Nomination d’Edri: des ministres veulent dissoudre la commission Goldberg
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Nomination d’Edri: des ministres veulent dissoudre la commission Goldberg

Pour de hauts responsables de HaBayit HaYehudi et du Likud, le cabinet devrait nommer Moshe Edri malgré le rejet de sa nomination par la commission ; le procureur général tranchera

Gilad Erdan (à gauche) et Moshe Edri (2e à partir de la gauche), lors d'une cérémonie d'adieu au chef de la police sortant Roni Alsheich à Beit Shemesh, le 29 novembre 2018 (Yonatan Sindel/Flash90)
Gilad Erdan (à gauche) et Moshe Edri (2e à partir de la gauche), lors d'une cérémonie d'adieu au chef de la police sortant Roni Alsheich à Beit Shemesh, le 29 novembre 2018 (Yonatan Sindel/Flash90)

Des dirigeants du parti HaBayit HaYehudi et un ministre du Likud ont déclaré vendredi qu’ils voteraient pour confirmer le général de division Moshe Edri comme chef de la police, en dépit d’une commission d’enquête gouvernementale le jugeant inapte à ce poste, le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, ayant déclaré qu’il ferait le nécessaire pour que la nomination puisse être faite.

Naftali Bennett, ministre de l’Éducation et dirigeant du parti HaBayit HaYehudi et sa partenaire politique Ayelet Shaked, ministre de la Justice, ont demandé la dissolution de la Commission consultative des nominations de hauts fonctionnaires, en déclarant que cela limitait la souveraineté du gouvernement.

« Si le ministre Erdan décide de soumettre la nomination de… Edri devant le cabinet, nous voterons en faveur de sa nomination », a déclaré M. Bennett.

Bennett a déclaré qu’Edri « a servi l’État d’Israël toute sa vie, et soudain, il se voit contraint de se conformer à la norme d’un ange pur et sans faille. Le problème, c’est que ceux qui agissent se trompent parfois, et cette attitude de la commission et ces querelles juridiques excessives conduisent Israël à la médiocrité, à l’inefficacité et à la peur de l’action. »

Le ministre du Tourisme Yariv Levin du Likud a également appelé à la suppression de la commission, affirmant qu’il était nécessaire de repenser le processus de nomination.

Le ministre de l’Education Naftali Bennett et la ministre de la Justice Ayelet Shaked pendant une conférence de presse le 19 novembre 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La décision de la commission était divisée 2-2, ce qui a forcé son chef à voter pour départager les deux candidats. Dans leur décision majoritaire, le président et juge à la retraite Eliezer Goldberg et la professeur de droit Talia Einhorn ont cité une récente réunion qu’Edri avait tenue avec un avocat d’un plaignant contre lui, qu’il n’a pas révélée à la commission. Ils ont également pris note d’un rapport du Contrôleur de l’État qui mettait en doute sa conduite alors qu’il était chef du Département de la circulation.

Shaked a déclaré que la commission, créée en 1999, était « superflue » et que sa décision était « déraisonnable ».

Edri, a-t-elle dit, a été soumis à une épreuve au cours du processus de nomination. « Si, après tous les examens, tout ce qui a été trouvé était une réunion avec l’avocat [Pinhas] Fischler et un rapport du contrôleur d’État qui n’empêchait pas sa nomination au poste de commandant de district et directeur général du ministère, alors il n’y a aucun obstacle à sa nomination ».

Moshe Edri, directeur général du ministère de la Sécurité publique, assiste à la cérémonie d’adieu du chef de la police sortant, Roni Alsheich, le 29 novembre 2018 à Beit Shemesh. (Yonatan Sindel/Flash90)

Parallèlement, le procureur général Avichai Mandelblit a tenu des consultations pendant qu’il examinait sa position sur la question.

M. Erdan a dit qu’il chercherait à modifier la position de la commission et, s’il échoue, il soumettra de toute façon la nomination à un vote du Cabinet. On ignore si cette démarche est juridiquement acceptable, et le rejet des objections de la commission par le Cabinet entraînerait probablement des recours en justice et une bataille devant la Cour suprême.

Le procureur général Avichai Mandelblit prend la parole lors d’une conférence à la Bibliothèque nationale de Jérusalem le 6 juin 2018. (Hadas Parush/Flash90)

La position de Mandelblit sur la question pourrait s’avérer cruciale pour la décision finale du Cabinet.

Selon un reportage publié la semaine dernière par le radiodiffuseur public Kan, il existerait des accusations contre Edri, dont l’une concernerait un comportement qui, dans le passé, a entraîné le renvoi d’autres agents de police. D’autres plaintes indiquent qu’Edri était en conflit d’intérêts en raison de liens avec des hommes d’affaires qu’il n’a pas signalés.

Les groupes de défense des droits des LGBT avaient critiqué la nomination d’Edri à la suite d’un coup de couteau mortel lors du défilé de la Fierté de Jérusalem qui a eu lieu alors que le candidat était l’officier supérieur de la ville. Edri a été blâmé pour l’attentat de 2015, au cours duquel l’extrémiste ultra-orthodoxe Yishai Schlissel a poignardé à mort Shira Banki, 16 ans, et blessé cinq autres personnes.

Des participants au défilé annuel de la Gay Pride de Jérusalem brandissent une photo de Shira Banki assassinée le 3 août 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Malgré les avertissements des services de renseignements selon lesquels Schlissel et d’autres préparaient des actes de violence contre les manifestants, la police de Jérusalem sous le commandement d’Edri n’a pris aucune mesure pour surveiller l’agresseur, qui avait déjà été emprisonné pour une attaque similaire mais non mortelle lors du défilé de la Gay Pride de 2005.

La nomination d’Edri a été largement saluée par les politiciens israéliens. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que c’était une « nomination appropriée » et a dit que le candidat était un « officier compétent et expérimenté ».

Alsheich terminera son mandat après quatre ans en poste. M. Erdan, qui s’est heurté au chef de la police sortant, a refusé de prolonger son mandat d’une année supplémentaire.

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