Mort d’un officier : Tsahal va ouvrir une troisième enquête
Les militaires vont examiner leur programme d'entraînement et l'absence de défibrillateur sur les lieux après la mort du colonel Sharon Asman, qui était âgé de 42 ans
Judah Ari Gross est le correspondant du Times of Israël pour les sujets religieux et les affaires de la Diaspora.

L’armée israélienne a annoncé, dimanche, l’ouverture d’une troisième enquête sur le décès soudain du colonel Sharon Asman qui s’est effondré lors d’un entraînement sur une base militaire, la semaine dernière.
Les investigations – qui vont examiner le programme d’entraînement qui avait été mis en place et les problèmes d’accès à des dispositifs médicaux déterminants dans les soins d’urgence – viendront accompagner deux autres enquêtes déjà ouvertes sur la mort de l’officier : une enquête de la police militaire automatiquement ouverte lors de la mort d’un soldat et une autopsie pour découvrir la cause exacte du décès et évaluer les soins qui ont été prodigués à Asman.
« L’équipe fera des recommandations concernant les initiatives qui peuvent être prises pour empêcher que des incidents similaires aient lieu à l’avenir », a noté l’armée israélienne dimanche en annonçant la troisième enquête.
Asman, 42 ans, s’était soudainement effondré après une brève course en compagnie d’autres soldats, jeudi. Il avait été immédiatement pris en charge mais sa mort a été prononcée peu après sur les lieux mêmes de l’incident. Selon l’armée israélienne, il a fallu au moins 20 minutes pour amener un défibrillateur même s’il est difficile d’affirmer que ce dispositif – qui contrôle le rythme cardiaque – aurait pu lui sauver la vie.
La cause exacte de sa mort reste inconnue pour le moment mais il pourrait s’agir d’une insuffisance cardiaque – probablement entraînée par une insuffisance cardiaque qui n’avait pas été diagnostiquée.
La Treizième chaîne a fait savoir que l’armée réexaminait le protocole de examens médicaux auquel les officiers doivent se soumettre. L’objectif est de pouvoir mieux identifier à terme de telles défaillances.
Ce sont des médecins militaires et des instructeurs responsables des entraînements qui mèneront l’enquête sur le programme d’entraînement, a noté Tsahal.
« L’équipe d’experts contrôlera les questions relatives aux exercices de routine des unités de combat : les préparations, les équipements médicaux et l’évacuation pendant les exercices, la formation des instructeurs pour qu’ils soient en mesure de fournir des soins médicaux et tous les autres problèmes susceptibles de survenir pendant leur travail », ont indiqué les officiers.
Les investigations s’intéresseront en partie à l’absence de défibrillateur là où Asman s’est effondré – et ce même si les centres de sport civils ont l’obligation d’avoir ce type de dispositif sous la main.
Samedi soir, l’armée a fait savoir qu’elle avait confié à un officier la mission de diriger un groupe de travail qui enquêtera sur la mort d’Asman. Le panel commencera son travail dimanche.
Tsahal a indiqué que la commission examinera « de nombreuses questions d’ordre médical » liées au décès d’Asman.
La mort d’Asman a choqué les militaires. Il avait pris son poste de commandant seulement quelques jours avant l’incident et qui était considéré comme une étoile montante de l’armée.
Il a été inhumé au cimetière militaire de Kiryat Shaul dimanche à Tel Aviv.
Sa veuve, elle aussi prénommée Sharon, l’a remercié pour « ces merveilleuses années d’amour, de soutien et d’amitié ».
« Merci pour nos deux filles formidables. Merci pour nos conversations, ta sagesse, ta sagacité. Aujourd’hui, tout le monde est conscient de ce que nous avons toujours su – combien tu étais un être spécial, une combinaison rare d’homme d’esprit et de combattant », a-t-elle déclaré.
Le chef d’État-major Aviv Kohavi a fait l’éloge funèbre d’Asman, disant qu’il était « un officier et un homme bien » à la fois « professionnel et rigoureux, un homme de sang-froid et brave ».
Asman était dans l’armée israélienne depuis 25 ans et il avait combattu au Liban et à Gaza.
Le chef du Commandement du nord, Amir Baram, a déclaré qu’Asman était « un guerrier et un militaire merveilleux ».
« Il était un sabra – dur à l’extérieur et sensible à l’intérieur. Il se préoccupait toujours des soldats qui étaient placés sous ses ordres et des officiers, de ses collègues et de ses commandants », a dit Baram.
L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.







