Netanyahu défend à nouveau la loi sur « l’Etat-nation du peuple juif »
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Netanyahu défend à nouveau la loi sur « l’Etat-nation du peuple juif »

Selon le Premier ministre, cette loi aiderait notamment à empêcher les Palestiniens et les migrants illégaux de demander la nationalité israélienne

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige la réunion hebdomadaire au bureau du Premier ministre à Jérusalem le 29 juillet 2018. (Crédit : Alex Kolomoisky / Pool Yedioth Ahronoth / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige la réunion hebdomadaire au bureau du Premier ministre à Jérusalem le 29 juillet 2018. (Crédit : Alex Kolomoisky / Pool Yedioth Ahronoth / Flash90)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a défendu une nouvelle fois dimanche une loi controversée définissant entre autres Israël comme « l’Etat-nation du peuple juif », au lendemain d’une manifestation massive de la communauté druze et de leurs sympathisants à Tel Aviv.

La nouvelle législation, intégrée aux lois fondamentales qui font quasiment office de Constitution en Israël, a été critiquée par diverses communautés et l’opposition depuis son adoption le 19 juillet.

Selon M. Netanyahu, cette loi aiderait notamment à empêcher les Palestiniens et les migrants illégaux de demander la nationalité israélienne.

« La loi Etat-nation empêche, par exemple, l’exploitation de la clause de regroupement familial, qui a permis à de nombreux, nombreux Palestiniens d’être absorbés par le pays », a-t-il dit à l’ouverture du conseil des ministres.

« Elle nous permettra aussi de bloquer l’entrée future des travailleurs immigrés ».

La loi donne un soutien constitutionnel à la loi du Retour, qui accorde automatiquement aux Juifs du monde entier des droits d’immigration et de naturalisation, ainsi que des lois empêchant les Palestiniens d’obtenir la citoyenneté israélienne en épousant des Israéliens.

« Toutes ces choses se produisent », a déclaré Netanyahu, « parce que seuls les droits individuels étaient ancrés dans les lois de l’Etat, sans aucun équilibre constitutionnel de notre élément national. Par conséquent, nous avons légiféré la loi sur l’État-nation, afin de garantir que l’État d’Israël reste non seulement démocratique, mais aussi l’État-nation du peuple juif et du peuple juif seul. Ceci est vital non seulement pour notre génération, mais aussi pour les générations futures. »

« Nos liens profonds avec la communauté druze et notre engagement envers elle sont également essentiels », a-t-il déclaré dimanche.

« Par conséquent, nous établirons aujourd’hui un comité ministériel spécial qui fera progresser cette relation et cet engagement, tout en reconnaissant les personnes qui servent dans l’armée israélienne et les services de sécurité de toutes les religions et de toutes les communautés. »

Le Parlement israélien a été convoqué le 8 août pour une séance extraordinaire sur cette loi, à la demande de 52 députés d’opposition (sur un total de 120), selon lesquels les débats seront centrés sur « les atteintes aux valeurs d’égalité et de démocratie ».

« L’Etat d’Israël est l’état national du peuple juif. Israël est un état juif et démocratique », a martelé Netanyahu, précisant que les « droits individuels » étaient déjà garantis par « de nombreuses lois ».

Texte de la Déclaration d’Indépendance de l’État d’Israël

« Personne n’a porté atteinte – et personne n’a l’intention de nuire – à ces droits individuels, mais sans la loi Etat-nation, il sera impossible d’assurer pour les générations (à venir) le futur d’Israël en tant qu’Etat national juif », a-t-il poursuivi.

La semaine dernière, M. Netanyahu était déjà monté au créneau pour défendre la loi, qui déclare que l’établissement de « localités juives relève de l’intérêt national » et confère aux juifs le droit « unique » à l’autodétermination en Israël.

Dimanche, M. Netanyahu a évoqué le « lien étroit » entre l’Etat hébreu et la communauté druze pour qui cette loi fait d’eux des citoyens de seconde classe. Il a annoncé la formation d’un comité ministériel spécial pour renforcer ces relations.

Samedi, quelque 50 000 personnes, selon les médias israéliens, ont participé à une manifestation dénonçant la nouvelle législation. La minorité druze (130 000 personnes vivant principalement dans le nord d’Israël) a demandé à la Cour suprême de statuer sur ce texte législatif.

Des dizaines de milliers de personnes participent à un rassemblement à Tel Aviv contre la loi sur l’Etat-nation organisé par les druzes, le 4 août 2018 (Crédit: Adam Rasgon/ Times of Israel staff)

Les druzes, qui parlent l’arabe et professent une foi issue d’un islam très hétérodoxe, effectuent leur service militaire obligatoire et servent dans l’armée israélienne.

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