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Analyse

Netanyahu a perdu le contrôle du tigre populiste qui l’a porté au pouvoir

Lors du vote sur les nominations judiciaires, la volonté du Premier ministre a été contrecarrée non pas par des extrémistes ou des adversaires, mais par ses plus fidèles soldats

Haviv Rettig Gur

Haviv Rettig Gur est l'analyste du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assiste à un vote de la Knesset sur le panel de sélection des juges, le 14 juin 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assiste à un vote de la Knesset sur le panel de sélection des juges, le 14 juin 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Tout le monde savait comment c’était censé se terminer.

« C’est l’une des journées les moins dramatiques dont je me souvienne à la Knesset. Il y avait une tension à couper au couteau… en plastique », s’est amusé le doyen des commentateurs politiques israéliens, Amit Segal, de la Douzième chaîne, mercredi matin.

Cette procédure généralement simple – la sélection des deux représentants du Parlement à la commission de neuf membres chargée de choisir les juges israéliens – était censée se conclure par un compromis entre la coalition et l’opposition. C’est le Premier ministre Benjamin Netanyahu, lui-même, qui en avait décidé ainsi. Afin de ne pas interrompre les discussions sur la réforme judiciaire à la résidence du président, Netanyahu avait ordonné aux leaders de la coalition de veiller à ce que l’un de ces sièges soit attribué à la coalition et l’autre à l’opposition.

Netanyahu, on l’a compris, aspire à la stabilité. Il a fait adopter le budget de l’État le mois dernier et jusqu’au printemps 2025, il est désormais pratiquement impossible de le chasser du pouvoir. Pour le Premier ministre le plus pérenne de l’Histoire d’Israël, c’est synonyme de liberté : liberté par rapport à ses ennemis, mais aussi, ou peut-être surtout, liberté par rapport à ses anciens amis et alliés.

Netanyahu a toujours préféré la stabilité et le compromis au bruit et à la colère. Certes, c’est un vrai prédateur, et ses campagnes sont généralement tapageuses, énergiques, pleines de pathos, de victimisation sur fond d’interminables prédictions de danger imminent. Mais une fois la victoire assurée, il reprend ses vieilles habitudes de gouvernant tranquille, d’homme qui passe de nombreux mois sans accorder la moindre interview aux médias, de fin stratège politique et de négociateur qui préfère presque toujours la voie de la moindre résistance.

Jusqu’à ce qu’il obtienne son budget, la voie de la moindre résistance consistait à accepter presque toutes les demandes que ses partenaires de coalition pouvaient formuler. Pour mettre enfin un terme à l’impasse des élections à répétition qui dure depuis près de quatre ans, il a fait entrer à la Knesset les forces politiques les plus radicales et les plus marginales du pays, convaincu qu’il pourrait les tenir en échec une fois qu’il serait au pouvoir.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu effectue une visite au marché Mahane Yehuda de Jérusalem, la veille des élections générales, le 22 mars 2021. (Olivier Fitoussi / Flash90)

Il l’a fait avec des partis extrémistes comme Otzma Yehudit, mais aussi au sein du Likud, où les populistes les plus bruyants ont fait piètre figure lors des primaires, mais ont reçu un coup de pouce d’un Netanyahu convaincu qu’ils seraient des fantassins loyaux à la Knesset. Tally Gotliv, par exemple, qui a déclaré qu’elle ignorerait les décisions de la Cour suprême et qui a été sanctionnée par la Knesset en mars pour avoir attribué à la présidente de la Cour suprême, Esther Hayut, la responsabilité d’un attentat terroriste, figurait en bas de la liste du parti, autour de la cinquantième place, jusqu’à ce qu’elle obtienne de Netanyahu une nomination directe, très convoitée, dans les hautes sphères.

Seulement, tout ceci était censé être révolu. Netanyahu avait survécu à la longue période qui s’était écoulée entre la prestation de serment du gouvernement, fin décembre, et l’adoption de la loi budgétaire, en mai. Ses partenaires et alliés les plus radicaux et les plus belliqueux avaient obtenu des postes clés au sein du gouvernement et de vastes pouvoirs pour les occuper. Netanyahu, désormais inattaquable, était censé enfin se retirer de la bataille judiciaire et des escarmouches politiques constantes des Itamar Ben Gvir et Gotliv pour pouvoir s’attaquer aux questions qui, selon lui, définiront son legs : sur le plan intérieur, la lutte contre la flambée des prix des denrées alimentaires et l’inflation, et sur le plan international, la remise en route des accords d’Abraham et un éventuel accord de paix avec l’Arabie saoudite, ainsi que la lutte contre l’incessant empiétement de l’Iran.

Netanyahu était de retour aux commandes, ce qui était synonyme de stabilité, comme le croyaient apparemment les plus proches partisans de Netanyahu et lui-même.

Jusqu’à cette très mauvaise journée de Netanyahu à la Knesset.

Le lapin qui n’en était pas un

L’idée était simple. Netanyahu instruirait la coalition de voter pour un candidat de leur parti – selon l’accord de coalition, le siège de sélection judiciaire devait aller à Yitzhak Kroizer d’Otzma Yehudit – et pour la candidate de l’opposition, Karine Elharrar. La réforme judiciaire dans son ensemble passerait alors d’une épave rapide et radicalisée à un programme législatif prudent, fragmentaire et de préférence négocié, qui donnerait à la droite une grande partie de ce qu’elle veut sans raviver la réaction massive de la population et les dommages économiques et diplomatiques observés ces cinq derniers mois.

Netanyahu est particulièrement sensible aux fluctuations de l’humeur publique. Il avait très probablement connaissance de l’enquête réalisée mercredi par l’institut de sondage Rafi Smith, qui n’accordait à sa coalition de 64 sièges qu’un soutien public de 54 sièges, ou du fait qu’une majorité d’Israéliens souhaitaient un compromis sur la commission de sélection des juges – un siège pour la coalition, un pour l’opposition – même si une majorité des électeurs de sa propre coalition n’étaient pas de cet avis.

Le chef de Yesh Atid, Yair Lapid, à gauche, et la députée Karine Elharrar pendant une conférence de presse conjointe à la Knesset, le 14 juin 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il n’y avait qu’un seul problème. Le vote de la Knesset pour ses représentants au sein de la commission est l’un des rares votes qui se déroulent à bulletin secret au Parlement. Et tel était le défi de Netanyahu : comment faire en sorte que sa propre coalition soit à moitié gagnante, à moitié perdante, afin de afin de ne pas faire dérailler l’enjeu plus important, les négociations judiciaires.

Malgré le fait que neuf députés de la coalition avaient annoncé qu’ils briguaient un poste au sein de la commission, les analystes de droite avaient expliqué que la plupart d’entre eux n’étaient pas sérieux. Qu’ils voulaient juste se faire remarquer par Netanyahu. Ils annonceraient leur candidature puis attendraient le coup de téléphone du Premier ministre leur demandant de se retirer de la course.

Or jusqu’à mercredi matin, il n’y a pas eu d’appel de Netanyahu. Netanyahu était convaincu que plusieurs des candidats de la droite agiraient exactement comme il l’avait planifié : les voix de la coalition seraient divisées et cela renforcerait la possibilité que la candidate de l’opposition, Mme Elharrar, soit élue.

Puis le plan semble avoir été modifié. Le matin du vote, une agitation frénétique s’est emparée des leaders de la coalition qui ont appelé les candidats pour leur dire de se retirer. Netanyahu semble ne s’être rendu compte qu’à la dernière minute qu’il avait formé une coalition de vrais croyants, que sa recherche d’idéologues de droite avait abouti à une coalition, et même à une faction du Likud, avec un pourcentage étonnamment élevé de, eh bien, d’idéologues de droite. La politique belliqueuse qu’il mène sur le plan tactique n’est pas pour eux une simple tactique ; ils y croient dur comme fer. Ils n’ont pas pu se résoudre à voter pour Elharrar, même après la demande solennelle de Netanyahu. Pas même ses fidèles, comme l’ancien rédacteur en chef d’Israel Hayom, le député Boaz Bismuth, qui déclarait publiquement qu’il ne voterait que pour les candidats de la coalition.

Le seul moyen dont disposait alors Netanyahu pour garantir l’élection d’Elharrar était de laisser à la coalition un seul candidat de droite : Kroizer.

C’est ainsi qu’a été lancée la course pour écarter tous les autres candidats – une tentative qui s’est heurté de plein fouet à Gotliv, à qui Netanyahu avait offert un siège à la Knesset, sa soldate qui semblait la plus loyale mais qui est resté assise, le visage impassible et fermé, alors qu’il en était réduit à fulminer et presque à mendier. Elle a rejeté les appels à la discipline de la coalition, aux besoins plus larges du parti, à la nécessité urgente de traiter avec l’Iran et l’Arabie Saoudite et à l’économie chancelante avant de revenir à la lutte pour la réforme du système judiciaire. Netanyahu a promis qu’il ferait passer certaines des réformes judiciaires le mois suivant si elle abandonnait la course. Toutes ces promesses en vain, rien n’a marché.

La députée du Likud Tally Gotliv s’exprimant lors d’une audience de la commission Constitution du Droit et de la Justice de la Knesset, le 20 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Alors, face à une défaite publique préjudiciable causée par ses propres soldats les plus fidèles, Netanyahu a sorti un lapin d’un chapeau.

Un article du règlement de la Knesset passé inaperçu (jusqu’à ce que le député Simcha Rothman le lui signale mercredi) stipule que si seuls deux candidats se présentent, le vote devient un simple « pour/contre ». Si un candidat obtient plus de voix « contre » que de voix « pour », le vote peut avoir lieu à nouveau dans un délai de 30 jours.

Soudain, la solution de Netanyahu s’est avérée simple : Kroizer se retirerait, laissant Gotliv et Elharrar seules en lice. Les deux candidates obtiendraient plus de non que de oui, et Netanyahu pourrait organiser un nouveau vote dans les 30 jours, après avoir fait de l’ordre dans sa rébellion interne.

Kroizer a joué le jeu, et le message a été envoyé aux partis de la coalition pour qu’ils fassent de même. Cela semblait fonctionner. Gotliv n’a obtenu que 15 voix. Comme sa candidature allait à l’encontre de l’accord de coalition Otzma Yehudit-Likud, les voix ne provenaient probablement ni d’Otzma ni de HaTzionout HaDatit. De manière générale, les partis haredi ont plutôt soutenu Netanyahu dans ses efforts pour rétablir le calme. Ce qui ne laisse que le Likud, et fait du vote de Gotliv un bon aperçu de l’ampleur de l’aile idéologique du Likud, du nombre de membres du parti qui voteront contre les souhaits de Netanyahu lorsqu’une question de principe de la droite est en jeu.

Mais il y a aussi un autre élément au Likud, un élément auquel Netanyahu ne s’attendait pas, un élément qui est fatigué et dégoûté par la conduite des partisans de la refonte, par les coûts considérables que la coalition et le parti ont payés pour la manière dont la refonte a été avancée et, peut-être, par le caractère de plus en plus belliqueux de la politique de la droite. Cette faction, qui comprend au moins quatre membres et pourrait bien être trois fois plus importante, a voté pour Elharrar, qui a obtenu un siège au sein de la commission par 58 voix contre 56.

Le nombre de voix contre elle était inférieur de huit à la taille de la coalition. Le nombre de voix pour est supérieur de deux à celui de l’opposition. Dans le cas, assez improbable, où certains membres de l’opposition voulaient la voir perdre afin de perturber les négociations tenues à la résidence du Président et de relancer les manifestations dans les rues, et il y a eu des rumeurs selon lesquelles la faction Israël Beytenu d’Avigdor Liberman, qui compte cinq sièges, avait prévu de voter contre elle, tout comme certains députés d’Avoda publiquement opposés aux négociations, le nombre de votes qui proviendraient de la droite ne fait qu’augmenter.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu vote pour les candidats au Comité de sélection des juges à la Knesset, le 14 juin 2023. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP)

Même au sein de la coalition, certains ont estimé jeudi matin que le nombre de votes de la coalition en faveur d’Elharrar avait atteint deux chiffres.

La rébellion loyaliste

De nombreux enseignements peuvent être tirés du chaos de mercredi, et tous sont essentiels pour comprendre le nouveau gouvernement et le paysage politique que Netanyahu a contribué à créer et qui l’entrave désormais à chaque tournant.

Au niveau le plus direct et le plus immédiat, chacun semble avoir obtenu ce qu’il voulait. Le camp idéologique du Likud a démontré son existence et sa capacité, longtemps mise en doute par les observateurs, à résister à Netanyahu.

Netanyahu a fait entrer Elharrar dans la commission, évitant ainsi un retour aux manifestations de masse et gagnant du temps.

L’opposition, menée par Yair Lapid et Benny Gantz, a prouvé qu’elle pouvait s’unir autour d’un candidat unique et même obtenir des voix venant des lignes adverses (au moins dans le cas d’un vote à bulletin secret).

Les modérés du Likud ont gagné la bataille sur le fait que les idéologues nuisent au parti et rendent impossible un gouvernement de base et que la droite risque de se retrouver avec moins, et non plus, si elle s’engage dans cette voie. Un raisonnement auquel Netanyahu lui-même semble désormais souscrire.

Le chef du parti HaMahane HaMamlahti , le député Benny Gantz, s’exprimant lors d’une réunion de faction à la Knesset, le 12 juin 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Mais cela va bien au-delà de ces considérations. L’événement était avant tout un test pour Netanyahu, la première véritable mise à l’épreuve du Premier ministre, censé contrôler sa coalition turbulente et radicalisée, après l’adoption du nouveau budget.

Jusqu’à mercredi, Netanyahu était convaincu qu’il contrôlait la situation. Des observateurs chevronnés comme Segal partageaient cette opinion. Comme toujours, il y aurait beaucoup de bruit et de fureur, mais en fin de compte, tout le monde rejoindrait la position de Netanyahu.

Or, le propre camp de Netanyahu, ses hommes de main loyalistes, les députés qu’il avait choisis spécifiquement parce qu’ils seraient ses plus fervents défenseurs, quelle que soit l’issue de son procès pour corruption, quelle que soit la chute du parti dans les sondages, quel que soit le nombre de tours de scrutin qu’il faudrait pour qu’il remporte enfin l’impasse de ces quatre dernières années, ce camp-là, les Gotlivs et les Bismuths, s’est soudain retourné contre lui. Leur pugnacité, cette caractéristique qui en avait fait des soldats si utiles dans une guerre de longue haleine contre les élites judiciaires et les procureurs, contre des adversaires aussi têtus que lui, venait de lui coûter très cher.

D’un seul coup, elle a ravivé la campagne de la droite contre lui et prouvé à ses partenaires de coalition qu’il reste vulnérable aux pressions.

Vers 19 heures, mercredi, le chef d’Otzma, Ben Gvir, a exigé un vote « immédiat » de la plénière sur la réforme de la Commission de sélection des juges, afin d’obliger les traîtres présumés du Likud à se dévoiler au grand jour par le biais d’un vote public.

Des manifestants anti-réforme du système judiciaire israélien rassemblés à proximité de l’habitation du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Césarée, le 12 juin 2023. (Crédit : Brothers in Arms)

Pendant ce temps, le groupe d’activistes de droite Im Tirtzu a annoncé une manifestation de la droite jeudi soir devant le domicile de Netanyahu à Césarée.

« Le temps est venu de dire la vérité au Premier ministre : 64 sièges exigent la fin de la capitulation », comme le disait une citation dans un communiqué de presse annonçant la manifestation.

Un article paru jeudi matin dans le journal haredi Bakehilla expliquait : « Les partis haredi durcissent leurs positions sur le projet de loi concernant l’enrôlement au service militaire et soulèvent de sérieuses questions sur la capacité de Netanyahu à imposer son autorité au sein de la coalition.  »

Qui tient les rênes ?

Même les députés d’arrière-ban les plus modestes du Likud semblent avoir compris que l’échec de Gotliv était tout sauf un échec. Pendant un bref moment, elle a été au centre de l’attention nationale et, même dans sa défaite, elle est devenue la championne des idéologues extrémistes du parti. En d’autres termes, le chemin le plus facile vers une interview télévisée à une heure de grande écoute consistait à résister à Netanyahu, à perturber le compromis, à faire valoir sa bonne foi idéologique.

« Cette histoire est terminée », a déclaré mercredi soir Hanoch Milvitzky – n° 26 sur la liste du Likud, un créneau réservé aux candidats de la région de Tel-Aviv, et non aux candidats populaires. « Nous sommes libérés. Le vrai visage de Gantz et Lapid a été révélé. Nous n’avons plus de limites, et maintenant tous les héros en coulisses vont être mis à l’épreuve publiquement et forcés de prouver au peuple d’Israël s’ils sont à droite ou non. Il est temps de décider par nous-mêmes quelles lois [de réforme judiciaire] doivent être avancées maintenant, et de nous mettre au travail ».

Personne ne sait qui est Milvitzky, c’est la raison pour laquelle il serait dangereux pour Netanyahu d’écarter de tels propos. Il n’y a plus de soldats loyaux, mais seulement différentes catégories d’idéologues récompensés dans cette nouvelle culture politique pour leur capacité à perturber.

Même la réponse de Netanyahu au résultat du vote, dans une vidéo où il accuse Lapid et Gantz d’essayer de « faire sauter » les négociations judiciaires depuis le début, était moins une réponse aux événements de la journée qu’une tentative de changer de sujet.

Le chef de l’opposition Yaïr Lapid prononçant un discours dans le plénum de la Knesset lors du débat sur le budget de l’État 2023-24, le 23 mai 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans sa tentative ratée d’écarter les candidats de la coalition et d’imposer une certaine discipline aux votes secrets des députés, Netanyahu a fait de nombreuses promesses, dont un engagement solennel à faire avancer certaines parties de la réforme judiciaire avant la fin de la session actuelle de la Knesset, qui se termine fin juillet, et notamment celle de limiter le « test de vraisemblance » de la Cour et de modifier le rôle des conseillers juridiques dans les ministères du gouvernement.

Nombre de ses députés n’ont pas joué le jeu, mais ses promesses sont rapidement devenues publiques et constituent désormais une exigence de base, même pour ses partisans modérés au sein du parti.

Le camp idéologique, dirigé par Levin, n’a pas dévié de son objectif principal : modifier radicalement la Commission de sélection des juges afin de donner aux politiciens élus, mais surtout à la coalition – et plus particulièrement cette coalition, avant la fin de son mandat – une influence beaucoup plus grande sur la sélection des juges de la Cour suprême et du reste des juges d’Israël.

Le contretemps ne leur a pas nui, la révélation des « traîtres » dans les rangs du Likud n’a fait que mobiliser les fidèles. Chacun des ennuis de Netanyahu au sein du parti a été aggravé par les résultats du vote de mercredi.

Qui donc dirige réellement le gouvernement de Netanyahu ? Si même lorsque les jeux étaient faits, même lorsqu’il n’y avait que ses plus fervents loyalistes entre la stabilité et le chaos politique et que l’opposition jouait le jeu, Netanyahu s’est avéré incapable d’imposer sa volonté à sa coalition.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, des députés et des ministres après que la Knesset a adopté le budget 2023-2024, à Jérusalem, le 23 mai 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Et si Netanyahu n’est pas aux commandes, du moins pas quand c’est important, ce gouvernement risque d’avoir du mal à se stabiliser.

Les souhaits de Netanyahu sont devenus assez clairs : il veut faire avancer la réforme judiciaire discrètement, avec suffisamment de compromis et de modération pour éviter de raviver les protestations. Il veut libérer le champ politique pour d’autres questions qu’il juge plus importantes pour le bien-être du pays, à la fois dans l’immédiat et à long terme. Obtiendra-t-il ce qu’il veut ?

Si, jusqu’à présent, cette question était centrée sur les extrémistes de l’extrême droite de sa coalition, elle se pose désormais avec acuité dans les rangs du Likud. Tikva Hadasha a construit cette nouvelle droite, a fait entrer ses champions à la Knesset dans l’espoir de produire des rangs de fidèles fantassins pour ses guerres incessantes avec ses rivaux politiques. Le Premier ministre, féru d’histoire, se souvient peut-être du sort réservé aux empereurs romains après la création d’une garde prétorienne spéciale destinée à les protéger : Les empereurs ont rapidement dû se soumettre au groupe soudé de soldats partageant les mêmes idées, par qui ils étaient désormais encerclés.

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