Moshe Edri retire sa candidature de chef de la police sur fond de controverse
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Moshe Edri retire sa candidature de chef de la police sur fond de controverse

Cette annonce survient après qu'il s'est avéré que le candidat avait rencontré l'examinatrice du test au détecteur de mensonges avant le test

Moshe Edri, directeur-général du ministère de la Sécurité intérieure, durant une conférence de pesse pour le lancement du nouveau siège pour la protection de l'enfance sur internet, au ministère de la Sécurité intérieure, à Jérusalem, le 19 novembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Moshe Edri, directeur-général du ministère de la Sécurité intérieure, durant une conférence de pesse pour le lancement du nouveau siège pour la protection de l'enfance sur internet, au ministère de la Sécurité intérieure, à Jérusalem, le 19 novembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le général de division Moshe Edri a annoncé mercredi qu’il se retirait de la course pour le poste du nouveau chef de la police après que la Commission consultative des nominations des hauts fonctionnaires, connue sous le nom de Commission Goldberg a rejeté sa candidature et que des nouvelles questions concernant sa conduite durant le processus de nomination ont émergé.

Dans une lettre informant le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan de sa décision, Edri a écrit que de « nombreuses forces » ont tout mis en oeuvre pour « saboter ma nomination, me calomnier, traîner mon nom et celui de ma famille dans la boue ».

Il a souligné que les deux membres de la commission qui l’avaient approuvé ont déclaré qu’ils avaient senti qu’il y avait « une volonté de nuire à la nomination du candidat à tout prix. » Il a ajouté qu’il ne savait pas à quoi cela était dû.

« Ces derniers jours, au cours des procédures, la campagne de diffamation a franchi toutes les limites et mon nom a été traîné dans la boue, sans raison. »

C’est la deuxième fois que la candidature soumise par Erdan pour le poste de chef de la police n’aboutit pas. En 2015, le choix d’Erdan s’était posé sur Gal Hirsch, un ancien général de l’armée. Cette candidature n’avait pas été retenue après que certaines transactions à l’étranger de sa société avaient été mises en cause. Erdan avait alors nommé Roni Alsheich, qui met cette semaine un terme à son mandat de trois ans, un mandat marqué par les enquêtes de corruption dont fait l’objet le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a choisi de ne pas reconduire le mandat pour une quatrième année, alors que c’est généralement l’usage.

Erdan a déclaré mercredi qu’Edri était victime d’une terrible injustice ».

La chaîne télévisée Hadashot a rapporté que le procureur général avait été clair ces derniers jours sur le fait qu’il ne défendrait pas la nomination d’Edri si la Haute cour était saisie, et qu’il ne soutenait plus sa nomination.

Il est assez improbable que les deux autres candidats envisagés par Erdan se voient offrir le poste, a fait savoir le reportage, donc la chasse au nouveau chef de police devra recommencer. Motti Cohen a été nommé chef de la police en intérim pour le moment.

L’annonce d’Edri survient après que des allégations suggéraient qu’il avait rencontré la femme lui ayant fait passé un test au détecteur de mensonges dans le cadre du processus de sélection, avant de passer ledit test.

Le site Walla a indiqué qu’Edri avait rencontré Hava Yodfat mais n’avait pas évoqué cette rencontre devant la commission, qui a fini par rejeter sa candidature.

Il est donc possible, selon les médias, qu’Edri, ancien chef de la police de Jérusalem et de Tel Aviv et actuel directeur-général du ministère de la Sécurité intérieure, ait rencontre Yodfat afin qu’ils coordonnent leur conduite, ou pour le préparer au test de quelque manière que ce soit.

En réponse à ces allégations, Edri a confirmé s’être entretenu avec Yodfat mais a indiqué que cette rencontre a précédé la nomination de cette dernière aux tests et que leur rencontre portait sur une question d’ordre médical qui aurait pu poser problème lors du test.

Yodfat, ancienne chef de la police, considérée comme une professionnelle de confiance, n’a pas fait part de cette rencontre à la commission non plus.

Après que ces informations ont fait surface, Mandelblit a examiné la conduite d’Edri et le fait qu’il n’a pas fait part de cet entretien à la commission consultative.

Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, pendant la cérémonie de Yom HaAtsmaout de la police, à Jérusalem, le 26 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Vendredi, la Commission consultative des nominations des hauts fonctionnaires, connue sous le nom de Commission Goldberg, a annoncé qu’elle ne pouvait pas recommander Edri pour le poste de chef de la police.

Selon l’annonce de la Commission Goldberg, la décision de mettre le holà à la nomination découlait d’une rencontre qu’Edri a eue avec l’avocat d’un plaignant, le lanceur d’alerte auprès de l’administration fiscale Rafi Rotem, qui a accusé le département de police d’Edri de le harceler.

La commission a également pris note d’un rapport du contrôleur de l’Etat qui a constaté une faute dans la conduite d’Edri alors qu’il était chef du service de la circulation de la police.

Les quatre membres du jury ont voté 2-2 pour Edri, deux membres du comité ayant déclaré qu’ils n’estimaient pas que les préoccupations justifiaient l’annulation de la nomination, mais le juge retraité Eliezer Goldberg a utilisé ses pouvoirs à la tête de la commission pour briser l’égalité et torpiller la nomination.

Erdan avait alors déclaré qu’il ferait le nécessaire pour que la nomination puisse être faite, et des ministres avaient annoncé qu’ils soutiendraient Edri. Le fait de contourner une décision d’une commission gouvernementale n’était pas chose évidente et si le cabinet avait décidé d’approuver Edri malgré les objections, il est probable que la Haute cour aurait été saisie.

Durant le processus de nomination, Edri a été soumis au détecteur de mensonges que la commission des nominations lui avait ordonné de passer dans le cadre de son processus de sélection, en raison de la nature délicate du poste de chef de la police, le fait que des plaintes avaient été formulées contre lui concernant un comportement déplacé et que les autres candidats avaient déjà subi le test.

L’ancien juge de la Cour suprême Eliezer Goldberg en février 2013. (Miriam Alster/ Flash 90)

Mercredi, Walla a dévoilé qu’Edri avait rencontré Yodfat avant de passer ce test.

Le ministère de la Sécurité intérieure a répondu que « bien avant que la commission ne décide de demander un test au détecteur de mensonges, et bien avant que le procureur général ne décide de faire appel à un centre de tests précis, [Edri] avait pris contact [avec Yodfat] pour s’entretenir au sujet d’un problème d’ordre médical pour pouvoir passer ce test, en cas de besoin, au vu de son dossier médical. »

« La rencontre n’a pas porté sur une préparation au test du détecteur de mensonges et contrairement aux allégations contenues dans l’article [de Walla], Edri ne s’est pas mis d’accord et n’a rien demandé à l’examinatrice. »

La nomination d’Edri avait été initialement saluée par les politiques israéliens. Netanyahu avait déclaré qu’Edri était « un bon choix », et l’avait décrit comme « un bon policier expérimenté ». Edri avait vaincu le chef de la police de Jérusalem Yoram Halevi, considéré comme son rival pour ce poste, et David Bitan, actuel chef de la police de Tel Aviv.

Michael Bachner a contribué à cet article.

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