Netanyahu accuse Mandelblit de « capituler devant la gauche »
Rechercher

Netanyahu accuse Mandelblit de « capituler devant la gauche »

Dans une vidéo, Netanyahu, critiquant le refus du procureur de retarder une inculpation, a estimé que Mandelblit pourrait "ne pas avoir le temps de lire tous les contenus"

Le procureur général Avichai Mandelblit assiste à une réunion de la Commission de contrôle de l'État à la Knesset, le 3 décembre 2018. (Miriam Alster/Flash90)
Le procureur général Avichai Mandelblit assiste à une réunion de la Commission de contrôle de l'État à la Knesset, le 3 décembre 2018. (Miriam Alster/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’en est pris vendredi au procureur-général Avichai Mandelblit, après que ce dernier a rejeté son appel à reporter l’annonce d’une éventuelle inculpation pour corruption du Premier ministre à une date ultérieure au scrutin du mois d’avril.

Netanyahu a accusé le Procureur-général d’échouer à faire son travail correctement en travaillant trop rapidement sur son dossier, clamant qu’il a « capitulé devant les pressions exercées par la gauche et par les médias ».

L’attaque directe de Netanyahu contre le Procureur-général est survenue après une déclaration faite par Mandelblit, vendredi, dans laquelle le haut-responsable judiciaire a fait savoir qu’il rejetait la requête soumise par le Premier ministre de reporter l’annonce de sa décision sur une éventuelle inculpation pour corruption à son encontre à une date ultérieure au vote du 9 avril.

Le Premier ministre, qui dément toute malversation, a dans le passé fustigé la gauche, les médias et la police qu’il a accusés de mener une chasse aux sorcières et une vendetta politique en sa défaveur et d’exercer des pressions incessantes sur le Procureur-général en faveur d’une inculpation, ce qui l’obligerait à abandonner toute fonction.

Dans une vidéo publiée sur la page Facebook du Premier ministre, Netanyahu a estimé que la décision du Procureur-général avait été influencée par des personnalités désireuses de le faire inculper « à tout prix, et même s’il n’y a rien ».

Netanyahu a par ailleurs clamé que le travail effectué par Mandelblit et sa prise de décision sur ces dossiers – une décision qu’il a qualifiée de « l’une des plus cruciales dans l’histoire de l’Etat d’Israël qui sera susceptible d’entraîner l’ascension d’une gouvernance de gauche » – étaient réalisés à une « vitesse record ».

« Les hauts procureurs de l’Etat ont dit au [journal israélien] Globes que même si Mandelblit le voulait, il n’aurait pas le temps de lire tous les contenus en rapport avec les enquêtes », a affirmé Netanyahu, ajoutant que le Procureur-général n’avait lu que les résumés des dossiers.

« En tout état de cause, je suis sûr de mon innocence et je suis sûr que la vérité va éclater aux yeux de tous », a conclu le Premier ministre.

Les avocats de Netanyahu réfléchiraient à déposer un appel devant la Haute-cour de justice pour demander que Mandelblit soit forcé de reporter l’annonce d’une éventuelle inculpation de leur client jusqu’à après les élections, selon des reportages parus dans les médias en hébreu qui ont cité des sources proches de Netanyahu.

Toutefois, des responsables juridiques ont estimé que les chances d’intervention de la Haute cour dans le dossier étaient minces, le tribunal ayant, dans le passé, constamment pris soin de ne pas prendre parti dans les décisions du Procureur-général concernant des dossiers liés à des poursuites judiciaires et à des interrogatoires, a noté le site Ynet.

Les avocats de Netanyahu ont également apporté une réponse ferme à Mandelblit, recommandant vivement à ce dernier de terminer entièrement le travail dans ces dossiers de corruption présumés avant de rendre publique une éventuelle annonce et affirmant que 60 autres témoins pouvaient encore être interrogés. Ils ont répété que la décision ne devait en aucun cas être annoncée à la veille du scrutin et que les enquêtes n’étaient pas encore achevées.

« Dans cette situation, le travail du Procureur-général, dans le cadre d’un calendrier serré, est trop tributaire – voire dépendant – de l’avis du bureau du Procureur de district, ce qui est contraire à la ‘séparation des pouvoirs’ requise, et ce qui est pourtant nécessaire pour garantir l’indépendance absolue des pouvoirs discrétionnaires du procureur-général », affirme le courrier écrit par les avocats, selon le site d’information Walla.

« La combinaison d’importants volumes de matériel et les pressions sur le calendrier soulèvent des inquiétudes sur des erreurs à des niveaux variés – la collecte de preuves favorables à notre client qui peut ne pas avoir été faite, des preuves exonérant notre client qui auraient dû être collectées mais qui ne le sont pas encore », dit encore le courrier.

Les avocats ont affirmé que 43 députés ayant voté pour la législation concernant le journal Israel Hayom – qui est lié à l’un des dossiers de corruption – ainsi que d’autres responsables élus devaient être interrogés avant que Mandelblit ne se prononce.

Les avocats du Premier ministre Benjamin Netanyahu, (de gauche à droite) Tal Shapira, Navot Tel Zur, et Amit Hadad, après un entretien avec le procureur général Avichai Mandelblit, le 21 janvier 2019. (Crédit : capture d’écran Mivzak news)
En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...