Police: la commission rejette la candidature d’Edri, le gouvernement passe outre
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Police: la commission rejette la candidature d’Edri, le gouvernement passe outre

Erdan et Shaked rejettent la recommandation de la commission gouvernementale, qui affirme que l'ancien chef de la police de Jérusalem minerait la confiance du public dans la police

Moshe Edri assiste au lancement du nouveau siège national pour la protection des enfants en ligne à Jérusalem le 19 novembre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)
Moshe Edri assiste au lancement du nouveau siège national pour la protection des enfants en ligne à Jérusalem le 19 novembre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Un groupe d’experts du gouvernement a rejeté la nomination du général de division Moshe « Chico » Edri au poste de chef de la police israélienne au début de la journée de vendredi, jetant de sérieux doutes sur la nomination du candidat soutenu par le gouvernement et mettant en cause son comportement passé.

La Commission consultative des nominations des hauts fonctionnaires, connue sous le nom de Commission Goldberg, a annoncé juste après minuit vendredi qu’elle ne pouvait pas recommander Edri pour le poste de chef de la police, disant qu’il « nuirait à la confiance du public envers la police ».

Cependant, la décision elle-même était également contestée, le groupe spécial étant divisé quant à sa décision, et le chef a utilisé son vote décisif pour en arriver à un verdict.

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan, qui avait nommé Edri, a déclaré qu’il chercherait à changer la position de la commission et, s’il échoue, à faire avancer cette nomination malgré tout. On ne sait pas si Edri pourrait obtenir l’approbation du gouvernement sans l’accord de la commission.

La ministre de la Justice, Ayelet Shaked, a également indiqué que le gouvernement pourrait voter pour la nomination d’Edri, affirmant que la commission n’avait pas le droit de décider qui allait devenir chef de la police. « Personne n’est parfait, mais le gouvernement doit nommer le meilleur candidat », a-t-elle dit.

L’actuel chef de la police Roni Alsheich devant prendre sa retraite lundi, il est probable que la police sera forcée de nommé un chef intérimaire jusqu’à ce qu’un chef permanent puisse être choisi.

Le commandant de la police du district de Jérusalem, Moshe Edri, sur les lieux d’une attaque à l’arme blanche près de la porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 10 octobre 2015. (Yonatan Sindel/Flash90)

Edri, l’actuel directeur général du ministère de la Sécurité publique et ancien commandant de police des districts de Jérusalem et de Tel Aviv, avait obtenu un large soutien au sein du gouvernement, battant le chef de la police de Jérusalem Yoram Halevi, qui était considéré comme le principal candidat à ce poste, et David Bitan, actuel chef de la police de Tel Aviv.

Mais des questions ont été soulevées au sujet de sa conduite passée et de son mandat en tant que premier flic de Jérusalem.

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan et le chef de la police israélienne Roni Alsheich au siège de la police à Jérusalem le 26 avril 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

La semaine dernière, Edri a subi un test au détecteur de mensonges que la commission des nominations lui avait ordonné de passer dans le cadre de son processus de sélection, en raison de la nature délicate du poste de chef de la police, le fait que des plaintes avaient été formulées contre lui concernant un comportement déplacé et que les autres candidats avaient déjà subi le test.

Selon l’annonce de la Commission Goldberg, la décision de mettre le holà à la nomination découlait d’une rencontre qu’Edri a eue avec l’avocat d’un plaignant, le lanceur d’alerte auprès de l’administration fiscale Rafi Rotem, qui a accusé le département de police d’Edri de le harceler

Bien qu’Edri ait prétendu que la réunion ne concernait pas Rotem, la commission a écrit que le fait même qu’ils se soient rencontrés à un moment aussi délicat était « un manquement au comportement et au devoir de discrétion qui entraîne une mauvaise conduite ».

« La confiance du public dans la police vient dans une large mesure de la personnalité du chef de la police », a écrit la commission. « Le nuage qui planait sur la réunion suivrait le candidat pendant toutes ses années de service, s’il était choisi, et nuirait ainsi à la confiance du public dans la police. »

La commission a également pris note d’un rapport du contrôleur de l’Etat qui a constaté une faute dans la conduite d’Edri alors qu’il était chef du service de la circulation de la police.

Les quatre membres du jury ont voté 2-2 pour Edri, deux membres du comité ayant déclaré qu’ils n’estimaient pas que les préoccupations justifiaient l’annulation de la nomination, mais le juge retraité Eliezer Goldberg a utilisé ses pouvoirs à la tête de la commission pour briser l’égalité et torpiller la nomination.

La commission a tenu plusieurs discussions sur la nomination d’Edri et a auditionné Erdan, Alsheich, et Edri lui-même.

Divers rapports ont affirmé qu’Alsheich a cherché à contrecarrer la nomination d’Edri au cours des derniers mois.

S’adressant aux journalistes jeudi soir, il a nié avoir joué un quelconque rôle dans le retard pris par la commission dans sa décision sur la nomination.

Une cérémonie d’adieu pour le chef de police sortant Roni Alsheich, (au centre), à l’Académie nationale de police de Beit Shemesh, le 29 novembre 2018. (Yonatan Sindel/FLASH90)

Après avoir demandé aux auditionnés de soumettre des informations susceptibles d’aider à l’examen de la candidature d’Edri, la commission a déclaré qu’elle avait reçu de nombreuses réponses, pour la plupart favorables. Cependant, certains membres ont dénoncés des « comportements inappropriés », a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

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