Netanyahu en voyage historique (et cher ?) en Afrique
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Netanyahu en voyage historique (et cher ?) en Afrique

Le Premier ministre est lundi en visite dans 4 pays en 4 jours pour un montant de 12,5m shekels ; il commémorera le sauvetage d’Entebbe dans lequel son frère a été tué

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier Benjamin Netanyahu sort d'un Hercules C-130, utilisé pour le raid de l'opération de sauvetage d'otages à l'aéroport Entebbe en Ouganda en 1976, pendant une visite à la base aérienne Hatzerim, près de Beer Sheva, en 2009. (Crédit : Edi Israel/Flash90)
Le Premier Benjamin Netanyahu sort d'un Hercules C-130, utilisé pour le raid de l'opération de sauvetage d'otages à l'aéroport Entebbe en Ouganda en 1976, pendant une visite à la base aérienne Hatzerim, près de Beer Sheva, en 2009. (Crédit : Edi Israel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est parti tôt lundi pour un voyage historique de quatre jours en Afrique, marqué par des rencontres avec sept dirigeants africains, pour une tentative stratégique de renforcer les liens d’Israël avec le continent.

Le moment fort de son voyage, la première visite d’un Premier ministre en poste dans un pays d’Afrique subsaharienne depuis des décennies, est la cérémonie de lundi à l’ancien aéroport d’Entebbe en Ouganda, où il célèbrera la 40e anniversaire d’une des opérations de secours les plus légendaires d’Israël.

Le 4 juillet 1967, des commandos israéliens, parcourant presque 4 000 kilomètres jusqu’à Entebbe, ont réussi, de manière spectaculaire et en moins d’une heure, à sauver 102 des 106 Israéliens qui avaient été pris en otage par des terroristes palestiniens et allemands. La commémoration de lundi est particulièrement poignante pour le Premier ministre israélien, puisque son frère aîné Yonatan, qui était le commandant de l’unité d’élite Sayeret Matkal qui a mené l’opération, a été tué lors de la mission.

Le futur Premier ministre étudiait aux Etats-Unis au moment de l’opération.

Retour des otages après l'opération Entebbe, le 4 juillet 1976. (Crédit : archives de l'armée israélienne)
Retour des otages après l’opération Entebbe, le 4 juillet 1976. (Crédit : archives de l’armée israélienne)

« En Ouganda, je vais rencontrer sept chefs d’état en participant à un sommet spécial des nations d’Afrique de l’Est », a déclaré Netanyahu pendant la réunion du cabinet dimanche.

En effet, il rencontrera les présidents de l’Ouganda, du Kenya, du Soudan du Sud et de Zambie, le Premier ministre d’Ethiopie, Hailemariam Desalegn, et la ministre de Affaires étrangères de Tanzanie, Augustine Mahiga.

« Nous avons l’intention de retourner sur le continent africain, qui compte 54 pays. Nous avons l’intention de retourner en Afrique, tout comme l’Afrique retourne en Israël. Cela a des implications très importantes vis-à-vis des diverses alliances et des relations internationales, qui se développent avec les puissances majeures en Asie, en Russie, en Amérique Latine et, bien sûr, sur le continent africain. »

Yoni Netanyahu, peu avant sa mort à Entebbe en 1976 (Crédit : Wikipedia)
Yoni Netanyahu, peu avant sa mort à Entebbe en 1976 (Crédit : Wikipedia)

Plusieurs dizaines d’hommes d’affaires israéliens et d’anciens soldats de l’armée israélienne qui ont été impliqués dans l’opération Entebbe et leurs proches accompagneront l’entourage de Netanyahu dans quatre avions.

Selon le quotidien Yedioth Ahronoth, le premier avion transportera le personnel du Premier ministre ; le deuxième transportera environ 140 personnes qui doivent prendre part à la cérémonie à Entebbe, dont les membres de famille d’anciens soldats israéliens qui ont pris part à l’opération de secours et des représentants des otages ; et deux autres avions Hercule transporteront le véhicule de Netanyahu, du personnel de sécurité supplémentaire et un hôpital de campagne, qui doit être donné à la fin du voyage.

Yedioth a chiffré le coût total de la visite à la somme exorbitante de 28 millions de shekels (6,5 millions d’euros). Le Bureau du Premier ministre a d’abord refusé de répondre à l’information sur le prix du voyage, mais a ensuite publié une déclaration affirmant que le coût serait de 12,5 millions de shekels (2,9 millions d’euros). Cette somme comprend les voyages dans les quatre pays, la commémoration à Entebbe et toutes les mesures de sécurité demandées par le Shin Bet, a déclaré le Bureau du Premier ministre. La délégation d’hommes d’affaires est payée par l’Institut d’Exportation d’Israël.

A la fois la liste d’invités pour l’événement à Entebbe et le coût sans précédent du voyage ont suscité des critiques.

Le Mouvement pour la Qualité du Gouvernement en Israël, par exemple, a déclaré que le développement des relations israélo-africaines est important mais s’est interrogé de la pertinence d’un coût aussi élevé. Dans un communiqué de presse, l’organisation à but non lucratif demande au bureau du Premier ministre de fournir une liste détaillée de tous les coûts et d’expliquer au public pourquoi ils sont nécessaires.

A son arrivée à Entebbe lundi après-midi, Netanyahu sera accueilli par le président de l’Ouganda Yoweri Museveni, qui a été impliqué dans le renversement du dictateur du pays de l’époque d’Entebbe et est resté au pouvoir depuis 1986.

Après une cérémonie officielle, qui doit durer 45 minutes, Netanyahu et Musevini dineront ensemble au palais présidentiel à Kampala avant que le Premier ministre ne prenne la direction de Nairobi, où il passera la nuit.

Mardi matin, Netanyahu visitera le mausolée où le fondateur du Kenya, Jomo Kenyatta, est enterré, puis rencontrera son fils, Uhuru Kenyatta, l’actuel dirigeant du pays.

Le président du Kenya Uhuru Kenyatta (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une conférence de presse commune à Jérusalem, le 23 février 2016. (Crédit : AFP/Pool/Amir Cohen)
Le président du Kenya Uhuru Kenyatta (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une conférence de presse commune à Jérusalem, le 23 février 2016. (Crédit : AFP/Pool/Amir Cohen)

Jomo Kenyatta a été « l’architecte de l’amitié entre Israël et le Kenya », a déclaré Netanyahu en février lors de la première visite d’Uhuru à Jérusalem. « Il a démontré cette amitié de manière forte il y a 40 ans en aidant Israël pendant le raid à Entebbe pour secourir nos otages. C’est quelque chose qui a laissé une marque forte en Israël. Le peuple d’Israël est reconnaissant pour cela. Et je suis aussi personnellement reconnaissant. »

Après leur rencontre, les deux dirigeants tiendront une conférence de presse, avant de participer à une rencontre d’hommes d’affaires israéliens et kényans, avant de dîner ensemble.

Au Kenya, Netanyahu et sa femme Sara devraient participer à un safari, selon les informations des médias hébreux, même si le programme officiel ne le mentionne pas.

Mercredi, Netanyahu passera la journée à Kigali, où il visitera le mémorial pour le génocide du Rwanda de 1994, au cours duquel plus d’un million de Tutsi ont été tués, et il rencontrera le président Paul Kagame. Les deux dirigeants déjeuneront ensemble, signeront des accords de coopération bilatérale et tiendront une conférence de presse commune.

Netanyahu passera le dernier jour de son voyage à Addis Ababa, pour rencontrer le Premier ministre Hailemariam Desalegn, avec lequel il signera des accords et participera à une conférence de presse. Après avoir rencontré le président Mulatu Teshoma, le dirigeant israélien s’exprimera devant un public d’hommes d’affaires israéliens et éthiopiens, puis devant le Parlement du pays et visitera le musée national.

Vendredi, Netanyahu rentrera en Israël.

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