Netanyahu critique l’opposition qui ignore des « progrès fantastiques »
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Netanyahu critique l’opposition qui ignore des « progrès fantastiques »

Le Premier ministre a accusé ses rivaux politiques, "négatifs et amers", de laisser se propager des mensonges, affirmant que les médias se censurent

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ouvre la session d'hiver de la Knesset le 15 octobre 2018. (Hadas Parush/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ouvre la session d'hiver de la Knesset le 15 octobre 2018. (Hadas Parush/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a procédé lundi à un réexamen très enthousiaste de ses propres accomplissements et de ceux d’Israël au cours de la dernière décennie, affirmant que le pays a traversé une « révolution sans précédent en termes d’avancées ». Il a critiqué l’opposition, « négative et amère », qui ne reconnaît pas les progrès réalisés.

S’exprimant lors de l’ouverture de la session d’hiver à la Knesset, Netanyahu s’est livré à ce qui a semblé être un premier coup d’essai de discours de campagne en présentant aux députés une longue liste de réalisations, saluant également les liens étroits établis avec les Etats-Unis et la Russie et repoussant les accusations lancées par la gauche que lui et son gouvernement saperaient la démocratie.

« Nous avons augmenté le revenu moyen qui a atteint un niveau sans précédent, nous avons augmenté le salaire minimum qui a atteint un niveau sans précédent, nous avons augmenté les investissements publics qui ont atteint un niveau sans précédent », s’est-il enorgueilli à la tribune de la Knesset.

Ce discours a été tenu alors que la Knesset se réunissait pour la première fois après l’adoption, au mois de juillet, de la loi controversée sur l’Etat-nation, au cours d’une session qui avait duré 11 heures. Le texte, qui ancre le pays en tant qu’Etat juif, a suscité les réactions furieuses des minorités et d’autres, qui ont estimé notamment que la législation rendait Israël moins démocratique.

« Malgré toutes les réalisations, il y a une petite minorité qui, de manière éhontée, dit : ‘Vous avez volé notre Etat, vous nous avez arraché notre Etat’, » a-t-il accusé. « Alors je veux vous le dire, et je veux que vous m’écoutiez avec soin – notre État n’a pas été volé, notre État est formidable. Il faudra que vous vous y habituiez, parce que c’est bien le nouvel Israël ».

Disant que l’opposition a eu « tort » de manière répétée et constante dans ses critiques du gouvernement, Netanyahu a déclaré que les récentes affirmations sur l’affaiblissement des tribunaux et de la démocratie israéliennes sont « absurdes » et « vides de tout sens ».

Des Israéliens manifestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux abords de la Knesset, le parlement israélien, à Jérusalem, le 15 octobre 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Les tribunaux ne sont pas en danger », a dit Netanyahu. « Dans toutes les démocraties, il y a des conflits sur l’équilibre entre les autorités et au sein des autorités ».

« Ce qui vous pose problème, ce n’est pas la défaite de la démocratie mais la défaite de la ‘gauchocratie’, » a-t-il ajouté.

Ce terme a entraîné une réponse furieuse de la part des députés de l’opposition, qui l’ont accusé de « menteur »en criant dans la salle.

Le président de la Knesset Yuli Edelstein, invoquant un protocole lui permettant de faire sortir des législateurs durant l’ouverture de la Knesset dès le premier écart de conduite, a fait quitter la salle à au moins sept députés pour leurs interruptions du discours du chef du gouvernement.

Au lieu d’un gouvernement qui limiterait les libertés, a continué Netanyahu, « ceux qui limitent la liberté d’expression dans les médias, ce sont les médias eux-mêmes », s’est-il exclamé avec colère.

« C’est votre droit de critiquer, de proposer des changements ou des amendements : les critiques constructives sont cruciales dans la démocratie », a dit Netanyahu, qui a fustigé ceux qui affirment qu’Israël serait en train de devenir fasciste ou imposerait un régime d’apartheid, des accusations qu’il a a qualifiées « d’exagérées ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant le parlement israélien durant l’ouverture de la session d’hiver, le 15 octobre 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Netanyahu a aussi salué les liens avec la Russie, disant qu’il est « en contact direct et fréquent avec le président russe Vladimir Poutine » pour affronter les « défis complexes, très difficiles, dans notre région ».

Les liens avec Moscou se sont tendus, ces dernières semaines, suite à l’abattage d’un avion russe en Syrie, le mois dernier, et à la livraison récente par la Russie de son système de défense antiaérienne avancé S-300 au régime de Bashar El-Assad.

Mais Netanyahu a fait valoir que sa relation personnelle avec Poutine avait permis l’établissement d’une « confiance » sans précédent entre les deux pays.

« C’est très important pour la sécurité d’Israël », a-t-il noté.

Il a également vanté un « important approfondissement de nos relations avec les Etats-Unis d’Amérique » et il a remercié le président Donald Trump en le citant nommément à trois occasions.

Le président américain Donald Trump serre la main du Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’Assemblée générale des Nations unies, le 26 septembre 2018, au siège de l’ONU. (AP Photo / Evan Vucci)

Il a critiqué le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pour son incapacité à condamner le meurtre « brutal et cruel » de deux Israéliens dans la zone industrielle de Barkan, en Cisjordanie, dimanche dernier. Ce qui, a-t-il dit, prouve que les Palestiniens sont l’obstacle à la paix – et non Israël.

« La paix est le désir de notre âme… Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher des guerres qui ne sont pas nécessaires », a-t-il expliqué, avant d’ajouter que l’Etat juif n’hésitera pas à monter au front si la situation l’exige, une référence apparente aux tensions croissantes à Gaza.

Il a également indiqué qu’Israël agissait contre l’agression iranienne.

« Nous travaillons contre le régime de l’Iran au niveau militaire en Syrie, même ces derniers, jours, et le président Trump travaille contre lui au niveau économique dans le monde entier », a-t-il noté.

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