Netanyahu aux ultra-orthodoxes : « La loi sur les conscrits ne sera pas modifiée »
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Netanyahu aux ultra-orthodoxes : « La loi sur les conscrits ne sera pas modifiée »

Shas et Yahadout HaTorah menacent de quitter le gouvernement après que le Premier ministre a déclaré aux dirigeants de la coalition que la législation controversée peut attendre

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Aryeh Deri (au centre), ministre de l'Intérieur du parti Shas, accompagné de Yaakov Litzman (à gauche), vice-ministre de la Santé du parti Yahadut HaTorah, et le député Moshe Gafni lors d'une réunion commune à la Knesset, à Jérusalem, le 19 juin 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)
Aryeh Deri (au centre), ministre de l'Intérieur du parti Shas, accompagné de Yaakov Litzman (à gauche), vice-ministre de la Santé du parti Yahadut HaTorah, et le député Moshe Gafni lors d'une réunion commune à la Knesset, à Jérusalem, le 19 juin 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les partis ultra-orthodoxes ont menacé de faire tomber le gouvernement après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu leur a dit qu’il ne soutiendrait pas pour l’instant une nouvelle version du projet de loi pour accorder aux membres de leurs communautés des exemptions militaires, a rapporté lundi la radio israélienne.

La menace aurait été proférée dimanche lors d’une réunion des dirigeants des partis de la coalition. Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri du Shas, le vice-ministre de la Santé Yaakov Litzman et le député Moshe Gafni de Yahadut HaTorah ont demandé au gouvernement de commencer à préparer une nouvelle version d’un projet de loi d’exemption qui a été rejetée par la Haute Cour l’année dernière.

M. Netanyahu leur aurait dit que ce n’était pas le moment de se pencher sur la question et que la coalition en tiendrait compte à l’avenir.

Deri, Lizman et Gafni ont répondu que sans un nouveau projet de loi, il n’y aurait plus de coalition, a rapporté la radio.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset, à Jérusalem, le 31 janvier 2018. (Hadas Parush/Flash90)

Des sources proches de la Knesset ont déclaré à la radio israélienne qu’un nouveau projet de loi d’exemption du service militaire ne serait pas proposé dans un avenir proche, car la décision de la Haute Cour qui a rejeté la version précédente a donné au gouvernement jusqu’en septembre pour proposer une alternative.

En outre, ils ont noté que le Likud, dirigé par Netanyahu, continue de payer les dégâts politiques causés par l’adoption récente d’une loi, à la demande des partis ultra-orthodoxes, qui empêche les municipalités locales d’autoriser l’ouverture des commerces de proximité le samedi, à moins qu’elles n’obtiennent l’approbation du ministre de l’Intérieur. Comme l’actuel ministre de l’Intérieur est Deri, la loi confère effectivement au parti ultra-orthodoxe Shas le contrôle sur les autorisations d’ouverture des magasins le samedi.

Les sources de la Knesset ont ajouté que jusqu’à ce que le budget 2019 soit approuvé par la Knesset au cours de la présente séance, un nouveau projet de loi ne sera pas à l’ordre du jour.

Dans le passé, les ministres ultra-orthodoxes et leurs partis ont fait pression sur le gouvernement pour que les lois fassent respecter les principes religieux. Pendant les querelles politiques au sujet de l’adoption de la loi dite des commerces de proximité, à laquelle s’opposait le parti Yisrael Beytenu, membre de la coalition laïque, Deri a menacé de démissionner s’il n’était pas voté par la Knesset. La loi a été adoptée, malgré que Yisrael Beytenu, membre de la coalition, a voté contre.

Litzman a démissionné en novembre 2017 de son poste de ministre de la Santé pour protester contre les travaux sur le réseau ferroviaire national effectués le samedi, le jour de repos juif, également appelé Shabbat. Il est revenu, mais seulement sous le titre de vice-ministre.

Des juifs ultra-orthodoxes lors d’affrontements avec la police lors d’une manifestation contre l’arrestation d’étudiants d’un séminaire religieux qui n’ont pas respecté un ordre de recrutement, à côté des bureaux de l’armée à Jérusalem, le 28 novembre 2017. (Flash90)

En septembre 2017, la Haute Cour de justice a annulé une loi exemptant du service militaire les hommes ultra-orthodoxes engagés dans des études religieuses, affirmant qu’elle portait atteinte au principe de l’égalité devant la loi. La décision permet qu’ils soient enrôlés de force, une proposition très controversée, aux implications politiques et sociales dramatiques. Toutefois, le tribunal a suspendu sa décision pendant un an afin de permettre la mise en place d’un nouvel accord, donnant au gouvernement la possibilité d’adopter une nouvelle loi.

La question de l’enrôlement ultra-orthodoxe a été controversée en Israël, avec des membres extrémistes de la communauté haredi qui ont organisé des manifestations hebdomadaires, voire quotidiennes, contre le projet.

Il s’agit d’un débat vieux de plusieurs décennies sur la question de savoir si les jeunes hommes ultra-orthodoxes qui étudient dans des yeshivot ou des séminaires doivent être appelés au service militaire obligatoire, comme le reste de la population juive d’Israël. Après avoir atteint l’âge de 18 ans, les hommes doivent servir pendant 32 mois et les femmes pendant 24 ans.

Le Times of Israel a contribué à cet article.

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