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Moshe Gafni : Yahadout HaTorah restera fidèle à Netanyahu « à tout prix »

Alors que les spéculations vont bon train, le chef du parti ultra-orthodoxe s'engage à rester fidèle à l'ancien Premier ministre, même si cela implique de passer dans l'opposition

Moshe Gafni, chef du parti Yahadout HaTorah, lors d'une interview avec la Douzième chaîne, le 8 août 2022. (Crédit : La Douzième chaîne)
Moshe Gafni, chef du parti Yahadout HaTorah, lors d'une interview avec la Douzième chaîne, le 8 août 2022. (Crédit : La Douzième chaîne)

Le chef du parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah, Moshe Gafni, a déclaré lundi qu’il ne rejoindrait un gouvernement dirigé par l’actuel leader de l’opposition Benjamin Netanyahu qu’après les élections de novembre, après avoir récemment laissé entendre qu’il envisagerait de changer l’allégeance de son parti avant les élections du 1er novembre.

Dans une interview accordée à la Douzième chaîne, le législateur ultra-orthodoxe a déclaré que « certaines personnes essaient de me diffamer et de dire ‘Gafni ira avec la gauche' », soulignant qu’il n’en avait aucunement l’intention.

« Je ne rejoindrai aucun autre gouvernement, même si le bloc de Netanyahu n’atteignait pas les 61 sièges, mais il y arrivera », a-t-il déclaré.

Gafni a semblé confiant quant aux chances de Netanyahu de former un gouvernement après le vote.

Interrogé sur ce qui a changé depuis les quatre derniers cycles électoraux qui n’ont pas permis d’établir un gouvernement stable, Gafni a répondu que le public israélien « a compris l’année dernière à quel point la situation peut être mauvaise lorsque nous ne sommes pas au pouvoir ».

Abordant les désaccords potentiels au sein du bloc, Gafni a insisté sur le fait que les différents partis du bloc de Netanyahu parviendraient à trouver une solution.

« J’en suis arrivé à la conclusion que nous devons nous présenter avec le Likud à tout prix », même si cela signifie siéger dans l’opposition, a-t-il conclu.

Moshe Gafni, chef du parti Yahadout HaTorah, lors d’une interview avec le journaliste de la Douzième chaîne, Yair Sherki, le 8 août 2022. (Crédit : La Douzième chaîne)

Le parti Yahadout HaTorah de Gafni a été considéré par certains commentateurs politiques comme un parti qui pourrait potentiellement faire pencher la balance après les élections de novembre.

Gafni lui-même a laissé entendre à plusieurs reprises qu’il envisagerait d’unir ses forces avec un autre parti que le Likud de Netanyahu, si ce dernier ne parvenait pas à atteindre 61 sièges lors des prochaines élections.

Dans une interview accordée à la radio publique Kan en juin, peu après l’effondrement de la coalition de l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, Gafni avait laissé entendre qu’il envisageait de former un futur partenariat politique avec le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz.

L’année dernière, Gafni suggérait que le Likud aurait peut-être dû remplacer Netanyahu à la tête du parti afin d’éviter la formation du gouvernement Bennett. Lors de l’investiture de la coalition en juin 2021, Gafni a déclaré que le retrait de Netanyahu pour laisser un autre législateur du Likud former un gouvernement « aurait peut-être été la bonne chose à faire. »

Il est de notoriété publique, que Gafni s’est entretenu à deux reprises avec le Premier ministre Yair Lapid  depuis que ce dernier a prêté serment en tant que Premier ministre, l’une de ces conversations ayant eu lieu lors du mariage de la petite-fille du chef de Yahadout HaTorah, un événement qui a quelque peu surpris en raison de la liste d’invités qui comprenait des députés et des ministres de tout le spectre politique.

Mais il semble que quelque chose a changé ces dernières semaines, Gafni déclarant clairement, pour la première fois depuis longtemps, qu’il a l’intention de rester fidèle à Netanyahu et à son bloc, quoiqu’il en coûte.

L’une des raisons pourrait être la réaction de ses électeurs haredim. Les ultra-orthodoxes soutiennent largement Netanyahu.

Le ministre de la Défense Benny Gantz et le député de Yahadout HaTorah, Moshe Gafni, lors d’une conférence à la compagnie d’information de la télévision israélienne, le 7 mars 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon les récents sondages réalisés par la chaîne publique israélienne Kan, la Douzième et la Treizième chaines, le bloc qui soutient Netanyahu – le Likud, le Sionisme religieux, Shas et Yahadout HaTorah – obtiendrait 59 sièges, soit deux de moins que la majorité nécessaire pour former un gouvernement.

Dans le même temps, selon la chaîne publique israélienne Kan et la Douzième chaîne, le bloc anti-Netanyahu – Yesh Atid de Lapid, Kakhol lavan, Yisrael Beytenu, le Parti travailliste, le Meretz et Raam – n’obtiendrait que 55 sièges, soit six de moins que la majorité. Selon un sondage de la Treizième chaine, le bloc anti-Netanyahu obtiendrait 51 sièges et le parti Esprit sioniste, qui est ambigu quant à sa volonté de siéger aux côtés de l’ancien Premier ministre inculpé, en obtiendrait quatre. Selon la chaîne publique israélienne Kan et la Douzième chaîne, le parti de Shaked n’atteindrait pas le seuil électoral.

Les sondages télévisés israéliens ont toujours été d’une fiabilité douteuse, mais ils indiquent néanmoins des tendances et orientent souvent les décisions des politiciens.

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