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Mort de Nehemiah Persoff, l’acteur aux plus de 200 rôles, à l’âge de 102 ans

Persoff aimait incarner des rôles de gangsters ou autres personnages douteux au cinéma et il avait fait d'innombrables apparitions à la télévision

Nehemiah Persoff aura joué dans des centaines d'œuvres à l'écran, de classiques de Hollywood ou à la télévision. Dans le sens des iaguilles d'une montre, à partir d'en haut à gauche : "Certains l'aiment chaud", "Sur les quais", "Red Sky at Morning," "Yentl" et "Playhouse 90" (dans le rôle de Benito Mussolini).  (Crédit : Nehemiah Persoff/Photo illustration by Grace Yagel)
Nehemiah Persoff aura joué dans des centaines d'œuvres à l'écran, de classiques de Hollywood ou à la télévision. Dans le sens des iaguilles d'une montre, à partir d'en haut à gauche : "Certains l'aiment chaud", "Sur les quais", "Red Sky at Morning," "Yentl" et "Playhouse 90" (dans le rôle de Benito Mussolini). (Crédit : Nehemiah Persoff/Photo illustration by Grace Yagel)

JTA — Très peu d’acteurs, morts ou vivants, peuvent s’enorgueillir d’avoir eu la carrière de Nehemiah Persoff.

L’acteur né en Israël, qui a succombé mardi à une crise cardiaque dans son habitation de San Luis Obispo, en Californie, à l’âge de 102 ans, aura tenu plus de 200 rôles à l’écran ou au théâtre durant toute sa vie.

Persoff, qui disait fièrement être un « acteur de genre », aimait interpréter des gangsters et autres personnages douteux. Il s’était illustré dans des classiques comme « Certains l’aiment chaud » ou « Le faux coupable », ainsi que dans l’innombrables rôles à la télévision allant de « La Quatrième dimension » à « Gunsmoke ». Il avait aussi prêté ses traits au dictateur italien Benito Mussolini dans « Playhouse 90. »

Mais Persoff était aussi resté fidèle à sa jeunesse et à son éducation juive en jouant un certain nombre de rabbins dans des classiques comme « Yentl » ou « Angels in America, » ainsi qu’en prêtant sa voix à une souris juive – le patriarche Papa Mouskewitz – dans le dessin animé « Fievel et le Nouveau monde ».

« Il m’a fallu du temps pour réaliser que jouer la comédie, ce n’est pas vivre – que c’est un art », avait déclaré Persoff à JTA l’année dernière au cours d’une interview accordée à l’occasion de la publication de ses mémoires, The Many Faces of Nehemiah.

Né à Jérusalem, Persoff avait immigré avec sa famille à New York en 1929, alors qu’il était âgé de dix ans. Il avait obtenu une bourse d’étude pour intégrer l’école de comédie du Théâtre de New York (son premier rôle avait été celui de Karl Marx dans une pièce de théâtre communiste) et il avait appris ce qui allait devenir le métier de toute sa vie tout en occupant, quand il était adolescent, des emplois improbables pour soutenir sa famille pendant la Grande dépression.

Recruté par l’armée américaine pendant la Seconde guerre mondiale, Persoff avait été chargé de former une compagnie théâtrale pour divertir les soldats. Il avait commencé sa carrière à la télévision après la guerre et il s’était ultérieurement reconnecté avec ses racines israéliennes en montant sur les scènes de l’État juif. Si Persoff n’était pas religieux, il devait rester un sioniste convaincu sa vie entière et il avait exprimé son regret de ne pas avoir pris part en tant que soldat à la guerre d’Indépendance, en 1948 et en 1949, une époque où il s’efforçait par ailleurs d’asseoir sa carrière de comédien aux États-Unis.

Et quelle carrière ! Les apparitions de Persoff à l’écran seulement ont couru sur 55 années d’histoire du cinéma et de la télévision ; il avait été dirigé par Billy Wilder, Alfred Hitchcock, Barbra Streisand et Martin Scorsese (il avait joué un rabbin pour ce dernier dans « La Dernière tentation du christ ») et il était apparu dans la quasi-totalité des émissions qui avaient marqué les années 1950, 1960 et 1970. Il avait été le chauffeur de taxi de Marlon Brando dans une scène emblématique de « Sur les quais ». Sur scène, il s’était illustré à Broadway et au prestigieux Théâtre Cameri en Israël et il avait monté un one-man show où il avait interprété l’auteur du « Violoniste sur le toit » Sholem Aleichem (et il avait joué aussi à l’occasion Tevye).

Une attaque cérébrale, au début des années 2000, avait signé la fin de la carrière d’acteur de Persoff, qui s’était alors consacré à la peinture. Peu enclin à cesser toute activité, il aura peint plus de 250 aquarelles dans son existence.

Persoff avait rencontré son épouse, Thia, pendant un voyage en Israël en 1951 ; elle s’est éteinte l’année dernière. Il laisse derrière lui trois fils, une fille, un petit-fils et quatre petites-filles.

« Je fais intégralement partie de l’aventure juive », avait dit Persoff à JTA en évoquant sa vie et sa carrière passées.

« C’est formidable d’être Juif. »

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