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Mort à Marseille du résistant et « ami de la presse » Marcel Thomazeau

Figure de la résistance, déporté au camp de Mauthausen, il a passé une partie de sa vie à sensibiliser les nouvelles générations aux risques du fascisme

Marcel Thomasseau. (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Marcel Thomasseau. (Crédit : Capture d'écran YouTube)

« Il a passé sa vie à résister » : à 101 ans, Marcel Thomazeau, résistant durant la Seconde Guerre mondiale, déporté, puis dirigeant de journaux régionaux, est mort vendredi à Marseille, a-t-on appris auprès de son fils et du quotidien La Marseillaise.

« Il s’est éteint ce matin vers 08H00, tranquillement », a indiqué à l’AFP son fils, l’écrivain François Thomazeau.

« Nous ressentons une grande émotion, il a été un repère au fil des ans et il a toujours défendu les valeurs du Conseil national de la Résistance, la lutte contre l’extrême droite », a témoigné Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise, dont Marcel Thomazeau fut directeur durant 20 ans.

Des responsables politiques de droite comme de gauche ont rendu hommage à cet homme qui a passé une partie de sa vie à sensibiliser les nouvelles générations aux risques du fascisme.

Le maire de Marseille (divers gauche) Benoît Payan tout comme la présidente du conseil départemental Martine Vassal (divers droite) ont tous deux salué « un héros de la résistance et un passeur de mémoire ». Lui-même fils de résistants, Renaud Muselier, président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte-d’Azur, a lui aussi salué cette « figure » de la résistance communiste.

Né le 14 octobre 1922 à Sainte-Lumine-de-Coutais (Loire-Atlantique), dans une famille de 10 enfants, Marcel Thomazeau a commencé à travailler très jeune comme ouvrier tourneur de feuilles puis lithographe, dans une imprimerie.

Dès l’occupation de la France par l’Allemagne en 1940, il entre en résistance contre les nazis, dans un mouvement communiste. « Nous avons créé des groupes armés à Nantes et combattu jusqu’à notre arrestation en 1942 », racontait-il dans une vidéo pour la ville de Marseille.

Des prisonniers libérés du camp de Mauthausen (Crédit : Domaine public)

Son frère est condamné à mort et fusillé, lui se voit infliger sept ans de travaux forcés. Il est finalement déporté vers le camp de concentration de Mauthausen, dans le nord de l’Autriche, où sont passés quelque 200 000 prisonniers considérés comme « ennemis politiques » du régime nazi d’Adolf Hitler.

« Nous avons été mis dans des wagons à bestiaux, 150 par wagon, nus », se souvenait-il dans le même témoignage.

A la libération du camp par les forces alliées en 1945, il ne pesait plus qu’une trentaine de kilos et souffrait de tuberculose.

A son retour en France, toujours fidèle au parti communiste, il se forme aux métiers de la presse et devient directeur du journal régional L’écho du centre, à Limoges, pendant plus de 10 ans, puis de Liberté, à Lille, avant de prendre la tête de La Marseillaise pendant vingt ans.

Même retraité, celui qui se disait toujours « ami de la presse » aimait venir chaque matin prendre son journal à l’accueil de La Marseillaise, à deux pas du Vieux-Port, raconte Léo Purguette.

Il s’était d’ailleurs impliqué, avec le cinéaste Robert Guédiguian, pour sauver ce journal historique de la Résistance menacé de liquidation judiciaire.

Ses obsèques auront lieu jeudi matin à Marseille.

« Il s’est toujours exprimé contre les extrêmes et contre l’extrême droite en particulier », souligne son fils : « Aujourd’hui, dans le monde qu’il quitte, son message est : ‘Résistez !’. »

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