plus d’une tombe », selon la note.
La note semble laisser entendre que d’autres membres de la famille — peut-être Mojtaba lui-même — pourront être enterrés aux côtés de feu l’ayatollah.
Depuis qu’il a été choisi pour diriger l’Iran, le jeune Khamenei n’a pas été vu et il n’a donné aucun signe de vie – ce qui a donné lieu à des spéculations sur son état de santé et sur le lieu où il se trouve, ainsi que le contrôle réel qu’il exerce sur le gouvernement et sur l’armée iraniens.
Dans les semaines qui ont suivi la confirmation par le régime que Khamenei avait été blessé lors de la même frappe aérienne qui avait coûté la vie à son père, sa mère, son épouse et son fils, les médias d’État ont commencé à diffuser des déclarations écrites qui, ont-ils affirmé, ont été rédigées de la main du dirigeant de 56 ans.
Lundi, une chaîne d’information publique a diffusé une vidéo générée par l’intelligence artificielle qui montre le nouveau guide suprême entrant dans une salle de crise et examinant une carte de l’installation de recherche nucléaire israélienne de Dimona. Les médias d’État publient régulièrement des images de Khamenei, mais sans préciser si elles sont récentes. Il dispose également de ses propres comptes officiels sur Telegram et X.
Le 23 mars, des responsables américains et israéliens de la sécurité avaient déclaré au Washington Post que Khamenei était « blessé, isolé et qu’il ne répondait pas aux messages qui lui étaient transmis » alors que des rumeurs laissaient alors entendre que le Corps des gardiens de la révolution islamique et certains religieux avaient renforcé leur contrôle sur l’Iran.
Les médias d’État iraniens avaient précédemment indiqué que Khamenei, le père, serait inhumé dans un sanctuaire chiite de sa ville natale, Mashhad. Mais aucun enterrement d’État n’a encore été annoncé.
Le régime a reporté cet événement public en raison de « l’anticipation d’une affluence sans précédent », selon l’article paru dans le Times – mais des interrogations se posent toutefois s’agissant de ce retard.
Il est de coutume, dans la tradition chiite, d’enterrer les défunts immédiatement après leur décès. Ce sera, mercredi, le 40e jour depuis le décès de Khamenei, survenu le 28 février.
Des funérailles ont été organisées pour d’autres hauts responsables iraniens tués lors des frappes américano-israéliennes en cours, parmi lesquels l’ancien secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani et l’ancien chef des Basij, Gholamreza Soleimani.







